‹ Notes sur l'enseignement secondaireChapitre 37 sur 63 · XLII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLII INTRODUCTION

Elle se carre sur la planète. Malheur à qui ne lui cède pas le coin dont elle a envie, ou dont elle dit avoir besoin !

Or Tégoïsme, le sentiment excessif de la personnalité, ont toujours été jugés sévèrement dans notre pays. L'éducation française a toujours eu pour but de les combattre. Il y faut distinguer la lettre et Tesprit. La lettre, c'est la discipline un peu rude du collège, Teffort un peu trop tendu. L'esprit, c'est l'initiation graduelle à la maîtrise de soi, et au désintéressement. Il arrive que la règle contrarie ou comprime des élans qui seraient sans inconvénient sérieux. Mais elle insinue à l'enfant, dans les moindres circonstances, et à chaque heure du jour, cette notion, qu'il faut se dominer, et, en quelque sorte, s'oublier soi-même. De la simple politesse jusqu'au sacrifice, il y a toute une gamme de sentiments délicats et nobles, dont la culture exige des soins infinis. Certes, l'éducation ne réussit pas toujours, chez nous, et tous nos collégiens ne sont ni des modèles d'urbanité, ni des héros. Mais telle est bien la ligne traditionnelle de l'éducation nationale. L'esprit chevaleresque, dont la France du moyen âge a donné tant de beaux exemplaires, c'est le don de soi-même. L'honnête homme du xvji* siècle s'étudie à cacher son moi. L'homme vraiment o social » que nous devons tâcher de devenir, se fera tout à tous. Pour atteindre, ou pour se rendre capable d'atteindre un idéal aussi digne d'être poursuivi, il faut commencer de bonne heure à tenir en bride le caprice,

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