‹ Notes sur la NorvègeChapitre 25 sur 36 · I.A FEMME ET I/aMOUR · texte numérisé non relu

I.A FEMME ET I/aMOUR

emouvoir la sensualite de I'homme ». C'esl un art qu'on laisse « aux sultanes desireuses de fixer le caprice du mattre ». On a si peur de voir quelque trouble de chair se meler a Famour tout intellectuel qu'il s'agit d'eveiller chez les hommes que des jolies femmes ont leur beaute en liaine.

J'ai deja parle de celles qui se defigurent a plaisir en coupant leurs cheveux en brosse. pn me cite une jeune femme qui avait de merveilleuses epaules. Elles les montraient a son entree dans le monde. EUe s'est apergue que des regards d'homme se fixaient sur elle. Elle en a ete si offensec que maintenant elle ne sort plus qu'en robe mon-tante.

— II ne faut point, dit-elle, exciter le desir, a cause des consequences qu'il a. Avec lui, unc royaute d'un moment se paye de tongues servitudes.

Dans le mSme sentiment beaucoup de jeunes femmes ont abandonne le corset.

— Nous voulons plaire, disent-elles, a ceux qui adorent la liberie et la force. Ceux qui aiment les « tallies de guepe » peuvent rester gargons.

Madame A. H... m'a repete plusieurs fois :

— Mon pere m'a si fort gatee quand j'6tais jeune fille.

Et elle ajoutait bien vite, non pas :

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200 NOTES SUR LA NORVEOE. tBB

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c( II m'ti comblee de toileltes et de bijoux », mais : — ... 11 m'a tant fait voyager !

Non, ces femmes no sont pas coquettes, — par

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volonte et par nature. L'autre jour, a Christiania, il y en avait un grand nombre a la gare. Elles etaienl

venues dire adieu a des freres, k des flanctis, a des

maris qui partaient pour TEurope. Je les guettais a -^m

cette minute. ^H Sur la plate-forme des wagons-salons, se pava- ^^B

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naient deux jeunes Parisians en complets de voyage ■■ d'une elegance inconnue ici. lis etaient jolis gar- 1

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cons; ils esperaient produire de reflfet. lis ont du 1 etre degus : personne n'a pris garde a eux. On etait J

tout aux adieux, a la melancolie de la separation, ^M aux recommandations dernieres. Comme les departs ^^M

sont tristes pour les femmes. ^H

Celles-ci exigent pour la conquSte de leurs coeurs ^M

un effort presque surhumain. Elles sont victimes, ^M non pas seulement d'une estime exagoree d'elles- r^H

memes, mais de la surexcitation de la volont6 et '^H

du reve qui, sans nuances, fait osciller cette race ^B

entre le bas et le sublime. .^M

hCi ^

J'ai copie sur I'album d'une femme scandinave, !■

douee pour tous les arts, ces vers, ou I'orgueil

en =

d'une amoureuse du Nord confesse les deboires que

lui a imposes la vie, sans pourtant renoncer a son j

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culte de I'impossible : 4|

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LA FEMME ET l'amOUR.

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