‹ Notes sur l'enseignement secondaireChapitre 32 sur 63 · INTRODUCTION. XXXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXVII

remarquable. Et alors, c'est le péril que je signalais tout à l'heure, c'est la désertion des plus distingués, c'est l'abaissement du niveau général.

Venons maintenant aux réformes heureuses. Ici, l'on n'a que l'embarras du choix. L'idée d'étendre l'initiative et d'accroître la responsabilité des proviseurs est une de celles-là. Elle m'a toujours paru très nécessaire, à la condition que les choix soient bons. Et les choix seraient d'autant meilleurs, que les avantages attachés au poste seraient suffisants pour y attirer des hommes de haute valeur. Il ne suffit pas tout à fait de dire : nos proviseurs seront plus indépendants. Il faut ajouter : ils auront un traitement qui leur permettra de faire figure, et de compter, dans la ville de province où ils exercent leur fonction. C'est encore le plus sûr moyen d'agir sur l'imagination des familles. Là où le proviseur est quelqu'un, par son mérite propre, et le don de séduction personnelle, là où il est quelque chose, par le train de vie qu'il peut mener, les familles ont pour le lycée plus de considération. Je parle, bien entendu, des familles qui ne vont pas au fond des choses, et qui obéissent, dans le choix d'une maison d'éducation, à des considérations extérieures et mondaines. Il me souvient d'avoir lu, dans les mémoires de Gounod, que son proviseur, qui était dans la confidence de sa passion pour la musique, l'invitait quelquefois à l'Opéra. Ce proviseur y avait une loge, à l'abonnement. D'une manière générale, il me semble que le proviseur

Page 1