V Enseignement au point de vue national
plus fait pour abolir que pour accentuer les divergences de race? L'auteur donne la première de ces opinions comme hors de conteste. Il doit s'attendre, néanmoins, à la voir contester. Mais, sans poursuivre ce débat, allons au plus pressé, au plus pratique, et dégageons de ce livre deux points, Tun pour l'approuver complètement, l'autre pour le discuter. Le premier de ces points, c'est la nécessité de donner à l'éducation, en France, un caractère essentiellement philosophique. Le second, c'est l'idée que M. Fouillée se fait de l'enseignement français.
M. Fouillée a entièreoient raison lorsqu'il prend la défense des études philosophiques dans l'enseignement secondaire, lorsqu'il montre qu'elles sont les plus vivantes et les plus fécondes ; lorsqu'il tire de là cette conclusion, qu'au lieu de les désorganiser et de les réduire, il convient, si l'on veut faire vivre nos collèges, de chercher dans ces études la base de l'éducation publique. < 11 faut, dit-il, compenser l'évidente diminution des croyances religieuses dans notre pays par la culture croissante du sens esthétique, du sens moral et social. L'éducation, de moins en moins théologique en France, sera philosophique ou ne sera pas *. •
Ce sont les dernières lignes du livre. Elles frapperont, nous n'en doutons pas, tous les esprits réfléchis. Ni la philologie (et il faut entendre, par ce mot, l'ensemble des études qui portent sur la forme et l'expression de la pensée) ni les sciences positives n'ont une valeur éducatrice suffisante. Éléments de plus en plus nécessaires de la culture humaine, elles n'en sont pas, elles n'en peuvent pas devenir le principe essentiel, encore moins l'unique principe. Bien qu'il n'y fasse pas expressément allusion, on sent que M. Fouillée a pensé, en écrivant