‹ Notes sur l'Histoire de l'ObésitéChapitre 12 sur 40 · I. — HYDRATES DE CARBONE · texte numérisé non relu

I. — HYDRATES DE CARBONE

Ce sont peut-être eux qui ont donné naissance au plus grand nombre de discussions.

Frédéric Cuvier (1773-1838), frère du célèbre naturaliste Georges Cuvier, avait remarqué que les animaux à demi carnivores, engraissent par l’alimentation végétale.

Flourens a répété ces expériences en nourrissant, exclusivement de pain, les ours du Jardin des Plantes qui prirent alors un grand embonpoint. (Compte rendu à l’Académie des Sciences, 18453.)

Huber déjà, en 1796, dans ses « Nouvelles observations sur les abeilles », avait remarqué que les abeilles nourries avec du miel et même exclusive-

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ment avec du sucre, possèdent la propriété de fournir de la cire pendant longtemps.

Cependant, Boussingault, Dumas et Payen, communiquaient, en 1843, à l’Académie des Sciences de Paris, un mémoire intitulé : « Recherches sur l’engraissement des bestiaux et la formation du lait. » [1 était dit : « Tous les animaux, toutes les plantes contiennent de la matière grasse; en la voyant s’accumuler dans certains de leurs tissus, en la voyant se modifier et disparaître parfois, la première pensée de tous les observateurs a dû pencher vers cette opinion généralement admise, que les matières grasses se produisent au moyen des aliments de la plante ou de Panimal et par des procédés analogues, sans doute dans les deux règnes.

« Les recherches dont nous allons exposer le précis tendent au contraire à établir que les matières grasses ne se forment que dans les plantes, qu'elles passent toutes formées dans les animaux et que là, elles peuvent se brûler immédiatement pour développer la chaleur dont l’animal a besoïn, ou se fixer, plus ou moins modifiées, dans les tissus pour servir de réserve à la respiration. »

En même temps, Dumas, Boussingault et Payen, attaquaient les expériences d'Huber en lui reprochant de ne pas faire connaître combien, sous l'influence de ce régime, les abeilles avaient perdu de leur poids, car ces insectes seraient susceptibles de former leur cire aux dépens de leur propre substance.

Boussingault, cependant, poursuivit ses études et, en 1845, à la suite d'expériences sur les pores, il admit la transformation des hydrates de carbone en graisse.

À la même époque, Persoz, en expérimentant sur

les oies écrivait : « Les oies sont capables de former de la graisse sans l’intervention de matières grasses. » Mais, ce n’est qu’en 1881, que Soxhlet, chimiste allemand, professeur à l'Ecole Supérieure de Technologie et à la Station Agronomique de Munich, donna la preuve vraiment scientifique de la transformation des hydrates de carbone en graisse. On donne à un animal (un porc, par exemple), une nourriture riche en hydrates de carbone et pauvre en graisses et en albuminoïdes (du riz, par exemple), dont on fixe, d’ailleurs, par l'analyse les proportions; on dose dans les excréta (urines et fèces), l’azote et les graisses; par différence entre les graisses ingérées.et celles qui sont éliminées, on connaît la quantité absorbée, et par le dosage de l’azote excrété, on sait la quantité de matières protéiques décomposées; au bout d’un temps donné, on sacrifie l’animal et on détermine la quantité de graisse qu’il contient; on constate que cette quantité est beaucoup trop forte pour qu’elle puisse avoir été fournie par les graisses alimentaires et par la décomposition des albuminoïdes, On a trouvé que 70 à 80 % de la graisse formée dans ces conditions provient des hydrates de carbone.

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