INTRODUCTION. XXXV
pédagogique. Mais, d'une part, rien ne garantit que le passage par le répétitorat développe l'aptitude pédagogique, et que les mieux cotés, au cours du stage, doivent être les répétiteurs. Si, d'autre part, on donne le pas à Taptitude pédagogique sur le savoir, on s'expose à écarter de l'enseignement public quelques-unes des plus brillantes recrues qui lui viennent aujourd'hui, celles qui en font la force et la parure. L'élève de l'École Normale, l'étudiant à l'Université, n'aura plus, pour toute perspective, après tant d'années de fortes études, et de labeur pénible, qu'un stage, avec une nomination éventuelle à une chaire. Use dira, non sans raison, qu'il est médiocrement sage de s'engager dans une voie aussi longue, et aussi incertaine.
Ce n'est pas tout. A soutenir cette idée, que u l'aptitude pédagogique » doit l'emporter sur le savoir acquis, et attesté par des diplômes, on tourne délibérément le dos à la tradition universitaire, pour abonder dans le sens des congrégations. Que l'on se reporte aux débats de la commission extra-parlementaire, où a été préparée la loi de 1850. On y verra l'abbé Dupanloup, et les autres défenseurs de l'enseignement ecclésiastique, développer cette thèse avec complaisance K II s'agissait alors, je ne l'oublie pas, de rendre la loi nouvelle aussi peu gênante que possible pour les congrégations. Mais la thèse prise en elle-
i. Cf. de Lacombe, les Débals de la Commission de 1849^ chap. 3, ptissim.