INTRODUCTION. XLI
pour mieux dire (car je n'ai pas d'objection contre ces nouveautés, prises en elles-mêmes) que Ton s'appuyait, pour les justifier, à un principe très peu solide. Ainsi, les travaux de plein air et les travaux d'atelier devaient occuper, . dans la journée de l'écolier, une place importante. Rien de mieux, sauf que c'est autant dç pris sur l'étude. Mais allons au principe. Pourquoi les uns feront-ils de la menuiserie, et les autres, du jardinage? Pourquoi les uns récolteront-ils des pommes de terre, tandis que les autres construiront un rucher? Est-ce seulement pour faire jouer les muscles, pour procurer une fatigue salubre? Non : c'est aussi, c'est surtout pour « évoquer des aptitudes », et pour « faciliter la libre expansion des natures ». Oui, voilà le principe. On flatte les tendances naturelles. Or, elles ont beau être inoflfensives, chacune prise à part, elles ne s'en ramènent pas moins, toutes ensemble, à une tendance maîtresse et globale, qui, elle, n'est pas inoffensive : l'égoïsme.
Le jeune Anglais que l'on prend pour modèle est, à l'ordinaire, un type achevé d'égoïsme. Il a ses habitudes, ses goûts, ses manies. Il s'y livre, sans se gêner en rien pour personne. Dans la famille anglaise, dans la société anglaise, le mal n'est pas grand. Les égoïsmes se limitent les uns les autres, se tiennent en respect, ou en échec. Mais, quand on rencontre l'Aur glais hors de chez lui, on est exposé à souffrir de ce trait de caractère. Le peuple se comporte, à cet égard, comme les individus. L'Angleterre prend ses aises.