‹ Notes sur l'enseignement secondaireChapitre 54 sur 63 · Voir plus loin, p. 216 et suivantes · texte numérisé non relu

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rait trop approuver cette vue — l'enseignement professionnel a pour caractère essentiel de s'adapter aux convenances locales. Il doit être autre dans le Midi et autre dans le Nord, autre dans les régions agricoles, autre dans les grands ports, autre dans les villes de l'intérieur. L'État s'en mêlera le moins possible : c'est affaire aux départements et aux municipalités de développer cet enseignement là où il existe, et de le créer, là où il n'existe pas.

C'est là un langage excellent, qu'on n'est pas habitué à entendre tenir par les ministres. Il reste à souhaiter d'abord que les départements et les communes prennent au mot M. Bourgeois; ensuite, que l'administration supérieure, ne paralyse pas, par d'inutiles formalités et une paperasserie interminable, le bon vouloir des pouvoirs locaux; enfin, que le conseil supérieur prête une oreille favorable aux projets du ministre lorsqu'il en sera saisi, et que le Parlement lui-même fasse diligence, si, comme il y a lieu de le croire — mais la question est controversée — il faut une loi pour permettre à la réforme projetée d'aboutir.

On le voit, nous ne touchons pas encore le but, mais nous nous en sommes rapprochés hier. Et la sagesse des nations offre une foule d'aphorismes propres à donner confiance dans l'avenir, tels que celui-ci : qui va lentement va sûrement.

Il ne faudrait pourtant pas aller trop lentement.

Novembre 1890.

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