‹ Notes sur le Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 9 sur 66 · RES · texte numérisé non relu

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français à l’état d’asservissement auquel était soumise alors la population de l’Irlande.

La nouvelle de l'introduction de ce projet de constitution, dans le Parlement britannique, produisit une sensation profonde au Canada. Des suppliques furent adressées de toutes les parties du pays pour protester contre l’iniquité de cette mesure, et MM. Papineau et Neilson furent délégués à Londres pour y porter les justes représentations de la population canadienne, appuyées par des pétitions couvertes de plus de soixante mille signatures.

À la vue d'une manifestation aussi générale, plusieurs des membres les plus influents de la Chambre des Communes, en Angleterre, frappés de la justice de ces réclamations, prirent en main la cause des opprimés; il en résulta qu’à la suite d’une séance des plus orageuses, le gouvernement se vit dans l'obligation de retirer sa motion rejetée par la majorité de l’Assemblée à la seconde lecture.

Malgré l'échec humiliant que le Parlement anglais venait de lui faire subir, lord Dalhousie ne se considéra cependant pas cornme vaincu.

Battu sur le terrain politique, il tenta d’en arriver à ses fins en luttant sur le terrain religieux.

Peu de temps après sa déconvenue, il soumettait au bureau colonial un nouveau mémoire dans lequelil invitait les ministres à revendiquer,

pour la couronne, l'exercice d’un patronage ec-

clésiastique qui lui permit de nommer les curés catholiques, selon son bon plaisir. Cette nouvelle tentative échoua complétement.

De retour d'Angleterre, où il avait été passer quelques mois dans l'intention d’influencer les membres de la Chambre des Communes hostiles à la ligne de conduite qu'il avait jusqu'alors suivie, lord Dalhousie convoquait les Chambres canadiennes dans le courant de janvier 1826.

Mais l’Assemblée législative ayant, encore une fois, refusé de voter les subsides au gré du gouvernement, le Parlement fut cassé le lendemain de son ouveriure. Cet acte arbitraire nécessitait des élections générales dans lesquelles le parti canadien-français remporta une victoire éclatante.

Le jour de la réunion des nouvelles Chambres, en 1827, M. Papineau ayant été élu président de l'Assemblée législative, le gouverneur refusa de ratifier sa nomination, et le soir mème, le parlement fut de nouveau dissout.

Des murmures menaçants s’élevèrent de tous les points de la province à la nouvelle de cet abus d'autorité. (Chacun comprenait que le bureau colonial, contrecarré dans ses desseins par le vote de la Chambre des Communes, cherchait des prétextes pour en revenir à son projet d'union.

De nouvelles requêtes exposant les griefs de la population française et couvertes de plus de

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quatre-vingt mille noms, furent adressées direcment au roi d'Angleterre ; MM. Neilson, Viger et Cuvillier se chargèrent d'aller les déposer aux pieds du trône.

Sur ces entrefaites et afin de faciliter probablement le rétablissement de la concorde, lord Dalhousie fut transféré au gouvernement des Indes et remplacé, comme gouverneur du Canada. par sir James Kempt qui n’y resta que deux ans et eut pour successeur lord Aylmer, en 1830,

Quoique les vues de ces deux derniers gouver. neurs fussent relativement modérées et plus acceptables, les Canadiens surexcités par les injustices auxquelles ils avaient été en butte antérieurement, ne voulurent faire aucune concession, ni tenir compte de celles qu’on était disposé à leur faire, les regardant comme insuffisantes.

Au milieu de ces débats entre la colonie et les mandataires de la métropole, survint un événement regrettable dont l'effet fut de rendre nuls, désormais, les efforts de conciliation tentés par des hommes modérés des deux partis, qui prévoyaient les résultats funestes de ces luttes intestines. Le 2! mai 1831, pendant une élection très chaudement contestée, à Montréal, entre deux candidats appartenant à chacun des partis alors en lutie, les troupes, appelées sous prétexte de maintenir l'ordre, tirèrent sur le peuple, tuèrent deux hommes et en blessèrent grièvement plu-

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sieurs autres. Que ce fût par l'effet du hasard ou de la préméditation, toutes les victimes de ce sanglant épisode se trouvèrent appartenir au parti canadien-français.

Au milieu de toutes ces luttes le choléra éclatait, pour la première fois, au Canada et fesait des ravages terribles dans les villes et les campagnes, particulièrement pendant les étés de 1832 et 1834. On estime qu’à Québec seul, en 1832, plus de trois mille personnes devinrent la proie du fléau.

Voyant que l'excitation du peuple atteignait aux dernières limites qui le séparaient de la révolte. les chefs du parti canadien, qui avaient toujours espéré vaincre le mauvais vouloir des membres du bureau colonial par des moyens constitutionnels, résolurent de tenter un dernier effort dans ce sens. A cet effet, l’Assemblée législative, pendant la session de 1833-34, rédigea un manifeste dans lequel elle exposait, en quatrevingt-douze paragraphes, tous les griefs de la colonie contre la métropole.

Dans ce document connu, dans l’histoire du Canada, sous le nom des Quatre-vingt-douze résolutions, les membres de la majorité se plaignaient amèrement, surtout, de la manière dont le gouvernéur lord Aylmer interprétait la Constitution, À la suite de cet acte agressif de l’Assemblée contre son administration, le Gouverneur Général prorogea immédiatement les Chambres; il prétendait qu’en ayant appelé directement au gou-

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