VIII INTRODUCTION
de renseignement secondaire, dans ces dix années, tient en peu de lignes. Résumons-la.
La réforme de 1880 vient d'être accomplie. Elle a été subie, plutôt qu'acceptée, par une partie du personnel enseignant. Il est sage de laisser la mauvaise humeur se calmer, la défiance s'éteindre. Il est sage aussi d'attendre, pourvoir ce que donnera l'application de la réforme. Deux années s'écoulent, au bout desquelles il devient possible de parler des choses de l'enseignement secondaire, dans une atmosphère relativement apaisée, et en interprétant les données d'une expérience qui, bien que courte, est déjà probante.
Deux vices principaux corrompent la réforme de 1880. Les programmes sont beaucoup trop chargés, et le plan d'études a sacrifié, avec une réelle imprudence, presque tous les exercices vraiment difficiles, ceux qui, en obligeant l'élève à l'effort, fortifient ses facultés. J'ai plaidé la cause des exercices difficiles, et dénoncé la pléthore des programmes, non pas en adversaire, mais en ami prudent de la réforme de 1880, en ami soucieux de lui voir produire tous ses fruits. Dans quelle mesure cette petite campagne, où je n'étais pas seul à faire le coup de feu — on n'a oublié ni le livre de Frary, ni le livre de Maneuvrier, ni celui de Bigot* — a-t-elle contribué à sus-
i. R. Frary, la Question du Latin, 1885. Ch. Bigot, Questions /renseignement secondaire , 1886. Ed. Maneuvrier, V Éducation de la bourgeoisie sous la Répuàliquej 1888.