Vafthritdnismdl, v
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LA RACE
dieux, des hommes, sur la fin du monde. 11 pose une demiere question dont il est seul a connaitre la reponse et qui lui assure un triomphe facile.
La date de ce poeme a ete fixee par Bergmann entre le xni'= et le xiv'= siecle.
Dans un Edda encore plus ancieu, la Fascination de Gulfi (Gylfa Ginning), dont I'auteur Snorri, flls do Sturia, naquit en Islande en 1178, la mome fiction d'un examen cosmogonique et philosophique est mise en scene avec beaucoup d'art. Cette fois c'est un roi, Gulfi, « a vise et verse en magie », qui vient interroger le sphinx.
Gulfi s'etonnait que la imnde des Ases (les dieux odiniques) fut tellement versee dans les secrets que toutes choses leur allaient a souhait. II se demanda si cela tenait a leur nature ou si les divinites auxqueiles eux-memes sacriflaient en etaient cause. Done il entreprit un voyage a YEnclos des Ases et parlit en secret, ayant revetu I'exterieur d'un homme vieux ^
Gulfi se Irouve en presence d'Odin lui-meme et il se fait center par lui tons les mythes scandinaves depuis les jours anterieurs a la creation jusqu'au
. Gylfa Ginning; Strasbourg, 1861.
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crepuscule des dieux. Et cette causerie du dieu et du roi magicieii sert de cadre a Snorri, pour exposer uiie derniere fois les dogmes de Fodinisme defaillant.
U est interessant de noter que I'intelligence ne se manifeste ici que sous sa forme la plus voisinc de la brutalite physique ; la ruse. Les Wikings, gens de coup de main, ont eprouve que la force est desarmee devant la force. En ce cas, le poids qui emporte la balance, c'est I'astuce. Les pirates la venerent comme une qualite divine. C'est le premier merite dont ils revetent le « Pere Universei », le maitre des Ases, Odin.
Voyons-le k I'oeuvre, ce grand patron de I'adresse et de la ruse normandes . 11 sembie qu'il y ait de la bravoure dans la visite qu'il fait au geant Vaflhrudnir. II a feint, au moment de pavlir, d'eprouver quelque inquietude sur Tissue de son entretien « avec cet lote qui salt tout ». Pourtant, on sent que I'auteur du poeme est rassure sur le sort de celui que, des le seuil du geant, il appelle le « circonspect » .
Et, de fait, la lutte n'est pas loyale : Odin vient pour tendre un pi6gc au geant. II sait d'avance quelle question il lui posera pour clore la joule :
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— Qu'a dit Odin a I'oreille de son fils avant de le monler sur le bucheri ? »
Evidemment, Vafthrudnir a beau connaitre tons les secrets du del et de la terre, il ignore quel mot d'adieu le Pere Universel a pu murmurer contre le visage de son fils Baldur, au moment ou il I'etendait sur le lit des funerailles. C'est par la rusetoute seule que le geant est vaincu.
Cefte mauvaise foi d'Odin ne s'exerce pas seulement aux depens de ses adversaires : elle est fafale a ses creanciers. La Fascination de Gulfi fait allusion a une autre aventure ou Odin apparait dans la meme posture de fourberie - .
Les Ases deciderent de faire elever autour de leur demeure cette enceinte que Ton appelle 1' « Enclos Mitoyen ». lis s'adresserent a un lote qui etait architecle. Le geant s'engageait a achever la construction en un semestre d'hiver, et Odin, persuade qu'il ne pourrait terminer son travail en si peu de temps, lui promit volontiers en payement le soleil, la lune et I'abondance. Mais ii ne tarda pas a s'effrayer, car le geant, aide de son clieval Svadil-Fari, apporta, en une seule nuit, plus de gIa?ons qu'il n'en fallait