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parce qu'elles ont les faveurs des Européens {. Les assiettes en terre, au contraire, jouissent d’une grande vogue : elles sont réputées chasser la consomption, la jaunisse et l'hydropisie.
Sur les assiettes distribuées, ceux qui font le service jettent quelques gouttes d’eau pour que les convives puissent les laver. Aussitôt, commencent les prières : prières spéciales pour le repas du matin, prières spéciales pour le repas du soir. On apporte des vases en cuivre, courts et ventrus avec une très large embouchure (chimbou) et pleins d’eau; on en dispose sur le sol un par groupe de quatre ou cinq convives ; chacun verse dans sa main droite un peu d'eau et l’avale: c’est pour humecter le gosier et que la nourriture glisse mieux ; puis, avec un peu d’eau, chacun trace autour de son assiette deux circonférences afin que les fourmis ne puissent atteindre les aliments.
1. Tout ce qui plait aux Européens est suspect parce que l'Européen mange du porc qui est impur et du bœuf qui est sacré ; l'Hindou considère l'Européen comme un
paria ; aucun hindou de caste ne consentirait à servir un Européen.
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Le service continue : il est fait le plus souvent par les femmes de la famille s'il s’agit d'un repas intime et, s’il y a quelque cérémonial, par les domestiques ou les parents mâles du maître; en ce cas, les femmes ne paraissent pas.
On met sur chaque assiette une pincée de sel avec une tranche mince de radis et de la pulpe de citron ; puis du riz; c’est le riz qui est la base de l’alimentation hindoue‘. Alors, le convive s'incline devant son assiette en disant : « Puissé-je toujours avoir une telle nourriture »; puis, il prend un peu de riz, l'élève et dit: « Adoration à Narayana, je lui offre ce riz! Adoration à Vichnu, je lui offre ce riz! Adoration au dieu des démons, je lui offre ce riz! Adoration au dieu de la terre, Je
1. Cuisson du riz : on prend trois parties d'eau et une partie de riz bien émondé, lavé à l'eau tiède et séché au soleil: on fait bouillir l'eau dans une marmite ; quand elle bout à gros bouillons on y jette le riz et on laisse cuire à petit feu ; deux ou trois fois seulement pendant la cuisson. on laboure le riz avec une grande cuiller en bois. Le riz est cuit quand il est gonflé et légèrement amolli.
Les Hindous consomment donc le riz peu cuil, au Contraire des Européens,
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lui offre ce riz! Adoration à la terre, je lui offre ce riz !! »
Cependant, dans l'assiette de chacun, on verse des légumes et de la viande ou bien des légumes et du poisson bouilli?, et sur le tout on verse une sorte de sauce à base de paroupou”, puis de la mantègue.
Le convive prend un peu de riz, l'élève en
1. Dans les invocations ci-dessus, dieu de la terre désigne Brahma et dieu des démons désigne Siva; quant à Narayana c'est une épithète de Vichnu qui fait allusion à la légende de Vichnu dormant sur les eaux avant la création du monde.
2. Parmi les brahmaniques certains sont végétariens, les brahmes, par exemple ; ceux-ci ne se font donc servir ni viande ni poisson. La viande servie est généralement du poulet, du mouton ou de la chèvre. Le poisson n’est servi que dans les repas intimes et dans les repas funéraires.
3. C’est la fève d’un arbrisseau (Cajanus flavus, fam. des Légumineuses cœsalpinées); elle joue un grand rôle dans l'alimentation hindoue. Dans certaines régions du Malabar (région $S. O. de l'Inde} on fait avec la farine de paroupou additionnée de farine de blé une espèce de pain qui remplace complètement le riz. Pour faire la sauce ci-dessus mentionnée on fait bouillir le paroupou ; puis on le recuit avec certains condiments (coriandre, gingembre, poivre, noix de coco, tamarin, safran, piment, ail, etc.). Cette sauce est appelée par les Français cary et par les Anglais curry; c'est une fausse application du mot tamoul cary qui désigne la viande mangée avec cette sauce et non la sauce.
190 NOTES SUR L'INDE ÉD ne DA DL AN LOS ER qe LOI disant : « Adoration au vent qui réside dans la poitrine; adoration au vent qui réside dans le visage; adoration au vent qui réside dans le gosier; adoration au vent qui réside dans tout le corps ; adoration aux flatuosités bruyantes qui s échappent par en haut et par en bas !! » Puis le convive jette une boulette de riz aux « corbeaux? » qui rôdent toujours en grand nombre à l'entour des gens qui mangent: ces oiseaux passent pour avoir de sombres relalions avec Yamen, le dieu de l'enfer. et son secrétaire Sittragouttiren , qui inscrit les vertus et les vices des hommes; l'offrande qui leur est faite est censée les contraindre à implorer l'indulgence d'Yamen et de Sittragouttiren pour les donateurs 3. Puis, le convive 1. Ce sont les cinq vents chers aux Hindous : ils ont leur théorie très compliquée et jouent un certain rôle en pathologie ; plusieurs maladies importantes s expliquent parce que tel ou tel vent a pris une mauvaise direction dans l'organisme,
2. Le terme de corbeau est impropre ; les corbeaux paraissent rares dans l’Inde ; il s’agit de corneilles très vigoureuses et très répandues ; ce sont elles qui assurent le service de la voirie, à la grande satisfaction des balayeurs municipaux.