INTRODUCTION. XXXIX
taire a perdu des élèves, depuis quinze ans, Tinternat ecclésiasljque, dont la supériorité est volontiers affirmée par ceux qui le dirigent, mais reste 5 prouver, en a plutôt gagné. Et les novateurs les plus hardis dix temps présent, non contents de fonder des internats, les placent à la campagne, à une grande distance des villes! Ils isolent Tenfant, plus complètement que ne fait le lycée parisien. Si les conditions hygiéniques sont meilleures (et il le faut bien, étant donné la différence des prix de pension) il n'est pas évident qu'il y ait lieu d'en dire autant des conditions morales. L'une de ces écoles fait un effort pour conserver, jusque dans l'internat, quelque chose de la vie de famille. Les élèves passent, de temps à autre, leurs soirées dans le salon de la femme du directeur. Mais l'autre école impose, dit-on, à ses maîtres le célibat. Elle ressuscite ainsi la congrégation laïque rêvée par Napoléon. Les membres de la congrégation seront une douzaine, au lieu d'être quelques centaines, voilà toute la différence. On nous eût beaucoup surpris, et un peu scandalisés, il y a quinze ans, en nous avertissant que notre campagne contre l'internat aboutirait à cette conséquence, et qu'au début du xx® siècle, le dernier cri de la mode serait d'expédier ses enfants au loin, et de les confiera des célibataires jurés. Quoi qu'il en soit, puisque les familles persistent à vouloir de l'internat, le devoir de l'Université est de leur offrir des internats aussi bien aménagés, aussi bien dirigés que possible.