INTRODUCTION. XXIX
Il leur faut des notions exiactes sur Tunivers. L'éloquence, la poésie, Thisloire leur donneront-elles ces notions? Ou n'est-ce pas plutôt la physique, la chimie, la géographie? D'autre part, le temps presse. Il ne faut pas se dire que le collégien apprendra, une fois sorti du lycée, ce qu'il a besoin de savoir. Il doit emporter, du lycée même, un bagage de connaissances immédiatement utilisables. Ces connaissances seront plus complètes, plus étendues pour l'élève de l'enseignement scientifique ; plus succinctes et plus sommaires pour l'élève de l'enseignement moderne.
Tout à l'heure, dans la comparaison instituée, l'avantage appartenait aux lettres. Il semble bien qu'à présent, il appartienne aux sciences. Cependant, je prie qu'on y réfléchisse. On a passé, sans peutêtre s'en rendre suffisamment compte, d'une conception de l'enseignement secondaire à une autre, toute difi'érente. Que demande-t-on, dans ce système, à l'enseignement moderne? on lui demande de faire de bons employés, de bons comptables, de bons agriculteurs. Que demande-t-on à l'enseignement scientifique? On lui demande de faire de bons chefs d'industrie, de bons explorateurs, de bons colons, des fonctionnaires même, aussi bien armés que possible pour la lutte. On a tranché, en faveur de l'utile, la longue controverse entre la part de l'utile et celle du beau dans l'éducation de l'intelligence. Si on laisse subsister des études gréco-latines, c'est que