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62 RÉSUMÉ HISTORIQUE cuper seize siéges dans la nouvelle Assemblée législative, à la suite d'élections générales qui eurent lieu dans le cours du mois de juin 1792. Attribuant ce succès inespéré à la faiblesse on à la crainte, les membres de la minorité poussèrent la prétention jusqu’à vouloir asseoir un des leurs dans le fauteuil présidentiel de la nouvelle Chambre. Mais la majorité des députés élus par le suffrage populaire était décidée à ne s’en laisser imposer par aucune considération et à se prévaloir de tous les avantages que lui assurait le droit constitutionnel,
En dépit de toutes les influences qui furent mises en jeu pour faire échouer son élection, M. Panet, un des hommes les plus distingués du parti canadien-français de cette époque, eut l’honneur d'être appelé, le 17 décembre: 1792, à la présidence de l’Assemblée législative du premier parlement du Bas-Can:da.
Battue sur ce point, la majorité anglaise, forte de l'appui qu’elle attendait du bureau colonial, demanda que l’usage de la langue française fût aboli dans l’enceinte législative; cette fois encore la majorité ne permit point que l’on portât atteinte à une de ses prérogatives les plus importantes, dont l'intégrité se trouvait garantie par le traité de 1763.
Le général Prescott succéda à lord Dorchester en 1796. Esprit inquiet et craintif, il réprimait les moindres fautes par les peines les plus sévères.
Son rappel qui eut lieu en 1799, fut accueilli avec satisfaction de toute la partie française de la population,
Malgré les échecs que leur attiraient sans cesse l'arbitraire et l'injustice de leurs prétentions, les députés anglais ne se rebutaient pas et en émettaient tous les jours de nouvelles. Ainsi en 1800, sous l'administration du gouverneur Milnes, successeur du général Prescott, le gouvernement établissait une loi d'éducation qui avait pour effot de mettre l'instruction publique sous le contrôle exclusif des protestants. Les Canadiens-Français repoussèrent unanimement le nouveau système scolaire et laissèrent les écoles désertes.
La même année, les propriétés des Jésuites, dont l'existence légale n’était pas garantie par les traités, furent confisquées au profit de la Couronne.
Un journal anglais de Québec déclarait, vers cette époque, que le Bas-Canada avait déjà trop tardé à devenir anglais, et que le temps était venu où tous les moyens devaient être empicyés pour obtenir l'anglification complète de cette province. Ce fut alors que les Canadiens, afin de pouvoir se défendre contre les attaques incessautes de cette feuille, décidèrent de fonder un organe qui représentât et soutint les intérêts de la nationalité française. Le Canadien, portant en tête de ses colonnes la devise : — « Nos INSTITU- TIONS, NOTRE LANGUE ET NOS L0I8,»—parut pour la
première fois en novembre 1806, à Québec, où il se publie encore actuellement,
Ce journal, rédigé par ceux-là mêmes qui combattaient énergiquement à l’Assemblée législative pour le maintien des institutions, de la langue et des lois canadiennes françaises, devint entre leurs mains un instrument redoutable, toujours prêt pour la défense des libertés menacées de la nationalité française au Canada.
À la suite d’une session des plus orageuses, le gouverneur Craig, qui avait pris en 1807 l’administration des affaires, cassa le Parlement et, quelques jours après, fit saisir les presses du Canadien et emprisonner, le 17 mars 1810, MM. Bédard, Papineau, Taschereau et plusieurs autres des principaux chefs du parti français Non content d’avoir accompli ces actes de rigueur il envoya à Londres son secrétaire, M. Ryland, porteur d’une note où il conseillait au gouvernement métropolitain de prendre Ces mesures promptes et énergiques pour anglifier et prolestantiser le pays ; il proposait aussi, pour faire face aux dépenses de l'administration, de confisquer les biens des Sulpiciens de Montréal.
Heureusement, le cabinet de Saint-James ne tint pas compte des objurgations de ce gouverneur, qui fut rappelé en 1811.
Sir George Provost, son successeur, mit un terme à cette administration despotique et capricieuse qui avait fait donner au passage de sir
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James Craig au pouvoir la qualification ironique de Rèsne de la Terreur.
Sir George Provost, aussi doux, affable et conciliant que son prédécesseur était arrogant, brutal et cassant, s’occupa, dès son entrée an pouvoir, de régler les difficultés provoquées par l’absolutisme de l'administration précédente, et d’étoutfer, au moyen d'une direction adroite et prudente, les mécontentements qui régnaient partout. Aussi, jamais gouverneur ne fut-il plus sympathique à la nationalité française.
Ce fut sous son administration, au mois de juin 1812, que la guerre éclata entre l'Angleterre et les Etats-Unis, dont les armées envahirent, encore une fois, le territoire canadien.
Comme en 17795, les volontaires canadiensfrançais, enrégimentés à la hâte, firent bravement et loyalement leur devoir.
C'est pendant cette guerre, qui dura trois ans et se termina, le 24 décembre 1814, par le traité de Gand, que le colonel de Salaberry, dont le nom est resté légendaire dans le pays, défit à Châteauguay, le 26 octobre 1813, avec un détachement de trois cents recrues, un corps de l’armée américaine commandé par le général Hampton, composé de sept mille hommes environ.
Sous les gouverneurs Drummond, (de 1815 à 1816), Sherbrooke (de 1816 à 1818) Richmond (de 1818 à 1819) et Maitland (de 1819 à * 820), qui admänistrèrent successivement le Canada après
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