INTRODUCTION. XXXI
c'est que ron sache au juste ce que Ton est en train de faire. Constituer, entre renseignement moderne, réduit peut-être dans sa durée, et renseignement gréco-latin; un enseignement à peu près exclusivement scientifique et pratique, c'est démanteler la notion d'enseignement secondaire sur laquelle la société française a vécu jusqu'ici. S'il existe des raisons sérieuses et pressantes de s'y résoudre, qu'on les donne, qu'on les discute. Ce serait une faute, et et une faute grave, que de préparer cette solution, sans y avoir pris garde.
On peut dire que la préoccupation utilitaire domine toute l'enquête. Non pas que je fasse aux hommes qui y ont pris part, soit comme commissaires, soit comme témoins, le reproche immérité d'avoir, de propos délibéré, sacrifié le côté esthétique de la formation des intelligences. Mais ils sont de leur temps, de notre temps. Ils subissent les influences ambiantes. Ils veulent, en outre, aboutir, ne pas se perdre dans d'interminables controverses théoriques. Enfin, ils se préoccupent^ avant tout, de relever la force économique du pays et ils croient que des programmes et des règlements nouveaux feront des commerçants plus avisés, des industriels mieux au courant, des colonisateurs plus hardis. L'éducation traditionnelle doit-elle être rendue responsable de l'affaissement des énergies? Ce mal, qui frappe tous les yeux, n'a-t-il pas d'autres causes, des causés économiques, des causes morales? On préfère ne pas les examiner. Le vieil