I. D^TOtdu 8 janvier IR
Le décret du 8 janvier modifie du tout au tout, on peut le dire, la situation des maîtres répétiteurs. D'abord, il leur donne officiellement ce titre, abolissant ainsi, avec l'expression de « maître d'études », ce qui restait du « pion > d'autrefois. Ensuite, il détermine avec précision les conditions d'entrée dans la carrière, et les conditions d'avancement. Enfin, et surtout, il soustrait les maîtres répétiteurs à l'arbitraire provisoral, en les plaçant sous l'autorité directe du recteur et du ministre. De simples employés qu'ils étaient, le décret fait d'eux des fonctionnaires. Si on joint à cela qu'il ouvre l'accès du conseil des professeurs à deux délégués des maîtres répétiteurs, qu'il stipule un certain nombre d'heures de liberté par jour, dont plusieurs consécutives, l'affectation d'une salle de travail, avec meubles et livres, dans chaque établissement, une chambre à part pour dormir, et une salle à manger spéciale, on sera forcé de reconnaître que l'Université a été très loin, aussi loin qu'il était désirable, dans ses concessions. Le progrès réalisé est immense, et si les maîtres répétiteurs affectaient d'en contester l'étendue, ils feraient certainement du tort à leur cause. On ne leur a refusé que ce qu'il était impossible de leur accorder : des augmentations de traitement, incompatibles avec l'état du budget; des allégements de service, entraînant aussi un surcroît de dépenses; enfin, certaines libertés nocturnes, dont il est permis de penser que les maîtres répétiteurs se passeront en considération des grands et multiples avantages qui leur sont assurés.
Le décret consacre, en outre, le principe d'une augmentation de traitement comme récompense d'un grade universitaire acquis, et oblige les maîtres répétiteurs à suivre les conférences instituées ou à instituer dans les lycées et les collèges pour la préparation à la licence. Il faut souhaiter que l'administration tienne la main
È l'application de cet article. Elle doit faire comprendre aux répétiteurs que leur devoir, comme leur intérêt, n'est pas de piétiner sur place, mais d'avancer. Elle doit les aider à faire leur carrière dans l'Université, dans la médecine ou le droit. Qu'on n'allègue pas qu'il' est fdcheux de conseiller à des fonctionnaires de regarder leurs fonctions comme provisoires et transitoires; c'est là un sophisme pur. La vérité — je ne cesserai de le répéter — est que le meilleur maître répétiteur a toujours été, et sera toujoui's celui qui travaille le plus pour lui-mdme, qui, par la dignité de sa conduite comme par la conquête de nouveaux diplOmes, commande aux élèves le respect. Ce respect, ils l'accordent volontiers à la pauvreté laborieuse et au succès mérité. Ils le refusent d'ordinaire à la mollesse qui s'encrasse, et au débraiilement qui s'encanaille.
Le journal des maitres répétiteurs.
On connaît le journal où un certain nombre de maîtres répétiteurs ont prisdepuis quelques années la douce habitude de dilTamcr, à tort et à travers, les administrateurs qui leur déplaisent '. Ce journal annonce en gros caractères, dans l'un de ses dernière numéros, que, certain incident récent ayant été réglé à son entière satisfaction, il continuera de pénétrer dans les lycées et collèges au même titre que toutes les autres feuilles publiques. Il omet de mentionner une condition que M. Falljères, alors ministre de l'Instruction publique, lui a imposée par l'entremise de certains députés ; cette condition, c'est qu'à l'avenir le journal dont il s'agit