‹ Notes sur l'Histoire de l'ObésitéChapitre 33 sur 40 · ENT · texte numérisé non relu

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tions sur l’épiphyse., Ces physiologistes, par la suite, se sont unis aux cliniciens pour démontrer le rôle possible de la glande épiphysaire.

Sarteschi, en 1915, par la destruction de la pinéale sur de petits chiens, lapins et chats, obtint une augmentation précoce du développement somatique général et sexuel avec adiposité syndrome analogue à celui que déterminent souvent chez lenfant les tumeurs pinéales.

On objectera alors à Sarteschi qu’étant donné le peu de volume de l’épiphyse, il était difficile de la léser sans atteindre dans la destruction les organes voisins auxquels pouvait ressortir la cause de l’obésité.

Vers cette époque, les travaux de Roussy et Camus sur l’hypophyse et le {uber cinereum apportèrent une justification à cette manière négative de juger ou préjuger du rôle de l’épiphyse. Roussy fait remarquer que cette obésité que l’on constate dans les tumeurs de l'épiphyse pourrait être le fait de la destruction d’un centre intermédiaire à l’épiphyse et à l’hypophyse et située par conséquent dans la région opto pédenculaire et notamment dans le tuber cinereum.

Somme toute, il résulterait qu’une tumeur située en avant de ce centre à l’hypophyse ou en arrière de ce centre dans la région épiphysaire, serait susceptible d’agir soit en avant, soit en arrière, sur le fuber cinéréum, et de déterminer diverses modifications somatiques, entre autres l’obésité,

Pour nous éclairer, nous nous sommes reportés au récent ouvrage du D' Jean Calvet (1934), professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Toulouse : l’épiphyse (étude embryologique, histo-physiologique et anatomo-clinique). Nous en extrayons le passage suivant ;

« Le diabète insipide, la polyurie, la polydypsie, la polyphagie, l’acétonurie, l’obésité, ne sauraient être rattachés, semble-t-il, aux troubles propres de la pinéale, maïs plutôt aux lésions du plancher du troisième ventricule, comme l’ont montré Jean Camus et Roussy. La soif, chez certains sujets, peut être particulièrement intense. Le malade de Von Hosslein, âgé de 9 ans à peine, buvait 24 litres par jour, et celui de Massot arriva même à 28. L’appétit est énorme, et comme le fait justement remarquer Sézary, « l’on fait trop bon marché de cette notion pour l’interprétation de l’adiposité » qui ne relève fort probablement que de cette boulimie ».

A notre sens, cette interprétation de Sézary citée par Caluet est loin de résoudre le problème, tout au plus pourrait-elle inciter à penser qu’il existe un centre de la faim, de l’appétit, de la soif, à la place d’un centre de l'obésité, ce qui n’est presque qu’une question de terme.

Nous ne pouvons conclure que dans le sens du doute et d’un problème non résolu.

Comme le professeur Marcel Labbé, dans son exposé de titres, insiste sur les deux types cliniques qu’il a distingués, obésité simple et obésité compliquée, en même temps que sur la nécessité d'accorder de l’importance à la sclérose rénale dans l’obésité, nous résumons les articles où se trouvent exposés ces idées.

Article du 28 mars 1908 dans la Presse Médicale, sur « L’Obésité simple et l’obésité compliquée ».

1. Peut-être pourrait-on admettre une corrélation physiologique entre l’épiphyse et le tuber cinéréum, comme il a été montré l’existence aujourd’hui non doutetse d’une corrélation anatomique et physiologique entre l’hypophyse et le tuber cinéréum.

Pour Marcel Labbé, l’obésité simple s’'identifie avec l'obésité pléthorique, l'obésité compliquée avec l’obésité cachectique.

L’obésité simple est due à une accumulation de graisse, l'obésité compliquée à une accumulation de graisse et d'H. 2 0 (cardiaques brightiques).

L’obésité compliquée fait suite à l’obésité simple si l’obèse simple continue sa suralimentation. Dans ces conditions, il fatigue son cœur par infiltration graisseuse et lèse son rein qui devient scléreux par alimentation carnée.

Chez l’obèse floride jeune, il n’y a pas de troubles de l'élimination chlorurée. « On observerait seulement, en établissant le bilan des échanges chlorurés sur une période suffisamment longue, une légère rétention en rapport avec l’accroissement du tissu graisseux qui contient comme tous les autres une certaine proportion de chlorure »; par contre, chez l’obèse cachectique, la rétention est la règle. « Les liquides d’œdème accumulés dans les tissus peuvent compter pour 10 ou 30 kilos. »

De tels faits entraînent un traitement différent.

Dans l’obésité floride la cure a pour base la réduction de l’alimentation au-dessous des besoins de l’organisme, et l’exercice physique exagéré de façon à augmenter les dépenses de l’organisme.

« Dans l'obésité compliquée, avec néphrite interstitielle, myocardite et œdème, la base du traitement est le régime lacté ou le régime déchloruré institué de la même manière et dans le même but que chez les brightiques; de plus, l'alimentation sera réduite au-dessous des besoins de l'organisme. Mais la cure doit être faite au repos pour éviter les accidents cardiaques; elle doit être modérée et conduite sous la surveillance attentive d’un médecin. »

Article du 15 mars 1914. — Journal Médical Français. — Petits et grands accidents de l’obésité.

Schématiquement, M. Marcel Labbé décrit chez les obèses :

1° Une période de santé apparente;

2° De petits accidents dus à des troubles fonctionpels;

3° Période de complications dues à des lésions viscérales.

En effet, en plus des maladies accidentelles généralement graves chez les obèses moins résistants et en plus de diathèses associées, M. le P' Marcel Labbé décrit des troubles fonctionnels de tous les appareils, appareil digestif (estomac, intestin, foie), appareil respiratoire, organes génitaux, troubles circulatoires, appareil rénal (rein mobile, lithiase rénale, congestion rénale), sclérose rénale, il s’arrête avec élection à la sclérose rénale.

A l’avis de Marcel Labbé, on n’a pas assez insisté sur la sclérose rénale.

Jusque-là Bouchard, sur 108 cas d’obésité, avait signalé 4 albuminuries notables. Oulmont et Ramon, chez 65 obèses, 3 néphrites épithéliales.

Marcel Labbé, en prenant 76 cas d’obésité, trouve 16 fois une albuminurie dosable, soit 21 %; 15 fois des traces d’albumine dans l’urine, soit 19 % et 45 fois l’absence d’albuminurie, soit 59 %.

Il insiste sur le rôle de l’obésité comme cause de néphrite, et en suivant un obèse on peut voir se succéder d’abord l’albuminurie passagère, puis persistante, avec tension exagérée.

Bientôt il n’y a plus de doute, on voit s'installer la rétention chlorurée et uréique avec leur cortège fonctionnel et physique : « Et très fréquemment vingt

ans, quarante ans après les premiers accidents, le malade est emporté par l’asystolie à forme cardiorénale par un accident d’hypertension artérielle comme l’hémorragie cérébrale, ou par l’urémie. »

Mais pourquoi la néphrite est-elle fréquente chez les obèses?

La même cause produit l’obésité et lèse Le rein; la suralimentation habituelle et prolongée « par l'irritation qu’elle entretient au niveau du rein, par le surmenage qu’elle impose à l'organe, par les troubles viscéraux multiples qu’elle provoque et qui aboutissent à une élaboration incomplète des matériaux de déchet, agit comme un poison lent et fait de la sclérose rénale ».

Dans un autre article de la même année (1914), paru dans le Journal de Médecine de Puris, M. Labbé envisage la gymnastique électrique dans le traitement de l’obésité compliquée.

Marcel Labbé classe les obèses en deux catégories.

1° Ceux susceptibles d’un exercice actif;

2° Ceux que des lésions viscérales rendent inaptes à un exercice actif.

Pour ceux-ci, Marcel Labbé utilise la gymnastique électrique imaginée et réalisée par le P' Bergoniét. Sans entrer dans les détails de l'appareil, sachons « que le but de cet appareil consiste à provoquer par l'électricité une contraction simultanée de tous les muscles du corps qui équivaut au point de vue de la dépense énergétique à une contraction volontaire. Les contractions doivent être énergiques et profondes et cependant indolentes, ce qui exige des qualités spéciales du courant et un dispositif particulier »,

M. M. Labbé rapporte deux cas de malades traités

1. Bergonié à présenté son fauteuil à l’Académie des Sciences, le

19 juillet 1909,

par le fauteuil électrique du P° Bergonié avec des résultats heureux :

—— L'un chez une femme atteinte d’obésité, rendue irréductible par l’état de son cœur qui lui interdisait tout exercice physique.

— L'autre chez un homme atteint de spondylose rhizomélique qui ne pouvait, à cause de sa rigidité vertébrale, se livrer à la gymnastique ordinaire,

Bien entendu, la gymnastique électrique serait seule incapable de faire maigrir, il faut lui ajouter l’action du régime réduit.

De plus, M. Marcel Labbé a étudié avec Weiss le système respiratoire de l’obèse et a montré que « chez les obèses, quand on défalque le poids de graisse de leur corps qui ne joue aucun rôle dans les échanges respiratoires, on a la même capacité de combustion protoplasmique que chez les maigres ».

Il a, de plus, dans différentes études sur le métabolisme de l’eau, montré l’inanité du régime sec sur la cure antiobésique et il a insisté sur le fait que la suppression ou la diminution de l’eau était susceptible de favoriser chez les obèses l’apparition de lithiase, affection qui s’associe volontiers à l’obésité.

A la Société Médicale des Hôpitaux (séance du 1* mai 1925), Marcel Labbé et Boulin ont étudié « l’étude de la glycémie provoquée chez les obèses par l’injection de glycose ». Après avoir rappelé les travaux antérieurs d’Achard et Weïll, de Gilbert et Baudoin, ils ont poursuivi les recherches sur la glycémie provoquée non seulement en insistant sur la notion taux de la glycémie, mais aussi sur celle de la durée.

« Si sur une courbe on porte les glycémies en ordonnées et les temps en abscisses 6n dessine un triangle, le triangle d’hyper-glycémie, dont il suffit de rechercher la surface pour obtenir un chiffre qui

mesure très complètement la réaction d’hyper-glycémie puisqu'il tient compte de deux éléments : hauteur et durée. »

Chez les obèses, le triangle d’hyper-glycémie est en moyenne de 1,18, soit 7 fois supérieur au triangle normal qui est de 0,17 (on adopte la même unité 1 cm. par exemple, pour représenter 1 gr. d’hyper-glycémie et une heure de temps).

Ce qui est caractéristique chez l’obèse, c’est l’allongement du temps de descente : « mais en outre, alors que chez un sujet normal, au bout de 77 minutes toute hyper-glycémie a disparu, chez un obèse il faut plus de 3 heures pour que la glycémie ait regagné son niveau initial et jamais on n’observe d’hypoglycémie consécutive ».

Cet allongement de la période de descente est vraiment assez caractéristique. Marcel Labbé et Boulin rejettent l’hypertension et l'atteinte hépatique qui seraient susceptibles de faire monter le taux de la olycémie. Ils ont pris, en effet, des obèses sans trouble hépatique et hypotendus.

Le triangle glycémique semble plus en rapport avec l'ancienneté de l’obésité qu'avec son importance.

Parmi ces malades, certains restent des obèses, d’autres deviennent des diabétiques sans dénutrition.

Telles sont les études de Marcel Labbé et de Boulin sur la glycémie chez les obèses.

Il est facile de concevoir l’intérêt de ces recherches qui semblent montrer un terme de passage entre l'obésité et le diabète, toutes deux maladies de la nutrition.

Dans ses articles, le professeur Marcel Labbé revient encore actuellement sur les idées qu’il défendait il y a plus de vingt ans. Nous résumons un article de La Médecine, juillet 1928, où il envisage l’obésité et le mal de Bright :

« Le professeur Marcel Labbé a établi que la cause principale du mal de Bright consistait dans la suralimentation prolongée qui conduisait peu à peu à l'obésité puis à la sclérose rénale : les substances alimentaires en excès donnent des déchets abondants qui irritent au passage le filtre rénal et finissent, après 40 ou 50 ans, par l’altérer. Aussi n’est-ce, en général, qu'après la cinquantaine que l’on voit apparaître les premiers indices de l’altération rénale. Le premier symptôme est ordinairement l'hypertension artérielle, qui peut rester isolée pendant plusieurs années, puis apparaît une albuminerie légère et intermittente d’abord permanente et plus importante dans la suite. Si l’on fait alors la recherche de l’azotémie, on constate souvent l’existence d’un coefficient ur<sécrétoire élevé, alors que la dose d’urée est encore normale. Entre les symptômes précurseurs et la constitution d’une sclérose rénale complète et menaçante, une vingtaine d'années peuvent s’écouler, le processus d’irritation par suralimentation étant le plus bénin et le plus lent de ceux qui peuvent frapper le rein.

« Une observation rapportée fournit un bon exemple de la possibilité de guérir complètement par une cure physiologique les troubles fonctionnels du rein, et de faire disparaître le tableau clinique, qui tendait à imposer le diagnostic de mal de Bright.

« Un homme vigoureux devient obèse par suralimentation; il présente une petite glycosurie qui traduit un trouble de la glyco-régulation, d’origine probablement hépatique, puis présente de l’albumine, de l'hypertension artérielle, un léger défaut d’élimination de l’urée, un peu d’essoufflement, ensemble de symptômes qui imposent l’idée d’une sclérose rénale incipiente.

« À ce moment, il est soumis à une cure d’amaigrissement par régime réduit et exercice.

« Peu à peu le syndrome rénal s’effate; la pression artériéllé est retombée à la normäle, l’albuminurie est disparue, l’urée sanguine est redevenue normale; là glycosurie a disparu; l’obésité n’existe plus.

& Ainsi le inal qué là sturälimétitation äväit fait, l'hHypo-alimentätion l’à défait. Dans les conséquences de la Süralimentätion, lé trouble physiologique avait précédé la lésion anatomique. C’est là üne nôtioï d’itipottance, cär elle laisse grand espoir à la thérapéutiqueé. »

Comment Marcel Labbé et ses élèves, Boulin entre autres, conçoivent le traitement actuel de l’obésité?

Nous ne croyons pas trahir le professeur M. Labbé en reproduisant le traitement de l’obésité proposé par son élève Boulin, dans un article extrait de la Pratique Médico-chirurgicale, tome VI, 3° édition, paru en 1931.

Remarquons tout de suite qu’une évolution semble s’être faite dans la notion exercice au cours de la cure antiobésique. Boulin écrit en effet : « L’exercice phÿsique est théoriquement indiqué, pratiqüement il n’ést pas d’un grand secduts thérapétitiqué: ÿ

TRAITEMENT. — I. -— Obésité par suralimentatton ét sédentarité.

La base du traitement est un régime approprié. On sait qu’à l’état normal un adulte doit recevoir, pour équilibrer ses dépenses à ses recettes, 30 à 45 calories par kilogramme de poids idéal, la marge correspondant au degré d'activité,

En pratique, pour ramener un obèse à son poids normal on prescrira donc un régime comportant moins de 30 à 45 calories par kilogramme de poids

idéal; la ration sera d’autant plus faible que l’on désirera obtenir un amaigrissement plus rapide et que l’obésité sera plus importante; à la phase initiale de la cure, il sera bon d’appliquer une restriction plus sévère que dans les étapes ultérieures, l’amaigrissement étant quelquefois très difficile à déclancher chez les grands obèses.

Pour fixer les idées, si l’on veut faire maigrir rapidement et notablement un individu de 1 m. 60, on fera bien de ne pas lui octroyer plus de 900 calories, au lieu de 1.800 à 2.600 calories auxquelles il aurait droit normalement. Voici un type de régime correspondant approximativement à cette ration :

Légumes verts et salade ...... 600 grammes MAD PARC" Lu Lune" 100 — POISSON AR ICRE Er. crc 100 — Pommes derterre nr 100 — PAR RM nn et das med duree 100 — CrUVe re a Nr. 30 —

Les poids sont indiqués pour la journée, les aliments seront pesés crus et sans déchets; ils seront peu salés et préparés avec le minimum possible d'huile ou de beurre.

Le malade pourra boire, de préférence à distance des repas; pendant les repas on pourra lui permettre un verre d’eau rougie ou une infusion chaude; à la fin du repas, il pourra prendre une tasse de café non sucré. ;

Le régime précédent correspond approximativement à 15 calories par kilogramme de poids idéal; il est assez sévère, mais parfaitement supportable, à condition que la maîtresse de maison sache varier les menus; dans les obésités importantes, dans les formes rapidement progressives, ou encore lorsqu'il existe

des complications cardiaques, on n’hésitera pas à je maintenir, ou même à l’aggraver, jusqu’à l'obtention du résultat, qui est de ramener le malade au voisinage de son poids idéal. Dans les autres cas, l’on pourra se contenter de prescrire ce régime à la phase initiale, où l’amaigrissement n’est pas toujours facile à déclencher; dès qu’on le verra amorcé et progresser régulièrement d’au moins 1 à 2 kilogrammes par semaine, on pourra relever la ration modérément; sans dépasser néanmoins 20 calories par kilogramme de poids idéal. A titre documentaire :

100 grammes de pain apportent .. 240 calories 100 — de viande apportent 160 — 100 — de poisson maigre .. 80 — 100 de pommes de terre. 80 — 100 — de légumes verts .. 20 — 10 — dé: -gruyére CUS 40 — L:ŒALTAPhOEE nie ALL EAN 85 -—

On maintiendra la restriction des graisses au minimum.

Le régime que nous venons d’exposer rapidement correspond aux cas où la suralimentation est globale; il est alors indispensable de régler très exactement le poids de chacune des catégories d’aliments : certaines femmes abusent des pâtisseries; d’autres absorbent au cours de leurs repas des tartines beurrées en abondance, d’autres en guise de boisson boivent du lait; il suffit de supprimer ces erreurs pour suspendre l’engraissement. Le type le plus fréquent de ces obésités par excès d’un seul aliment se voit chez les sujets qui abusent de pain; on voit fréquemment des malades qui absorbent chaque jour 500 grammes à un kilogramme de pain, ce qui correspond pour ce

seul aliment à une ration calorique énorme (1.000 à 2.400 calories), il suffit, en pareil cas, de supprimer le pain pour faire rapidement maigrir le malade.

Quand, d’une manière ou de l’autre, le malade sera parvenu à son poids idéal, on autorisera le retour à une ration normale; on lui conseillera néanmoins de se peser régulièrement et, au cas où le poids tendrait de nouveau à s’élever, on prescrirait une restriction légère, soit globale, soit de certains aliments (pain); on pourrait encore conseiller au malade de pratiquer chaque semaine un jour ou deux demijournées de jeûne.

Le régime est la base du traitement. Il arrive qu’à la phase initiale, les malades ont des malaises dont ils profitent pour ne pas respecter les restrictions alimentaires; on préviendra l’entourage que la gravité en est absolument nulle, et l’on prescrira chaque jour une injection d’huile camphrée.

Il est classique de conseiller d’adjoindre au régime de restriction alimentaire : l’hydrothérapie froide, les massages, l’exercice physique.

L'exercice physique est théoriquement indiqué; pratiquement, il n’est pas d’un grand secours thérapeutique. Chez certains, l’existence de troubles cardiaques empêche de le mettre en œuvre. Chez d’autres, la cure de restriction s’accompagne, surtout à sa phase initiale, d’une sensation d’asthénie, passagère sans doute, mais indiscutable, qui les rend rebelles à l'effort musculaire. Enfin, il faut bien avouer que lappoint qu’il apporte n’est pas très considérable, et, à condition de faire respecter le régime sévèrement, lon peut se contenter de demander au malade une activité physique moyenne.

Par contre, même dans l’obésité par suralimentation que nous envisageons actuellement (obésité où le corps thyroïde ne semble pas en jeu, puisque le méta-

bolisme basal est normal ou légèrement élevé), la pratique montre que l’on déclenche plus facilement l’'amaigrissement et qu’on accélère incontestablement sa progression, en prescrivant au malade Fextrait thyroïdien. Il est bon simplement de ne pas ordonner d'emblée des doses importantes; nous commençons par 2 centigrammes; et il est curieux de. constater qu’une dose aussi minime est souvent parfaitement active; nous montons ultérieurement à 5 centigrammes, et, si la médication est bien supportée, nous atteignons 10 centigrammes; par contre, si le nombre de pulsations dépasse 90, si la malade accuse des palpitations, nous en suspendons l'administration quelques jours, puis nous le reprenons au taux de 5 eentigrammes, qui nous a toujours paru bien toléré. Nous le donnons d’une manière ininterrompue, jusqu’au résultat acquis. On peut le remplacer par la thyroxine.

En raison de l’existence fréquente de modifications des règles dans le sens d’une insuffisance, il est bon d’adjoindre à l'extrait thyroïdien l'extrait ovarien, que nous prescrivons à la dose de un gramme par jour.

Enfin, l’on combine souvent aux deux extraits précédents l'extrait hypophysaire (0 gr. 25 par jour). dont l'utilité n’est évidemment pas démontrée.

II, — Obésités endocriniennes, — Malgré que la suralimentation ne soit pas en jeu, il sera bon de prescrire un régime de restriction, son efficacité en pareil cas étant incontestable, malgré que moins nette que dans le groupe précédent.

Dans les obésités par insuffisance thyroïdienne, on ordonnera l'extrait thyroïdien à doses pragressives et variables, de 5 à 30 centigrammes, sous le eontrôle de la mesure du métabolisme basal. Le résultat

acquis, le métabolisme basal redevenu normal, on suspendra l’administration de l'extrait; on mesurera de nouveau, de temps en temps, le métabolisme et, dès qu’il tendra à s’abaisser, on reprendra l’administration de l’extrait thyroïdien.

Dans les obésités hypophysaires, étant donné l’association à l'obésité d’un syndrome d'insuffisance génitale, on pourra conseiller simultanément lextrait hypophysaire (0 gr. 25), et les extraits ovariens ou testiculaires. Les résultats sont ordinairement des plus médiocres. Contre la tumeur hypophysaire qui est en jeu, on dispose de la radiographie et d'interventions chirurgicales encore bien meurtrières.

Dans les obésités épiphysaires, on pourra conseiller également l’irradiation de la tumeur épiphysaire.

Dans les obésités surrénaliennes, on prescrira l’extrait ovarien, la radiothérapie surrénale.

Dans les obésités dites, à tort ou à raison, génitales, on donera les extraits ovariens, testiculaires.

En somme, mises à part les obésités thyroïdiennes, nous ne disposons d’aucune thérapeutique vraiment efficace à l’égard des obésités endocriniennes.

III. — Obésités nerveuses. — On conseillera la radiographie de la tumeur infundibulaire. On prescrira les extraits ovariens ou testiculaires, en raison de l'association habituelle d'insuffisance génitale. Là encore, nous sommes pratiquement désarmés.

En même temps que les professeurs - Carnot et Marcel Labbé, le professeur Rathery s’est occupé de la question de l’obésité.

Déjà, en 1912, dans le traité de Pathologie interne de Dehove, Achard et Castaigne, il avait écrit une importante monographie sur la question.

Puis, il a travaillé le traitement général de l’obésité. Dans le Livre du Médecin, en collaboration avec

Castaigne (diabète, la goutte et Pobésité), il a exposé les différentes méthodes de traitement de l'obésité et discuté les différents régimes qui ont été proposés.

Le professeur Rathery s’est également occupé des cures opothérapiques de l’obésité.

Voici comment, dans son exposé de titres scientifiques (1925), il résume lui-même ses travaux sur ce dernier sujet.

Cures opothérapiques de l'obésité.

« L’obésité ovarienne représente souvent des types différents que nous décrivons : obésités spontanées (congénitale, puberté, nourrice, ménopause); obésités provoquées (toxi-infection, chirurgicale, insuffisance glandulaire par hyper-fonctionnement). »

Nous étudions ensuite la cure opothérapique de l'obésité ovarienne, les résultats qu’on peut attendre de cette thérapeutique peuvent être classés sous trois groupes :

a) La cure opothérapique amène à elle seule la disparition de l’obésité, ces cas sont rares, nous en citons des exemples;

b) La cure opothérapique n’agit sur l’obésité que combinée à d’autres méthodes thérapeutiques (cures associées, cures opothérapiques et cures de réduction alimentaire). Nous en rapportons différents cas, particulièrement celui d’une femme observée pendant plusieurs années; elle pesait 129 kg. 900, en cinq mois elle n’atteint plus que 78 kg., soit une baisse de 51 kg. 900.

La cure de réduction alimentaire pour produire un effet net, doit être associée à la cure d’opothérapie ovarienne; lorsque celle-ci est cessée, le poids remonte, il baisse à nouveau quand on la reprend.

Le professeur Noël Fiessinger a consacré quelques pages à la question de l’obésité dans son récent ouvrages Physio-pathologie de syndromes endocriniens, ouvrage paru en 1913.

Nous reproduisons ici sa conception de la question ‘telle qu’il l’exprime dans cet ouvrage : Physico-pathologie des syndromes endocriniens, pages 280-281.

« J’ai eu, il y a quelques années, en 1920, la bonne fortune de publier l’observation d’une femme de 63 ans, entrée à l'hôpital Cochin, le 24 septembre 1919, pour une insuffisance cardiaque et de la bronchite. Cette femme appartenait à une famille qui prouve que l’obésité est héréditaire : sa grand’mère paternelle pesait 380 livres, et mesurait 2 m. 10; sa grand'mère maternelle était de forte taille. Son père pesait 350 livres et mesurait 1 m. 80. La mère, de taille moyenne, était pourtant assez forte.

« La malade avait toujours été grosse: à la naïissance, elle pesait 11 livres, à 8 ans, elle ne peut ni courir, ni se baisser; elle est réglée à 11 ans et à 13 ans pèse 175 livres. Elle se marie à 18 ans, son fils pèse 9 livres 150 à sa naissance. Son mari pesait 400 livres. Elle est veuve à 36 ans, elle se remarie à 39 ans, avec un garde républicain de 1 m. 90, pesant 350 livres. Son fils du premier mariage, à 42 ans, pèse 210 livres et a deux filles dont l’une, à 16 ans, pèse 160 livres, l’autre, à 14 ans, est déjà très grosse. Cette femme fait sa ménopause à 43 ans, elle engraisse encore et se spécialise comme « femme colosse >» dans les foires. Elle pèse 420 livres. Son tour de hanches est de 2 m. 20, son tour de poitrine de 1 m. 10; elle ne peut monter en wagon de voyageurs, doit rester dans sa petite voiture dans les trains de marchandises.

« Et cependant, cette malade était petite mangeuse. Elle ne chaussait que du 36. Elle est morte à l’hôpital

ET en

de néphrite chronique avec bruit de galop, associée à des signes de bronchite diffuse sur un fond d’emphysème.

« Curieuse vie que cette vie de grands ôbèses qui engraissent toujours et sans raison, sont pris d’amour pour des gens de même poids et font lignée d’obèses de même poids. »

A la suite de cette observation, M. Noël Fiessinger, distingue les obésités en obésité constitutionnelle et obésité acquise.

Dans l’obésité constitutionnelle, il insiste sur l'obésité monstrueuse et les obésités physiologiques.

Il divise l’obésité acquise en occasionnelle et endocrinienne :

Obésité occasionnelle :

Obésité alimentaire; Obésité professionnelle à la suite des maladies infectieuses.

Obésités endocriniennes :

Obésité hypophysaire;

Insuffisance génitale;

Ohésités thyroïdiennes;

Obésités épiphysaire;

Obésité pancréatique (Falta);

Obésité insulinique (Rathery) ;

Obésités pluriglandulaires (syndrome thyragénital de Claude et Gougerot).

Toutes ces insuffisances fonctionnelles des glandes gndocriniennes peuvent se compliquer d’obésité, mais une différence oppose les obèses endogriniens et les obèses constitutionnels : les obèses endocriniens sont des malades, des anormaux de développe-

1er —

ment, tandis que les obèses constitutionnels sont des sujets bien portants.

Enfin, Noël Fiessinger signale les obésités localisées :

Obésités localisées :

Maladie de Dercum ou adipose douloureuse;

Adénolipomatose symétrique généralisée de Launois et Bensaude (1898), est caractérisée par des engraissements qui siègent ay voisinage des régions ganglionnaires d’une façon symétrique à droite et à gauche au niveau de la nuque, de la région cervicale, des aisselles et des plis inguinaux.

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