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sur l’éngraissement des sujets; elle n’aügmente ni ne
diminue le poids; il en est de même pour l’urée. » On lui a, par la suite, reproché d’avoir expérimenté
sur des sujets qu’il avait fait préalabiement maigrir.
Barié, en novembre 1894, a envisagé les rapports de l'obésité avec les troubles myocardiques par surcharge graisseuse du cœur.
Dans sa thèse de Paris en 1900 (Obésité, hygiène et traitement), Javal émet en conclusion trois propositions qui nous paraissent intéressantes et que nous reproduisons :
1° « Nous n’avons trouvé aucun inconvénient à fournir au malade, soit par les aliments, soit par la boisson, une grande quantité d’eau, la diète sèche ne nous a pas paru avoir de raison d’être; la sudation, soit naturelle, soit artificielle, ne nous a donné aucun résultat. »
2° « L’expérience a démontré, comme l’a très bien indiqué Debove, que pour calmer la faim, il fallait fournir à l’estomac un certain volume d’aliments. Notre règle sera donc de prescrire un régime qui, sous un volume maximum, contienne un minimum de principes nutritifs. » Les tables de Kænig nous permettront de composer les cartes culinaires.
3° « On croit souvent qu'il est dangereux de maigrir vite; nous avons toujours trouvé avantage, au contraire, à guérir très vite les personnes très malades, et nous avons montré que des régimes très sévères étaient parfaitement bien supportés lorsqu'on les instituait brusquement. »
Nous avons vu précédemment que Gull, en 1875,
avait décrit les rapports du myxœdème et du corps thyroïde.
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Rapidement, par la suite, on a songé à utiliser le corps thyroïde comme médication de l’obésité.
Il semble, du reste, que la médication ait été employée à peu près en même temps en Angleterre qu’en France.
Dans son livre, La Thérapeutique des tissus, le D: M. Bra écrit, en 1895 : « L’Anglais N. York Davies, de Londres, emploie le corps thyroïde comme adjuvant de la cure d’obésité. La diminution du poids du corps est parfois double, parfois même triple, que chez des individus traités par le régime seul. »
Quant à lui, l’auteur enregistre des résultats inconstants.
Buquin présente, en 1895, une thèse intitulée :
Médication thyroïdienne dans l'obésité.
En possession de deux observations de Chauffard et de Bouchard, Buquin étudie l’action du corps thyroïde sur l’obésité, et dans ses conclusions il dit :
1° La cellule thyroïdienne a une action spécifique sur les tissus graisseux, action qui se manifeste quel que soit le mode d’observation.
2° Les effets de la médication sont plus ou moins rapides, plus ou moins intenses, suivant les individus, selon qu’ils appartiennent à telle ou telle catégorie d’obèse,
En 1896, Bourneville, dans une commiunication à la Société de Biologie, étudie l’action de la thyroïde sur des idiots myxædémateux et sur des idiots obèses, et il conclut qu’il s’est produit un amaigrissement rapide sous l'influence de la médication thyroïdienne. Il fait remarquer qu’au bout d’un certain temps l’accoutumance survient, que le poids ne diminue plus,
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et enfin qu’il se relève en général peu après la suppression du traitement, d’où la nécessité de reprendre après une période de repos.
Mais, à ces observations cliniques et thérapeutiques, différents auteurs ont objecté que :
1° L’obésité à elle seule était susceptible de léser le corps thyroïde et que l’atteinte thyroïdienne était secondaire, non primitive, au cours de l’obésité.
2° Que le corps thyroïde pouvait agir sur lobésité sans qu’il y ait réellement déficience thyroïdienne.
C’est pourquoi on a cherché une épreuve de laboratoire susceptible de traduire un état d’hyper ou d’hypothyroïdie.
C’est en 1894 que Magnus Lévy commence à étudier les rapports du métabolisme de base avec les cas pathologiques, et aujourd’hui on utilise communément le métabolisme de base pour juger du fonctionnement du corps thyroïde au cours de l'obésité, et parfois en déduire une thérapeutique.
En 1900, Babinski présente à la Société de Neurologie l'observation suivante, mettant en évidence les rapports de l’obésité :
Observation de Babinski (résumé!)
Il s’agit d’une jeune fille de 17 ans, observée pour la première fois dix ans auparavant.
Elle se plaignait de douleurs de tête qui, apparues depuis trois ans, avaient progressivement augmenté d'intensité et étaient devenues très violentes.
Depuis plusieurs mois, elle était sujette à des crises
1. Société de Neurologie, 7 juin 1900. Tumeur du corps pitui-
taire sans acromégalie et avec arrêt de développement des organes génitaux. =
ON, 0e
épileptiformes, et sa vue s'était notablement affaiblie. On est frappé, après avoir fait déshabiller la malade, par la surcharge adipeuse du corps et l’aspect infantile des organes génitaux, qui contrastent avec la taille d’une hauteur moyenne. La malade, du reste, n’est pas menstruée. L'intelligence paraît normale, mais la mémoire a beaucoup diminué.
Il n’y a pas de paralysie localisée, les réflexes tendineux sont exagérés, et il y a de la trépidation épileptoïide du pied. A l'examen ophtalmoscopique, on constate de l’œdème de la papille des deux côtés. La malade succomba peu de temps après. La nécropsie décéla l’existence d’une tumeur qui occupait la selle turcique, adhérait au corps pituitaire et englobait le tuber cinereum.
Bien que de longue date (Galien, Descartes) l’épiphyse ait préoccupé par son anatomie et son rôle physiologique, les médecins et les philosophes, la notion d’une obésité épiphysaire est de date relativement récente.
Bouchut, en 1872, publie une observation de la tumeur épiphysaire, mais il ne relate pas l’obésité.
Ce n’est qu’en 1899 qu'est publiée, par Oestreich et Slawyk, la première observation d’obésité avec, semble-t-il, une tumeur épiphysaire.
Nous transcrivons cette observation que nous prenons dans la thèse de Brochet (Lyon, 1921).
Observation Œstreich et Slawyk, 1899.
Garçon de 4 ans 1/2; spasme de la glotte et convulsions, développement lent de la parole. Jusqu'à trois ans, développement normal. A cet âge, devient tranquille et pleure beaucoup. Démarche incertaine et difficile, intelligence troublée, mais supérieure à l’âge.
Bons, 7e
Stase papillaire bilatérale, strabisme convergent, nystagmus, réaction pupillaire lente. En même temps, croissance rapide du pénis.
Enfant musclé et gras, taille 1°08, poids 20 kgs (correspondant à 8 ans). Toison pubienne, poils de un centimètre de long. Pénis de 9 centimètres, testicules de volume d’un œuf de pigeon, seins hypertrophiés sécrétant du colestrum, etc...
Hydrocéphalie interne. Tumeur pinéale du volume d’uné petite pomme,
Examen microscopique: Psammosarcome kystique.
Neumann, en 1900, publie une observation de tumeur épiphysaire que nous nous contentons de citer, notons qu’elle s’accompagne d’amaigrissement.
Depuis lors, les observations se sont multipliées.
Comme nous l'avons déjà fait précédemment et pour les mêmes raisons, nous citerons dans ce chapitre ceux qui, tout en n'étant pas médecins, peuvent apporter une contribution à l’étude de l’obésité. Dans cet ordre d’idée, au cours du xiIx* siècle, Brillat-Savarin mérite la première place. Du reste, il sera, en effet, loin d’être déplacé. N’écrit-il pas, dans la préface de la Physiologie du goût :
« Je suis surtout médecin amateur, c’est chez moi presque une manie, et je compte parmi mes plus beaux jours celui où, entré par la porte des professeurs et avec eux à la thèse de concours du D Cloquet, j’eus le plaisir d'entendre un murmure de curiosité parcourir l’amphithéâtre, chaque élève demandant à son voisin quel pouvait être le puissant professeur étranger qui honoraït l’assemblée par sa présence. »
Le fait est que Brillat-Savarin, dans sa physiologie du goût, fait souvent des réflexions qui semblent bien judicieuses : « Les prédestinés de la gourmandise sont en général d’une stature moyenne, ils ont le visage
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rond ou carré, les yeux brillants, le front petit, le nez court, les lèvres charnues et le menton arrondi. Les femmes sont potelées, plus jolies que belles, et visant un peu à l’obésité. »
Il prétend reconnaître par la physiognomonie les prédestinés de la bonne chère.
« Je fis une autre fois une remarque pareille sur le duc Decres, qui a été si longtemps ministre de la Marine.
« On sait qu’il était gros, court, brun, crépu et carré, qu'il avait le visage au moins rond, le menton relevé, les lèvres épaisses et la bouche d’un géant. Aussi, je le proclamais sur-le-champ amateur prédestiné de la bonne chère et des belles, »
Du reste, Brillat-Savarin, dans sa physiologie du goût, consacre deux chapitres à l’obésité :
« Si j'avais été médecin avec diplôme, j'aurais d’abord fait une bonne monographie de l’obésité. »
Il donne une définition de l’obésité : « Cet état de congestion graisseuse où, sans que l'individu soit malade, les membres augmentent peu à peu de volume et perdent leur forme et leur harmonie primitive, »
Il appelle spirituellement gastrophore ceux qui sont atteints d’un abdomen prédominant, et gastrophorie cette variété d’obésité dont il était lui-même atteint.
Comme Brillat-Savarin mourut le 2 février 1826, et qu’il n’écrivit son ouvrage qu’au commencement du xix° siècle, il est bien évident qu’il ne pouvait être au courant, et pour cause, des travaux montrant la transformation des hydrates de carbone en graisse. Il est remarquable de lire dans son ouvrage des observations de valeur comme la suivante :
« C’est par des discours semblables que j'éclaircissais une théorie dont j'avais pris les éléments hors de l’espèce humaine; savoir que la corpulence graisseuse a toujours pour principale cause une diète trop chargée d’éléments féculents et farineux, et que je m’assurais que le même régime est toujours suivi du même effet.
« Effectivement, les animaux carnivores ne s’engraissent jamais (voyez les loups, les chacals, les oiseaux de proie, etc...).
« Les herbivores s’engraissent peu, du moins tant que l’âge ne les a pas réduits au repos; et, au contraire, ils s’engraissent vite et en tout temps, aussitôt qu’on leur fait manger des pommes de terre, des graines et des farines de toute espèce. »
Dans les causes de l’obésité, Brillat-Savarin reconnaît avant tout la disposition naturelle et il prétend prévoir à l’avance les ravages qu’une obésité future fera sur une jeune demoiselle aux formes agréables.
La seconde et principale cause de l’obésité est dans les fécules et les farines dont l’homme abuse, puis dans la prolongation du sommeil et le défaut d’exercice.
Tout un chapitre est consacré au traitement de l'obésité et son traitement, sur la difficulté à accomplir duquel il insiste, est parfaitement logique en rapport avec les causes qu’il a préalablement établies.
Il met en garde contre le danger des acides, et il cite le malheureux exemple d’une jeune fille dont il attribue la mort à l’abus du vinaigre :
« Elle avait cherché à maigrir et, dans cette vue, avait bu pendant un mois un verre de vinaigre chaque matin...
« Ainsi, pour avoir suivi d'imprudents conseils, laimable Louise, réduite à l’état affreux qui accom-