‹ Notes sur l'Histoire de l'ObésitéChapitre 14 sur 40 · III. — ArBUMINOÏDES · texte numérisé non relu

III. — ArBUMINOÏDES

On a soutenu (Pettenkoffer et Voit), la production des graisses à partir des matières protéiques, car il semblait exister des phénomènes d’autolyse au cours de certaines intoxications. (Dégénérescence graisseuse du foie sous l’influence de toxiques, par exemple, phosphore). En réalité, ce n’est qu’un transport des matières de réserve vers le foie.

Aux xvir et xvirr siècles, tant en France qu’à l'étranger, et surtout en Allemagne, la polysarcie était le sujet de nombreuses dissertions.

— Valait-il mieux être gras que maigre?

— Devait-on saigner les obèses?

— À quelles maladies sont-ils exposés?

— Sont-ils capables d’avoir une nombreuse postérité ?

Mais il faut arriver au commencement du xiIx° siècle pour voir apparaître des traités dogmatiques sur la question.

Maccary à Gênes, en 1811;

Dardonville à Paris, 1811;

Percy et Laurent, 1819;

Traité de la Panouze, 1857;

De Raïige Delorme, 1842.

Dès lors, les matériaux abondent; parmi eux nous citerons les recherches de Duchesne-Duparcq, :de Dancel, de Lehuen, Dubourg, Foissac, Smith, Caillaud, Vogel (Julius), Banting, et celles plus récentes de Worthington, Bouchard, etc...

Il faut bien dire que toutes ces thèses ne présentent pas un intérêt égal.

Beaucoup se bornent à disserter longuement sur

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des conceptions très anciennes déjà émises par Hippocrate et Galien; d’autres se complaisent surtout à décrire des cas d’obésité extraordinaires, anormaux, qui sont loin d’être la généralité et qu'aujourd'hui, à la lumière des faits acquis, on rangerait dans les troubles des glandes à secrétion interne; d’autres encore insistent sur des remèdes sans aucune base scientifique.

Aussi, nous voyons-nous dans l'obligation de faire un choix parmi les auteurs.

Relatons tout d’abord une observation de Portal (1732-1842), médecin français, né à Gaillac. Der: son ouvrage sur le traitement de la phtisie, il écrit‘: « Une jeune demoiselle, fort riche, jouissait, il y a peu d’années, d’une parfaite santé. Elle était fort grosse et cet embonpoint lui devint suspect. Elle craignit de devenir comme sa mère qui était d’une taille extrêmement épaisse. Une femme, qu’elle consulta à cet effet, lui conseilla de boire tous les jours un petit verre de vinaigre. La jeune demoiselle se conforma à cet avis, et en continua l’usage pendant plus d’un mois. Cependant, elle eut une petite toux d’abord sèche. On la néglige, elle devient humide. La fièvre lente survient; la jeune malade éprouve des difficultés à respirer, la maigreur augmente; les sueurs nocturnes, l’enflure des pieds et des jambes succèdent, et le cours du ventre termine cette maladie.

« Le quinquina, le petit lait d’ânesse, les bouillons d’écrevisses, auxquels on ajoutait des plantes béchiques, furent prescrits sans aucun succès.

« À l’ouverture du cadavre, on trouva les poumons pleins de tubercules. »

Nous étudierons surtout ceux qui essayent d’établir un système logique en rapport avec les données établies ou en train de s’établir du métabolisme des

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graisses et des hydrates de carbone et ce sera surtout Dancel et Worthington. Plus à part, nous emprunterons à la thèse de Dubourg, mais pour cela, il faut attendre la seconde moitié du xIx° siècle.

Nous étudierons avec soin les auteurs classiques qui ont traité de l’obésité, Dieulafoy, Jaccoud et nous nous arrêterons longuement aux travaux de Bou-

chard.

Deux thèses, où apparaissent des conceptions nouvelles marqueront la transition entre le xix° et le xx° siècle, les thèses de Javal et de Leven.

Nous verrons également se former la notion de glande à sécrétion interne et, chose intéressante à noter, nous montrerons certaines observations d’obésité très probablement en rapport avec une atteinte glandulaire et précédant de beaucoup la découverte des notions physiologiques permettant de traduire les

lésions de ces appareils.

Dancel écrit, en 1863, son traité théorique et pratique de l’obésité.

Dans la partie théorique il expose les idées en cours sur le métabolisme des graisses et des hydrates de carbone, il s'appuie pour cela sur les travaux de Boussingault, mais ce qui est très intéressant dans son exposé théorique, c’est un effort vers l'anatomie et la pathologie comparée pour mieux comprendre et traiter l’obésité humaine. Il remarque que les animaux qui se nourrissent de végétaux sont facilement surchargés de graisse. « L’on peut citer, en première ligne, l’hippopotame si disgracieux dans ses formes par sa graisse; il ne se nourrit que de végétaux et spécialement de jones, de riz, de millet, de canne à sucre, etc... | \

Le lamantin qui semble faire, au dire de Buffon, la nuance entre les quadrupèdes amphibies et les cé-

ls.

tacées, est une vraie masse de graisse et il vit exclusivement d'herbes marines.

Dans la famille des baleines, ces monstres de grosseur, celle du Groenland ( Balœæna mysticetus, Linné) est la plus chargée de graisse, et elle se nourrit de zoophytes, dont beaucoup présentent autant les caractères de la plante que ceux de l’animal.

La baleine appelée jubarte, qui ne se nourrit plus de corps essentiellement mucilagineux, mais de petits poissons, a une couche de lard beaucoup plus mince

que la précédente, etc. »

L'auteur applique ces constatations dans le traitement de l’obésité. Il ne permet que peu de légumes et fait manger beaucoup de viande maigre aux personnes qui veulent perdre leur trop grand embonpoint.

Il dit avoir souvent des succès mais aussi des insuccès dont il cherche la cause.

Comme il a été médecin militaire et comme il est propriétaire d’une ferme en Normandie, il a remarqué, d’une part, que les chevaux qui boivent abondamment sont les plus gros, d'autre part, les vaches de sa ferme de Normandie qui broutent l’herbe des prés situés dans les bas-fonds, c’est-à-dire l’herbe la plus humide, engraissent plus rapidement que les bêtes soumises à des pâturages plus secs.

Il en conclut que l’eau joue un rôle dans l’engraissement et il en prive autant que possible les obèses qui se confient à ses soins.

Le sommeil est également pour lui une grande cause d’obésité et il cite à cette occasion, les animaux qui, comme la tortue, la marmotte, augmentent de. poids pendant l'hiver.

Par ailleurs, il est contre la saignée.

Le tabac pour lui, n’a aucun rôle sur lobésité;

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