‹ Notes sur le Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 11 sur 66 · PRE · texte numérisé non relu

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proclamation d’amnistie avait été désavouée par le cabinet de Saint-James, il donna sa démission et partit pour l'Angleterre le 1er novembre 1838, laissant l'administration de la colonie à sir John Colborne, qui la garda, en qualité d’administrateur, jusqu’à l’arrivée de lord Sydenham, qui eut lieu l’année suivante.

Après le départ de lord Durham, de nouveaux soulèvements s'organisèrent simultanément dans le Haut et le Bas-Canada. Mais comme la première fois, ils furent promptement réprimés par sir John Colborne; celui-ci, pour effrayer les populations révoltées, saccagea et brûla tout sur son passage, ne laissant après lui que des monceaux de ruines etde cendres ; il traduisit ensuite les prisonniers devant une cour martiale, qui en condamna 89 à mort et 47 à la déportation; l’une et l’autre peine entraînaient après elles la confiscation de tous les biens des condamnés. Vers la même époque, le Parlement anglais s'appuyant sur un rapport célèbre élaboré par lord Durham, vota une résolution consacrant l’union des deux provinces du Canada, malgré les protestations nouvelles de toute la population bas-canadienne ainsi que des membres de l’épiscopat et du clergé catholique.

Cette loi qui reçut la sanction royale le 23 juillet 1810, décrétait, entre autres choses: que dès lors, l'anglais serait seul reconnu comme langue légale et parlementaire ;

Que le nombre des représentants serait de quarante-deux pour chacune des deux provinces, quoique alors la population du Bas-Canada fût beaucoup plus considérable que celle du Haut-Canada ;

Qu'il faudrait une majorité composée des deux tiers de la législature pour changer les divisions électorales et le chiffre de la représentation.

Dès lors, jusqu’en 1867, époque depuis laquelle les deux provinces canadiennes font partie de la grande Confédération britannique de l'Amérique du Nord, le Haut et le Bas-Canada ont été administrés en vertu de l’Acte d'union de 1840.

Bientôt, le gouvernement métropolitain ayant inauguré une politique colouiale plus large et plus libérale, dont un des effets fut de rendre aux Canadiens-français l'exercice légal de leur langue maternelle, les dissensions intestines s’apaisèrent peu à peu et finirent par disparaître complétement.

Depuis longtemps, les rivalités de race qui ont entravé le développement de la colonie pendant plus de soixante-quinze ans n'existent plus, et un parfait accord règne entre les représentants des deux origines.

Aujourd'hui, les Canadiens-français jouissent, sans contrainte, du libre exercice de tous les privilèges qui leur avait été reconnus par le traité de Paris, et nous pouvons ajoüter, sans crainte d'être taxé d’exagération, qu'aucun peuple au monde ne possède de plus grandes libertés politiques et religieuses.

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