XLIV INTRODUCTION
médecin. C'est une question de savoir si Ton réussit également bien à faire ce que nous faisons des meilleurs d'entre nos élèves? Il faut toujours craindre de se laisser aller trop volontiers à lapprobation de soimême. C'est pourtant une justice que nous pouvons, et que nous devons, nous, Français, rendre à notre système d'éducation. Il serait plaisant, s'il n'était plutôt un peu triste (le spectacle de l'incohérence et de la contradiction est toujours pénible, surtout quand elles menacent un grand intérêt public), il est donc un peu triste de constater que quelques-uns de ceux qui reprochent à l'enseignement classique de « déraciner » ou de « dénationaliser » les jeunes Français, comptent parmi les fervents admirateurs d'une pédagogie anglo-saxonne, qui, si elle devait prévaloir en France, porterait une atteinte irréparable à notre génie.
Faut-il dire toute ma pensée? L'ambition de faire du collège une véritable école de vie, d'où ICnfant sortirait muni de toutes les aptitudes nécessaires au succès, ou à la défense énergique de son dû, me paraît une ambition décevante. On aurn ])oau dire; on aura beau* faire : le collège ne sera jamais qu'un milieu factice. Placez-le à la ville ou à la campagne; faites-y régner une discipline rigoureuse, ou une règle indulgente et souple; modifiez, comme il vous plaira, le plan d'études et les programmes : vous n'obtiendrez pas que l'enfant, placé dans ce milieu, reçoive les rudes impressions, les chocs brutaux,