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LA MÉDECINE ET L*AGR1GULTURE

dites parfois pour faire croître les végétaux ou faire tomber Teau du ciel, des bénédictions sont données pour préserver les récoltes.)

L'agriculture et la médecine sont sœurs, présentent les mêmes formes. Comme la médecine, Tagriculture est — ou comprend — à la fois une science et un art : il y a une science médicale comme une science agricole, et un art médical comme un art agricole : il y a, en médecine et en agriculture, des connaissances scientifiques nécessaires à Tapplication, et des pratiques basées sur la science.

La médecine et Tagriculture passent par les mêmes stades. Elles étaient constituées, dans leur ensemble, d'abord par un « art purement empirique » ; elles ont en partie atteint le stade de « science » ; et par certains côtés, peu nombreux encore, elles touchent au stade « art scientifique ». La médecine et Tagriculture reclierchent Tutile, Taction utile ; et pour atteindre Futile, elles doivent d'abord recherclier le vrai, la connaissance du vrai.

L'agriculture et la médecine aboutissent en dernier lieu à des actions sur la matière vivante ou l'être vivant, animal ou végétal, c'est-à-dire à des applications de la science de la vie.

Or, les diverses sciences biologiques ne peuvent être vraiment comprises que si l'on connaît suffisamment les sciences physiques et chimiques et aussi la mécanique, c'est-à-dire les sciences que toutes les classifications nomment avant la biologie, et qui sont plus générales et moins compliquées que cette science. De telle sorte que le médecin et l'agronome doivent, pour être vraiment savants en leur profession et faire avancer la science, être encyclopédistes. Tandis qu'on peut être fort savant en mathématiques, en physique, etc., sans être encyclopédiste — et sans connaître, par exemple, la biologie — , il faut posséder une

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formation encyclopédique suffisante pour être savant médecin ou agronome. Le mathématicien, le chimiiit^ etc., ont le droit d'être encyclopédistes (et ils savent parfois user largement de ce droit), mais ils ne le sont pas nécessairement.

En retour, les encyclopédistes finissent toujours par aborder par quelque côté — et parfois très directement — les reciierches d'agronomie ou de médecine. En France, par exemple, TAcadémie de Médecine et la Société Nationale d'Agriculture possèdent parmi leurs membres des encyclopédistes qui, méritant d'y siéger, n'ont pourtant pas commencé leur carrière dans l'agronomie ou la médecine.

La parenté de la médecine et de l'agronomie est manifestée encore par ce fait que l'une quelconque des deux sciences appelle l'autre : où lion enseigne l'une, on enseigne souvent aussi l'autre (bien entendu, si l'on met à part les écoles spéciales), et on les enseigne sous des formes semblables ou correspondantes, comme on le voit faire au Muséum de Paris, par exemple.

La parenté intellectuelle ou scientifique de la médecine et de l'agronomie apparaît encore, indirectement, dans ce fait que, à l'Académie des Sciences de Paris, la section d' « Economie rurale » ou d'Agriculture comprend maintenant, en même temps que trois chimistes spécialement agronomes, trois savants qui s'occupent surtout de médecine, de pathologie, d'hygiène, de microbiologie.

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