INTRODUCTION. XIII
Sans aller jusqu'à soutenir que chaque région pourrait avoir son type de lycée, son plan d'études, ses programmes,, ce qui serait antipathique à notre tempérament national, et ne laisserait pas d'offrir quelques inconvénients, je crois qu'il y a place au moins pour trois formes d'enseignement secondaire : le gréco-latin, le classique français, le spécial. Je crois aussi que chacun de ces trois enseignements devrait être, autant que possible (ici, l'on se heurte à des difficultés d'ordre matériel, qui motivent cette restriction) logé dans sa maison à lui. On touche du doigt les deux causes principales du désordre dont souffrent les études secondaires. Le classique et le moderne cohabitent trop souvent, au grand détriment de l'un et de l'autre. Mais, surtout, ni l'un ni l'autre n'est franchement ce qu'il devrait être, n'est pleinement lui-même.
Le classique n'est plus tout à fait le classique, depuis qu'on l'a énervé par des amputations qui ne comportaient qu'une excuse : la nécessité d'avoir égard aux convenances des élèves les plus médiocres, les plus faibles, ou de ceux qui, sans être faibles ni médiocres, manquent totalement d'aptitudes. Le moderne n'est ni un enseignement classique français — j'ai essayé de le prouver ■ — ni un enseignement spécial. Il confine aux deux. Au classique, qu'il se flatte d'égaler, il emprunte, avec quelques-uns de ses traits caractéristiques, le dédain des matières pratiques et prosaïques, telles que la comptabilité ou