Madame d'Aunet, Voyage d'une femme au SpUzberg,i8ôb
passant et de séduire la clientèle par le luxe des prévenances est un des privilèges de la France et particulièrement de Paris. Celle science était fort arriérée en Norvège quand madame d'Aunet la visita :
« Les magasins de détail sont organisés de façon si discrète qu'il devient difficile de les deviner. En furetant dans les rues, on demeure surpris d'apercevoir au fond de pièces éclairées par de petits châssis garnis de verres troubles, des fourrures précieuses et de luxueuses étoffes, entassées, pêle-mêle, sur des rayons, avec des jarretières de laine, de la filasse et des boutons d'os. Si l'on entre dans un de ces capharnaiims, on obtient difficilement de se faire montrer des marchandises. Le boutiquier norvégien ignore l'art de faire aclieter ; à peine consent-il à vendre; il dédaigne les manières complaisantes qui sont de rigueur dans sa profession ; il fume magistralement dans un coin, et, lorsqu'on l'aborde, il prend un air rogue, qui semble engager le passant à bien réfléchir avant de le déranger * . »
Quarante ans ont passé sur ces observations et le boutiquier norvégien les a mises à profit pour apprendre la politesse. Il est aujourd'hui avenant sans obséquiosité. Il sait que toutes les manifestations,