‹ Notes sur l'Histoire de l'ObésitéChapitre 16 sur 40 · AT · texte numérisé non relu

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__ Diète des boissons aqueuses.

__ Le café noir très léger est permis.

On ne sait rien ou presque rien sur ce médecin Harvey, en dehors de ce régime prescrit à Banting et répandu par Banting; mais comme Dancel, à la même époque en France, il semble bien évident qu'il était au courant du mouvement scientifique et appliquait à la médecine les récentes découvertes de la chimie biologique.

De plus, Worthington consacre quelques pages au rôle psychique dans l’étiologie de lobésité.

Il insiste sur l’influence des émotions.

Il rapporte, d’après Wad, l’histoire d’un officier sorti vivant du trou noir où les cipayes révoltés à Calcutta, l’avaient jeté pour qu’il y mourut de faim. Cet officier, devenu obèse, attribuait son engraissement au <« terrible accident » dont il avait failli être victime,

Aujourd’hui, en présence d’un cas d’obésité, il est de règle de rechercher une ou plusieurs déficiences endocriniennes; bien souvent, cette méthode s’avère négative; dans quelques cas, cependant, on peut incriminer une étiologie glandulaire, l’obésité s’accompagnant de la symptomatologie significative d’une atteinte glandulaire reconnue. Ces cas, relativement rares, sont des plus intéressants, car ils permettent de tenter une thérapeutique en quelque sorte spécifique et parfois féconde; de plus, ils permettent une systématique, ce qui plaît toujours à l’esprit et est uné source de recherches non encore épuisée; c’est pourquoi la date de naissance de l’endocrinologie est pour nous une date d’une grande importance.

On peut dire que l’endocrinologie prend naissance en 1855. C’est en 1855 qu’Addison attribue à la caséification des capsules surrénales, le syndrome asthénique avec coloration bronzée de la peau qui, depuis,

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porte son nom, mais il n’utilise pas l’expression de sécrétion interne. C’est également en 1855 que Claude Bernard, instruit par ses constatations sur le métabolisme du glucose, écrit : « L'histoire du foie établit d’une manière très nette qu’il y a des sécrétions internes, c’est-à-dire dont le produit, au lieu d’être déversé à l'extérieur, est transmis directement au sang. »

Mais, c’est à Brown Séquard que revient le mérite d’avoir, à plusieurs reprises, dans différentes communications, insisté sur la sécrétion de glandes à sécrétion interne.

En 1856, dans un mémoire intitulé : Recherches expérimentales sur la Physiologie et la Pathologie des capsules surrénales, Brown Séquard écrit : « La question relative aux fonctions des capsules surrénales revient donc à celle-ci : quelles sont les substances qui, portées à ces glandes par le sang, y sont modifiées et quels sont les produits de ces modifications que le sang emporte en sortant de ces capsules? »

Gley, dans un article intitulé : « La vie et l’œuvre de Brown Séquard », insiste sur la valeur de ce mémoire : « Il a été donné à Brown Séquard de concevoir encore dans la dernière partie de sa vie une grande et féconde idée physiologique. Le premier germe de cette conception qui fut tout de suite accueillie avec faveur des glandes à sécrétion interne, doit être recherché dans son remarquable travail de 1856, sur les fonctions des glandes surrénales; ayant observé que l’extirpation de ces organes est toujours suivie de mort, il se posa nettement la question : quelles sont les substances qui, portées à ces glandes par le sang, y sont modifiées et quels sont les produits de ces modifications que le sang emporte sortant des capsules? »

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Par la suite, Brown Séquard continue ses communications. Dans son cours de physiologie à la Faculté de Médecine, en 1869, il plaça, dans le nouveau groupe des glandes à sécrétion interne la thyroïde et l'hypophyse, dont l'étude a depuis été poursuivie avec activité.

Enfin, en 89, Brown Séquard faisait une communication sur les testicules à la Société de Biologie; il devait poursuivre ses recherches et espérait pouvoir, grâce au suc testiculaire, obtenir la jeunesse et prolonger la vie.

Babiresky et Froelich, dont il est classique d’unir les noms lorsqu'on parle de syndrome adiposo-génital, eurent un lointain précurseur en la personne de Mohr, en 1841, dont nous transcrivons l’observation :

Observation de Mohr. Schmidts Jahrb XXX, 1841.

Une femme âgée de 57 ans entra à l’hôpital Julius le 22 octobre 1837. Depuis six ans, elle se plaignait de vertiges et de céphalie fréquents.

Il y a trois ans, elle eut une dépression mentale à la suite de laquelle elle garda une faiblesse de la mémoire et une apathie qui alla en s’accroissant, de telle sorte que la malade fut obligée d'abandonner la direction de son ménage. Elle a engraissé depuis deux ans d’une façon extraordinaire. La malade est dans un état d’euphorie qui se traduit par une expression de bonheur dans sa grosse figure ronde et très rouge, aux yeux brillants. Elle a des vertiges, des bourdonnements d'oreille, une sensation de faiblesse dans tous les membres, avec des fourmillements surtout du côté droit. Elle urine sous elle, répond de travers aux questions qu'on lui pose, elle a de courtes pé-

riodes de lucidité. Un mois après son entrée, les crises congestives deviennent plus fréquentes, la malade crie et délire et tombe ensuite pendant un assez long temps dans un état comateux. La fonction visuelle de son œil droit devient de plus en plus mauvaise. La malade meurt le 19 décembre de la même année.

L’autopsie de ce cadavre qui présentait une obésité extraordinaire, fut faite quarante-cinq heures après la mort.

A l’ouverture du crâne, on vit la dure mère très tendue au-dessus des hémisphères. Dans la selle turcique on trouve une tumeur de la grosseur d’un œuf d’oie, rouge brun à la coupe, traversée de veinules, la glande pituitaire comprimée, le cœur présentait une surcharge graisseuse considérable.

Aïnsi Mohr, dès 1841, décrivait une obésité qui semblait présenter des rapports avec une altération de la glande pituitaire.

Il est bien entendu qu’il faut différencier l’obésité du myxæœdème. Le myxœdème est dû à une infiltration trop spéciale des téguments (infiltration mucoïde) pour qu’elle puisse être confondue avec la surcharge adipeuse vraie.

Cependant l'obésité est quelquefois unie à des signes atténués de myxœdème, c’est pourquoi on peut dire que Gull qui, en 1875, décrivit « L’état crétinoïde survenant chez les femmes adultes », est un précurseur des rapports de la thyroïde et de l’obésité.

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