‹ Notes sur le Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 10 sur 66 · D ET · texte numérisé non relu

D ET

vernement métropolitain, le pays n'avait plus qu’à se soumettre et à attendre la décision émanant de l'autorité souveraine.

La réponse à la requête que l’Assemblée législative du Bas-Canada avait soumise au cabinet britannique n’arrivait pas.

D'un autre côté, les rumeurs qui traversaient l'Atlantique devenaient %e plus en plus inquiétantes,

L'état de malaise qui se faisait sentir depuis longtemps, s’accentuait tous les jours davantage, Un assez grand nombre d'habitants d’origine britanique entraient dans le mouvement réformiste et grossissaient ‘e groupe des mécontents, Pendant que dans le Parlement anglais la cause canadienne était habilement défendue par Hume et O'Connell, les populations des Cantons de l'Est, parmi lesquelles on comptait un nombre assez considérable d'Anglais et d’Américains réfugiés des Etats-Unis, approuvaient la manière d'agir de l’Assemblée législative dans des meetings où le gouvernement colonial était violemment attaqué. Bientôt, presque tous les comtés et les paroisses prirent part à ces démonstrations publiques qui avaient pour effet d'encourager les députés dans la ligne de conduite qu’ils avaient adoptée. Enfin, des pétitions couvertes de milliers de signatures et appuyant les demandes formulées dans les. quatre-vingt-douxe résolutions,

étaient expédiées à Londres de toutes les parties de la province.

Mais tout devait échouer, encore une fois, contre les mauvaises dispositions du bureau colonial à qui le Parlemont anglais avait déféré la charge d'examiner la nature des griefs et des plaintes exprimés par les requêtes de l’Assemblée et du peuple canadien.

Pendant les élections de 1835, on eut à regretter, dans l’un et l’autre camp, de nombreux actes de violence et de désordre ; les anciennes luttes reprirent avec plus d’acharnement que jamais, dès l'ouverture du Parlement convoqué quelques semaines après.

M. Papineau et plusieurs des membres les plus influents du parti national, parcouraïient les villes et les campagnes canadiennes, pour protester devant le peuple contre des actes arbitraires qui devenaient de jour en jour plus fréquents, de la part du gouvernement,

L'autorité religieuse crut devoir mettre un frein à l’effervescence qui se manifestait de toutes parts, et Mgr. Lartigue, évêque de Montréal, lança un mandement dans lequel il conseillait à ses diocésains la soumission au pouvoir établi. Mais loin de profiter du temps d'arrêt qui se produisit à la suite de cette lettre pastorale, le gouverne ment à la tête duquel lord Gosford se trouvait depuis 1835, sembla prendre à tâche de créer de nouveaux ressentiments. Il destitua les magistrats

et les officiers de milices d’origine canadiennefrançaise ; il arma ostensiblement ceux qui étaient reconnus comme les partisans avoués de la Con: stitution britannique, et fit occuper les villes par des soldats anglais venus, dans ce but, du Nouveau-Brunswick.

Ce fut alors que, malgré l'opposition des chefs, eut lieu, à Montréal, le 7 novembre 1837, entre les « fils de la liberté » et les «constitutionnels, » une échauffourée qui fut le prélude de la révolte connue sous le nom de Rébellion de 1837. Plusieurs milliers de Canadiens-français, exaspérés par les vexations £continuelles qu'eux et leurs pères avaisut eu à subir depuis plus de soixante-quinze ans, sans chefs, sans armes, sans munitions, sans organisation d'aucune sorte, luttèrent héroïque. ment contre des troupes régulières dix fois supérieures en nombre,

Ces héros improvisés, qui n'avaient à opposer à l’artillerie des régiments anglais que des faux, des fourches, quelques vieux fusils de chasse et un canon de bois, vainqueurs une première fois dans les plaines de Saint-Denis, le 22 novembre 1837, furent bientôt battus à Saint-Charles le 25 du même mois et complétement défaits quelques jours plus tard à Saint-Eustache.

Un commencement d’insurrection, qui se déelara vers la même époque dans le Haut-Canada, L’eut pas plus de succès,

Û ñ La

Fe \

ya,

Se er

Partout, les troupes anglaises restèrent mai. tresses du champ de bataille.

La rébellion était vaincue.

Gette révolte prématurée n’était pas de nature à ramener vers les Canadiens-français les sympathies de l'Angleterre. Le résultat immédiat de cette échauffourée sans issue possible, où tant de nobles et sincères patriotes payèrent de leur vie ou de leur liberté des convictions politiques trop ardentes peut-être, fut de permettre au gouverment métropolitain d'exercer, avec moins de discernement que jamais, le droit de répression dont il s'était servi jusque-là.

Le 17 janvier 1838, lord John Russell faisait adopter par le Parlement anglais un bill demandant la suspension de la constitution canadienne. Quelques semaines apres, lord Durham, nommé gouverneur-général du Canada, débarquait à Québec, Le ?7 mai; il avait été chargé de mettre à exécution le projet d'union du Haut et du Bas- Canada, depuis longtemps nourri par le gouvernement britannique. Homme d'état habile, le nouveau fonctionnaire anglais inaugura son administration en accordant une amnistie générale aux prisonniers politiques accusés d’avoir pris part à la révolte de l’année précédente. Il n’en excepta que vingt-quatre qui furent exilés aux îles Bermudes, puis, il visita le Haut-Canada, où il fit accueillir favorablement son plan d'union des deux provinces, Mais, ayant appris que sa

Ce RL RE Ge Et Te AE PTE Bi “ER RP re … 4 PO Ve ru 34 es 1 RÉ CAES CSS KR Per c ST } x sus : £. EE .

Page 1