INTRODUCTION. XI
éludes à leur faiblesse, parce que renseignement qui devrait recueillir une grande partie de la clientèle qu'elles conservent encore, n'existe pas. Les partisans les plus convaincus de renseignement moderne voient trop bien ce qui lui manque, pour souhaiter qU'il attire, tel qu'il est en ce moment, une partie encore plus considérable de la jeunesse.
La situation de renseignement spécial a préoccupé, dès 1883, administrateurs et hommes politiques. On s'est aperçu bien vite qu'il ne suffisait pas de « réformer » cet enseignement, s'il devait devenir l'enseignement du plus grand nombre, qu'il fallait le « transformer ». En quoi? En un enseignement qui, sans grec ni latin, fût aussi « classique » que l'autre. L'échec de 1885 était un accident, non une solution. Il eût fallu marcher d'un pas résolu, dans la voie frayée, et aller jusqu^au bout de cette voie. Peut-on sérieusement soutenir que le projet d'enseignement moderne, accepté en 1890 par le conseil supérieur, fût de nature à contenter les partisans de l'enseignement classique français? Je ne l'ai jamais pensé, pour ma part, et je ne le pense pas encore aujourd'hui. Les raisons que j'ai alléguées, dès le premier moment, à l'appui de mon sentiment, me paraissent n'avoir rien perdu de leur force. La réforme de 1891 nous a donné un mot nouveau. Elle a laissé subsister, sinon une vieille chose (on ne reconnaît plus, il faut l'avouer, dans renseignement moderne, l'ancien enseignement spécial de Duruy) du moins une chose qui ne répond