I. A FEMME ET L'aMOUR
dans la campagne de pelites cabanes qui, dans unc course a travers les champs et les bois, peuvent servir d'abri a deux patineurs. Ces maisonnettes rudimentaires ne sont qu'une courte allee qui va de la porte a un foyer. A droite et a gauche, une couche en aiguilles de sapin. Or il n'est pas rare de voir des jcunes gens de Christiania, un gargon, une fdle, s'en aller de compagnie sur les ski, k travers la neige. lis patinent lout le jour, le soirils couchent dans les abris. Le lendemain, ils rentrent a la ville ou ils prolongent leur excursion. II n'est pas necessaire que ces jeunes gens soient fiances.
On dit :
— Ce sont des amis.
Honni soit qui mal y pense. II est entendu qu'ici les a,nies sont fortes et que rien ne pent les 6mouvoir. Le vertige d'un exercice au grand air, I'onivrcment dune circulation trop rapide, ne sont pas plus un danger que le jeu des passions.
Dans I'habitude, qui detourne chez nous une honnete femme du metier des planches, il y a ce jugeraent tres raisonnable que Ton ne peut impunement feindre les passions sans finir par les eprouver, ni exciter le desir par I'exhibition de soi-meme, sans se briller au feu qu'on allume. La Norvfege ne partage point ces prejug^s et ne redoute point ces vertiges. Les actrices sont des jeunes femmes de bourgeoisie.
NOTES SUR LA NORVilGE.
mariees, et qui vivent fort regulierement. Le cachet de theatre est un honnete gain qu'elles ajoutent au revenu du mari. J'ai vu jouer dans une pi6ce de Bjornson une Ires charmante jeune personne qui avait toute la desinvolture de son emploi . J'ai demande qui elle etait.
On m'a repondu :
— La femme d'un avocat,
Je me souviens d'ailleurs d'avoir entendu conter a Copenhague qu'un des principaux officiers de Farniee danoise avait epouse retoile du corps de ballet; cette personne avait une situation ofTicielle. Les femmes des attaches militaires etaient tenues de lui rendre visile.
— Pourquoi, demandent les Scandinaves, une danseuse ne serait-elle pas une honnete femrac?
En vertu de cette innocence, la fllle unique d'un pasteur norvegien s'est faite danseuse, une autre chanteuse de cafe-concert.
Elle disait :
— Cela a bien tire quelques larmes k papa ct a maman, qui resisteut aux idees nouvelles; raais cela m'assure I'independance d'argent qui me perraet de conquerir nion « moi tout rond »; c'est I'unique affaire.
L'usage est qu'on aille souper apres le theatre. K. H... me raontre une jeune fdle dequinzeans qui soupe avec des jeunes gens. II me dit :
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