‹ Notes sur l'Histoire de l'ObésitéChapitre 10 sur 40 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

De cette étude, il ressort qu'Hippocrate, le premier à notre connaissance, a établi des documents cliniques sur l’obésité :

1° Les obèses sont exposés à mourir subitement;

2° L’embonpoint est, chez certaines femmes, un obstacle à la fécondité;

3° Il faut redouter l’obésité chez ceux qui, soumis à de durs travaux, les abandonnent pour une vie moins active.

Ces trois propositions sont généralement admises.

4° Par l’exemple des Scythes, Hippocrate a voulu établir les rapports de l’obésité avec le climat et le genre de vie.

Ces rapports sont actuellement mal précisés.

5° Au point de vue thérapeutique, il a préconisé le régime, l’exercice, le massage.

La thérapeutique diététique et physiothérapique de l’obésité ou des obésités, est encore très discutée.

6° Il a essayé de donner une explication pathogénique de l’infécondité de certaines femmes grasses.

L’explication hippocratique n’est plus aujourd’hui admise.

En Grèce, à la suite d’Hippocrate, Galien a, le premier, fait l’importante remarque que les obèses sont susceptibles de mourir jeunes.

Re

Il a peut-être entrevu le premier le rôle de certains aliments dans la genèse de la polysarcie.

Aristote a remarqué :

a) Chez les animaux gras :

Des modifications sanguines; Des modifications de la sensibilité; Des modifications de structure musculaire.

b) Chez l’homme obèse :

Il semble avoir étudié certains effets du massage.

Il a remarqué, également, que les obèses meurent jeunes.

L'étude des auteurs grecs nous montre le mépris qui entourait l’obèse et les efforts du législateur pour préserver les citoyens de l’adiposité.

A Rome, Celse, disciple d’Hippocrate, cherche à établir différentes étiologies de l’obésité et un mode logique de traitement.

Il corrobore certaines remarques d’Hippocrate et de Galien.

Cælius Aurélianus crée le terme, du reste impropre de polysarcie, et rapproche de l’obésité des cachexies.

Pline et Varon, font des remarques sur la diminution de la sensibilité des animaux à la suite de

l'obésité.

Différents auteurs nous rapportent :

a) Le mépris des Romains pour l'obésité;

b) Certaines pratiques de coquetterie des dames romaines pour lutter contre l’obésité:

©) Et déjà l'emploi du vinaigre pour obtenir l’amaigrissement.

Suétone nous montre la manière de s’alimenter de l’obèse Vitellius.

Horace, autre obèse, s’étend sur des considérations culinaires qui lui sont chères.

Plutarque, dans la vie de Marius, nous montre le comportement psychique de Marius, sur l'influence de lobésité, sa mort au cours d’une maladie aiguë.

En dernier lieu, on voit la conception égyptienne de l’obésité différente de la conception romaine et grecque.

Dans l’ensemble, si on compare nos connaissances actuelles sur l’obésité à celle des médecins et naturalistes grecs et romains, il apparaît que l’information de ces derniers sur la question, était assez éten« due et qu'ils avaient déjà entrevu plusieurs aspects du problème.

Obésité aux XVI‘, XVII et XVIII siècles

A côté des éléments incontestables qu’apporte l’antiquité à l’étude de l'obésité, il ne semble pas que le moyen âge ait apporté beaucoup d'idées nouvelles. Au moyen âge, à propos de l'obésité, les arguties semblent dominer les constatations rationnelles, et l’on discutait volontiers pour savoir si l’obésité était, oui ou non, une maladie. Au cours des xvr, xviI° et xvin” siècles, nous avons trouvé à prendre quelques notes :

Ambroise Paré, dans son Traité de l’ Anatomie, chapitre VI, écrit à propos de la graisse : « Et de ce tu peux entendre que la cause efficiente d’icelle est la froideur, c’est-à-dire chaleur plus tiède, remise et moins efficace et, conséquemment, qu’autant que l'animal sanguin est plus froid, d’autant a-t-il plus de gresse : comme nous voyons par expérience, non seulement entre animaux de diverses espèces, mais aussi de même espèce, non seulement entre masle et femelle, mais entre deux masles ou deux femelles, quand l’un est plus troid que l’autre. D’où procède que la quantité d’icelle gresse est plus grande ou plus petite, à raison du tempérament de tout le corps et de ses parties. »

Et, plus loin, Ambroise Paré ajoute : « La gresse se consomme par une longue abstinence, par faute de manger : se desseiche et endurcit par les exercices véhéments et chaleur immodérée. »

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Dans le xvir siècle de la génération, Ambroise Paré, recherchant les causes de la stérilité chez l’homme et chez la femme, écrit : « D’avantage quand l’homme est trop gras et fessu, ou la femme, ou tous les deux ensemble, cela est cause de stérilité : parce que les parties génitales ne peuvent joindre et convenir ensemble, pour la trop grande multitude de la gresse qui enfle le ventre, quelquefois de demyÿ pied ou plus, et aussi que le sang est employé en gresse, et partant ils engendrent moins de sémence et de sang menstruel. »

Guy Patin (1601-1672), — On ne trouvé rien, dans les écrits de l'obésité, ayant trait à lPobésité. Il est permis de penser que, s’il jugeait bon de la traiter, il devait utiliser la saignée dont il usait et abüsaïit.

Sydenham (1624-1689). —— A écrit son traité célèbre, bien que de petite taille, sur la goutte et lhydropisie, en 1683.

Bien que l'obésité puisse être associée à la goutte, il ne semble pas que Sydenham s'arrête à cette association.

Les diverses leçons de Loys Guyon, sieur de la Nauche, conseiller du roi (Lyon, 1604), p. 131, présentent un chapitre amusant à parcourir.

Des goths qui élisaient leurs rois grands, corpulents et gras; au contraire, des Sarrasins qui les voulaient maigres et de petite stature.

Bien qu’il prétende qu’il ÿ ait raison à ces élections d’un côté et de l’autre, l’auteur ne se montre pas tendre pour les gens corpulents; certes, les rois grands et gras ont de la bienséance, mais « Hippocrate mét en fin, après la bienséance une grande incommodité, disant que la grande corpulence est insuppottäble et mal advenante à la vieillesse, parce qu’un grand

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homme étant vieil devient courbe, et a beaucoup d’affaires à porter son grand corps, et même on voit communèment qu’ils ont les jambes enflées; outre, ils sont la plupart couards, sans magnanimité ni forces corporelles, car leur esprit, ni chaleur naturelle, ni les forces animales ne sont si bien unies et assemblées qu’en ce qui sont de petite corpulence, que s’il faut qu'ils s’exposent en danger, par mer ou par terre, ou qu'il leur advienne quelque infortune ou adversité, ils tremblent aussitôt et gémissent de peur. Ce qui leur advient, parce qu’ils ont une chaleur naturelle languide et les esprits petits et le sang moins bouillant.. Et ce qui est encore pis, quelle grace pouvait trouver ces goths en un corps si grand et si gras? Car outre ce qu’ils sont inhabiles à toutes actions. royales, soit de corps ou d’entendement, ils sont communément de plus courte vie que les maigres. La raison est, parce qu'ils n’ont pas tant d’esprits vitaux, ni de sang dans les veines ou les artères que les maigres, car la graisse les oppresse et par cela ils sont beaucoup plus suffoqués sous un grand travail ou maladie aiguë; qui fait aussi, que la moindre indisposition ou maladie qui leur survient, ils sont toujours lâches soupirants et gémissants, abattus sans cœur, de telle manière qu’ils perdent courage et leur défaut l'esprit ».

Loys Guyon, au contraire, est rempli d’admiration pour les gens de petite taille. « Les petites gens ont une merveilleuse vigueur naturelle et les facultés de nature fort unies et se voyant en eux de plus excellentes graces corporelles et spirituelles, et une grande promptitude et subtilité d’esprit, si bien que non seulement ils excellent ou égalent les autres en disposition d’iceluy, mais aussi en force et en vélocité, et en puissance de bien manger et boire. Et de fait, j'ai vu aux armées bien souvent des Français de petite

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