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ALTERNANCE ET OSCILLATION

à la marche suivant une sinusoïde ou une hélice^ si Ton considère que le mobile qui passe l'axe ou le plan ne revient pas exactement à la position qu'il a déjà occupée du même côté de Taxe ou du plan, mais que, au contraire, les positions successives occupées d'un même côté marquent une progression.

Quand on revient à une tendance ancienne ou à une théorie ancienne (i), c'est toujours en la modifiant plus ou moins, en lui donnant une apparence nouvelle et une situation nouvelle, et c'est souvent en la perfectionnant, en la modifiant dans le sens du mieux.

Par suite du phénomène de l'alternance ou de l'oscillation, la marche naturelle de la science se produit souvent dans le sens d'un retour apparent en arrière : le progrès réel consiste souvent dans un recul apparent. Aussi, lorsqu'on s'est occupé de l'histoire des sciences, se laisse-t-on difficilement toucher par l'argument suivant (qu'on a souvent opposé aux novateurs, qui a été opposé à Pasteur, par exemple) : « Admettre ce que vous dites, ce serait retourner en arrière, ce serait reculer jusqu'à telle époque ; c'est une théorie surannée, une théorie définitivement morte, que celle que vous soutenez ». Pour accepter ou rejeter, l'important est de savoir, non pas s'il y a

(i) Les théories ou les idées — comme les individus et les partis politiques — veulent tout ramener à soi et tout régir.

Chaque théorie pousse jusqu'à l'excès sa tendance dominatrice, sa volonté de tout expliquer : un jour vient où l'abus est tellement manifeste (ici comme en politique) que la faveur publique se déprend de la théorie ancienne ou présente, dont les défauts sont apparus trop nettement, et passe à la théorie contraire ou opposée. Et celle-ci. devenant en faveur, ne tarde pas à se croire tout per^ mis, à tout se permettre : alors, elle laisse apparaître, à côté de ses qualités, ses défauts — ou la part d'erreur qu'elle contient et que ses partisans font croître comme à plaisir. L'excès ou l'abus amène alors le dégoût ; et la faveur publique passe au parti contraire, revient à la théorie opposée. {W. La Méthode dans les Sciences expérim,, p. 334, 335.)

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un recul apparent, mais si le recul qui est apparent est en même temps réel.

Les théories mortes sont des morts qui reviennent d'ordinaire, des morts qui reviendront. Et les théories qui viennent au jour sont d'ordinaire des morts revenants ou revenus. Et, par exemple, le polyzoïsme et le polypsychisme actuels peuvent être trouvés — sous une autre forme ou en germe — chez des auteurs anciens et modernes, chez Leibnitz, etc. La théorie de l'unité de la matière totale, la théorie atomique, la théorie de l'unité fondamentale de la matière vivante ou organisée et de la matière inorganisée, la théorie des localisations cérébrales, etc., ont été ébauchées ou implicitement admises bien avant que nous les établissions.

Le plus souvent, les diverses tendances ou théories peuvent être ramenées à deux types généraux (i), qui représentent les tendances ou théories opposées qni alternent — ou entre lesquelles un mouvement alternatif se produit. Il y a alternance entre l'encyclopédisme et le spécialisme, entre la science utile et la science désintéressée, entre l'analyse et la synthèse, entre la construction et la simple collection des matériaux, entre l'imagination et l'observation, entre l'idéalisme et le réalisme, etc. (2).

De l'un à l'autre des deux types opposés, il y a un mouvement alternatif qui se produit. Et, pour chacun

(i) L'existence de deux types généraux opposés et de l'alternance du mouvement conduisant de l'un à l'autre des deux types, se retrouve dans toutes les manifestations de l'esprit humain : dans la philosophie, les arts, la politique, etc.

(2) En même temps que les grands mouvements, qui sont le plus apparents (et qui caractérisent, par exemple, une période de plusieurs siècles), il y a des mouvements de plus faible amplitude, embrassant une durée moindre, et où la même alternance se montre, mais avec moins de force et sans dénaturer le mouvement général ou d'ensemble.

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