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des joyaux, de la poudre de sandal, des fleurs, de l’encens, une lampe allumée, on lui présente du riz, des fruits, de la mantèque ! et des feuilles de bétel?. Cet usage du poudja paraît tomber en désuétude, les brahmes dévots sont [l seuls actuellement à s’y soumettre. En tout 1 cas, aucun Hindou de condition convenable ne consentirait à manger sans s'être préalablement baigné; il est écrit que celui qui mange sans s'être baigné mange des ordures ; doivent être lavés avec un soin particulier les pieds, les mains, les avant-bras, la bouche et le visage.
Le lieu du repas est de forme carrée pour les brahmes, triangulaire pour les rois, ronde pour les vaissyas et en croissant de lune pour les soudras; les plats sont posés sur le sol, sans intermédiaire d'aucun support ; le sol doit conséquemment présenter une surface parfaitement unie; 1l est indispensable que
1. La mantègue ou beurre fondu est d’un usage absolument courant dans la cuisine hindoue ; les gens aisés l'emploient pure ; les pauvres la coupent d'huile,
2. Bétel, famille des Pipéritées; c'est le piper belle de Linné ; on en chique les feuilles avec de la chaux et des
morceaux de noix d'arec.
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L'HYGIÈNE DES REPAS 185 Re ee Re né Pr ee tés cette surface soit. enduite avant chaque repas de bouse de vache délayée dans l’eau :
cest Ià une mixture dont l'Hindou se sert à tout propos dans un but purificateur; la bouse de vache, en effet, est un produit sacré.
Les convives s’accroupissent à la périphérie de la salle à manger sur des nattes de jonc, de rotin, de feuilles de palmier ou sur des planchettes ; ils doivent être placés de façon que leur visage ne regarde jamais le Nord, dit le médecin hindou Tcharaya qui estime cette orientation néfaste ; Manou, cependant, pense que regarder le Nord en mangeant n’a pas de mauvais effet, mais, au contraire, rend pieux; quoi qu'il en soit, on s'accorde à dire que regarder l'Est pendant le repas donne une longue vie, que regarder le Sud donne la célébrité et que regarder l'Ouest donne la richesse: d'une façon générale, les convives préfèrent regarder l'Est. Devant chacun d’eux on place
1. La bouse de vache est sacrée parce que la vache est sacrée; manger de la vache est un crime épouvantable pour l'Hindou. Nous avons signalé au chapitre précédent que la vache donne cinq trésors : le lait, le lait
caillé, le beurre fondu, l'urine et la bouse.
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une assiette : les assiettes sont ordinairement faites de feuilles cousues ensemble avec des nervures de feuilles de cocotiers ; quelquefois, les assiettes sont en métal, en faïence ou en terre. Les assiettes devraient toujours être en feuilles de bananiers ;: mais de telles assiettes élant coûteuses !, le commun se contente d’assiettes en feuilles de banian ou de porcher”? qui coûtent quatre ou cinq fois moins cher: il arrive assez rarement qu'on se serve de feuilles de nénuphar.
Les assiettes métalliques sont en or, en argent, ou en métal blanc; en or, elles sont extrêmement rares ; en argent, assez fréquentes chez les gens riches ;: en métal blanc, peu employées. Les ‘assiettes en faïence ont la réputation d'être sales et sont un peu méprisées, peut-être simplement
1. Une assiette en feuille de bananier coûte une cache c'est-à-dire huit millimes environ; cette dépense est seulement à la portée des gens aisés, chaque assiette ne servant que pour un repas.
2, Banian {[Urostigma bengalense, fam. des Morées), arbre très commun à feuilles épaisses — Porcher (Thespesia populnea, fam. des Malvacées), arbre très commun dont
es graines fournissent de l'huile et dont le bois sert en menuiserie,