‹ Notes sur le Canada [microforme] (volume 3)Chapitre 12 sur 25 · RACES EUROPEENNES · texte numérisé non relu

RACES EUROPEENNES

En 1G53, cinquante ans après l'arrivée des premiers colons français en Amérique, la population totale du Canada n'était encore que de 2,500 habitants d'origine européenne.

Le premier recensement régulier qui eut lieu, en 1GG5, établit qu'il y avait seulement alors sur toute l'étendue du territoire français dans l'Amérique du Nord, 538 familles représentant 3,125 habitants.

A partir de cette date, nous nous contenterons de relever les chiffres de la population établis par différents dénombrement"*, jusqu'au jour de la cession de la Nouvelle-France à l'Angleterre.

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Ainsi, nous voyons :

Annôes. Iliil)itants.

On évaluait la population du Canada, lors du dernier relevé qui en fut fait sous la domination française, en 1754, à 55,000 habitants d'origine française, plus 60,000 Indiens environ.

Quand eut lieu la cession du Canada à l'Angleterre, en 1763, on estimait la population blanche à 65,000 âmes.

Le premier recensement qui eut lieu par ordre du gouvernement anglais, en 1765, porte à 84,510 le nombre des habitants; Québec en avait 8,967 pour sa part, et Montréal 5,733. Cette progression subite provient, sans aucun doute, de l'émigration anglaise qui se dirigea, immédiatement après la conquête, vers la nouvelle colonie britannique. 11 est supposable aussi que les soldats faisant partie de l'armée d'occupation furent compris dans ce dénombrement.

Voici le résultat des recensements qui sui-

POPULATION

virent, jusqu'au jour où le Canada fut divisé en deux provinces séparées :

Années. Habitants.

1775 90. OW

Ll population de la partie occidentale du Canada commence à prendre, vers cette époque, une extension rapide, alimentée par les réfugiés dits loyalists, qui, s'étant prononcés pour la métropole pendant la guerre de l'indépendance américaine, avaient cru prudent de quitter le territoire d( la nouvelle république, après la retraite des troupes anglaises, et par un courant assez considérable d'émigrants anglais attirés par la grande fertilité de ces contrées. Vers 1790, on évaluait déjà à 15,000 au moins le nombre des colons de nationalité britannique, établis, pour la plupart, aux alentours du lac Ontario.

C'est aussi entre 1784 et 1790 que la population de Montréal dépasse celle de Québec. La première de ces deux villes comptait alors 18,000 habitants, tandis que la seconde n'en avait encore que 14,000 à peine.

En 1791, le Canada fut divisé en deux provinces ; la partie occidentale prenant le nom de Haut-Canada, et la partie Est celui de Bas-

NOTIiS SUR LE CANADA

Canada. Dès lors, la population du Haut-Canada, relativement pou considérable encore, augmenta beaucoup plus rapidement que celle de sa province sœur. Parla comparaison, il est aisé d'établir , en mettant en regard les relevés faits dans les deux provinces aux mêmes époques, la progression qui s'est opérée dans chacune d'elles :

Lu lires

Bas-Can.-((la

ll.iut-Canada

Il était déjà facile de prévoir à cette époque que la population du Haut-Canada ne tarderait pas à égaler et à dépasser celle du Bas- Canada.

C'est effectivement ce qui avait lieu, neuf ou dix ans après la réunion des deux provinces canadiennes qui furent de nouveau régies par une même Constitution, en vertu de la loi du 23 juillet 1840, comme le prouvent les chiffres qui suivent :

Aiuipps

Bas-Canada

Haut-Canada

rOPlLATION

On remarque que le virement qui s'est effectué en faveur du Haut-Canada, s'est produit entre 1844 et 1852, vers l'année 1850 probablement.

Pendant les quinze dernières années qui se sont écoulées sous ce dernier régime gouvernemental qui prit fin avec une nouvelle Constitution, le 1" juillet 18C7, le Haut-Canada, presque exclusivement anglais et protestant, se prévalant de la supériorité du nombre, réclama avec instance la représentation législative basée sur la population, qui l'aurait mis à même de contrôler l'élément français et catholique en grande majorité dans l'autre province. De là, des débats très-passionnés au Parlement entre les représentants des deux origines, qui faisaient désirer, de part et d'autre, une séparation prochaine.

L'acte de Confédération de 18G7 vint mettre fin à toutes ces luttes. Aujourd'hui le Haut et le Bas-Canada, tout en étant unis, pour certaines fins, par les lois communes qui régissent les provinces britanniques de l'Amérique du Nord, sont indépendants l'un de l'autre pour tout ce qui se rattache aux questions d'administration locale.

En France, on connaît généralement peu l'Amérique, et le peu qu'on en sait se réduit

NOTKS Sril I.K CANADA

je:':

lo[)lussoiiventà quelques données plus ou moins exactes sur les Etats-Unis.

Pour les républicains, la grando république de l'Amérique du Nord est le pays où fleurissent, au souffle de la liberté la plus illimitée, les idées de leurs rêves; pour les croupiers do la petite banque, c'est un pays de cocagne où l'agio le moins contrôlé règne sans entraves; pour tout le monde enfin, c'est le lieu des fortunes rapides, et on parle avec admiration de l'accroissement prodigieux de sa population que l'émigration étrangère vient grossir tous les jours.

Quant au Canada, les souvenirs les plus précis de la plupart de ceux qui savent qu'il existe, se résument à quelques eff'rayantes histoires où des trappeurs, des sauvages et quelques féroces ours gris jouent des rôles plus ou moins fantastiques, sur une scène couverte de neiges éternelles.

Si, d'un côté, on s'exagère les progrès qui se manifestent aux États-Unis, on se montre injuste, de l'autre, en faisant fi de ceux qui s'opèrent dans la colonie voisine, dignes aussi, à tous égards, d'attirer notre attention et de réveiller nos sympathies.

Ce Canada, que l'on ne connaît guère et dont on ne parle plus, qui, en 1703, comptait tout

rori'LATION

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au plus une soixantaine de mille âmes sur son vaste territoire, s'est développé tout doucement sans avoir recours à la trompette do la publicité pour attirer l'émigration étrangère sur ses plages îiospitalières ; réduit presque à sa simple force d'expansion, il a vu sa population grossir dans les mêmes proportions que celle de son orgueilleuse voisine.

Afin do donner à la paradoxale prétention que nous venons d'émettre une plus grande apparence de crédibilité, nous l'appuierons par des chiffres d'autant plus inattaquables qu'ils émanent des statistiques officielles des deux pays.

Mais nous ne ferons entrer en ligne de compte, dans le parallèle que nous allons établir entre les États-Unis et le Canada pour prouver notre assertion, que les provinces de Québec et d'Ontario constituant, à elles seules, ce dernier pays, avant l'annexion du Nouveau- Brunswick, de la Nouvelle-Ecosse, du territoire du Nord-Ouest, de la Colombie anglaise et de l'île du Prince-Edouard, qui se sont unis à elles en vertu de la Constitution de 18G7 et forment maintenant ensemble la Confédération canadienne.

Des recensements ont lieu tous les dix ans, tant aux États-Unis qu'au Canada.

NOIKS SrU I,E CANADA

En remontant à l'année iSoO, nous constatons quo les chiffres de la population des deux pays étaient, respectivement:

Kliils-Unis Canada

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