‹ Notes sur l'interprétation de Molière. Tradition et tradition; Le sens second dans Molière; La pluralité des décors; La mise en scène de "L'avare"; avec deux dessins de Léo DevredChapitre 9 sur 45 · CÉLIMÈNE · texte numérisé non relu

CÉLIMÈNE

Hé bien ! faites monter.

Vers 559 : É liante

Voici les deux marquis qui montent avec nous. Vers 849-50. basque

Arsinoéj madame, Monte ici pour vous voir.

(3) Vers 534 : alceste

A recevoir le monde on vous voit toujours prête. Vers 560 : célimène

Des sièges pour tous.

Vers 889 : arsinoé ^

Cette foule de gens dont vous souffrez visite...

(4) Vers 732 : célimène

Et dans la galerie allons faire deux tours.

Ja simple vraisemblance et le sens commun ; le ton sera celui de la conversation, sans fastidieux « déclamé » ; des temps de longueur variée couperont fréquemment le dialogue, des apartés se formeront au hasard des rencontres et s'achèveront en répliques parlées, de façon à atteindre le naturel, ou au moins à y tendre, et, en tous cas, à éviter l'emphase et le bruit, qui gâtent généralement la scène des portraits et ont fini par l'abstraire de toute réalité.

Célimène reçoit, et on cause ; mais le charme est rompu si le public se rend compte qu'on ne parle que pour lui. Il est nécessaire, pour qu'il prenne toute sa valeur et sa portée, que cet admirable dialogue soit réellement un dialogue, que les artistes, animant la scène de leurs allées et venues, feignent de se murmurer des riens, se passent des verres, un fruit, une fleur, de sorte que cette petite assemblée de salon, occupée de futiles amusements et de frivoles commérages qu'on nommerait aujourd'hui potins, paraisse ne parler que par accident, par hasard, et non pour remplir je ne sais quelle fonction vis-à-vis de l'auditoire. Et alors les propos voltigeront sur cette vaine agitation mondaine comme une petite bise piquante et légère, qui glace et fouette tour à tour et dont, après qu'elle a passé, tout le monde croit qu'il ne reste rien.

Ainsi, trois décors pour le Misanthrope et, surtout, des milliers de pensées. Car cet incomparable

drame humain devrait être joué comme s'il était écrit d'hier et que l'encre n'en fût pas encore sèche, et, en même temps, empli des significations accumulées que les siècles lui ont successivement attribuées. Ainsi, Alceste continuera sa vie indépendante, s'éloignant chaque jour, sans doute, de ce qu'il fut en 1666, car s'il vit, c'est dans le cœur des hommes, et les hommes, qui changent, ne sauraient lui donner d'autre vie qu'une vie changeante, comme la leur, et en perpétuel devenir.

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