‹ Notes sur l'Histoire de l'ObésitéChapitre 34 sur 40 · ORIENTATION THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

ORIENTATION THÉRAPEUTIQUE

1° Les obèses qu'il ne faut pas faire maïgrir :

Obèse constitutionnel, constitution biologique que l’on n’a pas intérêt à modifier.

2° Les obèses qu'il faut faire maigrir :

a) Ceux qui n’ont pas d’hérédité adipeuse;

b) Ceux qui, n’ayant pas de grosses hérédités présentent trop rapidement des augmentations de poids.

On obtient une modification, soit par la marçhe, soit par un régime simple à établir avec des albuminoïdes et des celluloses. La restriction portera sur les lipoïdes et les hydrates de carbone, c’est-à-dire sur le beurre, le sucre et le pain.

Les malades devront être surveillés de très près, les urines devront être examinées régulièrement, car

l'albumine est possible, et leur tension artérielle est à vérifier.

Si vous prolongez le traitement, vous pourrez observer l’apparition d’eczéma, de douleurs, d'attaques de goutte, de poussées d’hypertension, d’albuminurie, de néphrites chroniques; ces complications seront d'autant plus fréquentes que vous aurez essayé de faire maigrir les obésités constitutionnelles.

Les obèses que l’on devra traiter avec des médicaments sont exceptionnels, ce seront surtout les sujets à insuffisance pluriglandulaire.

Il ne faut pas donner du corps thyroïde à tous les malades que vous voulez faire maigrir, car vous risquez de provoquer des accidents cardiaques et de la tachyarythmie, il ne faudra l’employer que chez les obèses où il existe de l’insuffisance thyroïdienne.

De même pour l’hypophyse et l’ovaire, ne les donnez que lorsque vous observerez de l'insuffisance fonctionnelle de ces organes.

Il ressort de la très intéressante lecture des conceptions de Noël Fiessinger, avant tout une notion de prudence qui consiste :

a) À ne pas s'attaquer aux obèses constitutionnels, personnalités biologiques à respecter.

b) A être très prudent dans la cure antiobésique (rechercher l’albumine, prendre la tension artérielle et manifester de la modération dans le maniement opothérapique).

Il apparaît, en outre, une note psychologique amusante : la tendance de l’obèse à s'unir à l’obèse pour faire souche d’obèses, de même que le névropathe s’unit assez souvent au névropathe.

Les relations de l’ovaire et de l’obésité ont été travaillées depuis la thèse de Ferry, nous avons vu déjà un article du professeur Rathery.

Notons que toutes les opérations dont parlait Ferry, furent pratiquées chez des femmes pubères, ayant déjà acquis un aspect morphologique différencié. En est-il de même si la castration est opérée chez des jeunes filles impubères? Apert, en 1913, répond à cette question par l’intermédiaire de Robert, dans un article du Nouveau Traité de Médecine de Widal :

« Les Abyssins et les Hindous auraient toutefois également châtré des femmes pour en faire des servantes attachées aux grandes dames. Cette barbare coutume est heureusement perdue aujourd’hui. Robert a toutefois pu examiner des femmes hindoues âgées de 25 ans, castrées dans l’enfance; elles étaient grandes, fortes, musculeuses sans mamelles, avec des mamelons minuscules, sans poils au pubis, ni aux aisselles; elles n’étaient pas réglées; les grandes lèvres étaient bien sèches et flasques et l’orifice vulvaire resserré; le bassin était étroit, les fesses peu développées, les branches pubiennes très rapprochées et, par suite, le périnée très étroit et la voix grave. »

Dans le même article (1923), Apert ne voit pas de rapport entre l’obésité et l’aplasie ovarienne. L’aplasie, par contre, serait susceptible d’engendrer l'infantilisme et le mariage serait une thérapeutique possible.

En 1888, lorsque Dercum fit connaître la maladie qui porte son nom à la Société de Neurologie réunie à Washington, il l’attribuait à une intoxication thyroïidienne, puis Sicard l’avait rapportée dans certains cas à une atteinte ovarienne.

Actuellement, Marcel Labbé admet que la maladie de Dercum est une obésité banale unie à de la né-

vrité alcoolique et Guy Laroche, une obésité banale associée à de la cellulite.

Page 1