LE CANADA SOUS LA DOMINATION ANGLAISE
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On a trop souvent flétri les débordements scan-
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"7 daleux du roi qui régnait alors sur la France, poux qu'il soit nécessaire de renchérir encore sur les actes d’une politique qui a amené tant de funestes
et irrémédiables résultats. Ce n'est pas le peuple | francais que l’on doit tenir responsable du honteux labandon de l1 plus fidèle de ses colonies, c’est à des ministres captés par des courtisanes vendues à l'Angleterre qu’il faut en demander compte. Quoi qu'il en soit, malgré les stipulations ex- “presses contenues dans la treizième clause du traité de Paris, par laquelle la France cédait à la Grande- Bretagne tous ses droits sur ses colonies de l’Améique du Nord, stipulations qui garantissaient l'exercice de leur religion et de leurs lois aux 265,000 colons d’origine française disséminés sur le
… vaste territoire abandonné, les représentants de s Ed
l'Angleterre traitèrent souvent leur nouvelle possession en pays conquis et ne tardèrent pas à profiter de tous les avantages que donne le droit de conquête.
Quoique le pays fûtcomplètement pacifié ettranquille, le Canada fut immédiatement soumis aux rigueurs du régime militaire, sans gouvernement | établi, sans lois régulières, de 1760 à 1763, sous | ( le commandement du général Amherst et sous
ni | celui des généraux Murray et Carleton, qui l’admi- | fl! nistrèrent de 1763 à 1774 Les lois francaises
il furent abolies et on y substitua celles alors en
{ll vigueur dans le royaume britannique.
| Ce gouvernement, par trop arbitraire, fut quel-
{ll que peu modifié et devint, en 1774, gouvernement
| | civil absolu, sous l’adininistration du gouverneur
|| | Carleton, en vertu de “l’Acte de Québec ?” qui assu-
! rait aux catholiques le libre exercice de leur reli-
1] gion, les dispensait du serment du test, * auquiL
| tous les habitants de la colovie étaient soumis, et rétablissait l'usage des lois civiles francaises. IL créait aussi un conseil législatif composé de dixsept membres au moins et de vingt-trois au plus.
* Le serment du Test, établi par une loi du parlement anglaisen 4 1673, obligeait tous les‘officiers de l'armée et les fonctionnaires à dé. ! clarer qu'ils ne croyaient pas à la transubstantiation. En 1678, on y M ajouta une nouvelle déclaration réprouvant le culte de la Vierge et Re des Saints. :h
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RÉSUMÉ IISTORIQUE 57
Sous le nouveau régime, Eu dalles récl:mérent inutilement l'exercice de la plupart des privilèges qui leur avaient été reconnus : ainsi, sur
… les vingt-trois conseillers législatifs qui furent
" nommés, un tiers seulement appartenait à la na-
» tionalité canadienne-francaise, «Par contre, tous les moyens furent tenté; par À les représentants de la Grande-Bretagne pour subs- » tituer la religion, les lois et les coutumes angluiscs
4 aux traditions léguées par la France aux habitants
ni
} du pays.
Mais les chefs du parti français, au Canada,
"0 résistérent toujours énergiquement, soit aux pré- 0 tentions tyranniques de leurs nouveaux maîtres, soit aux fallacieuses promesses qui leur étaient
: faites par les émissaires du gouvernement métropolitain, comme prix de labandon de la cause patriotique w’ils avaient entrepris de soutenir. Au plus fort de cette lutte morale de la vitalité nationale francaise contre l'esprit absorbant de la
“race anglo-saxonne, les anciennes possessions bri-
tanniques de l'Amérique du Nord se préparaient
à secouer un joug qui commencait à leur paraître
trop lourd.
Le gouvernement anglais ayant paru oublier “que la Nouvelle-Angleterre tait peuplée d’hommes qui avaient été chercher, dans les forêts du Nou-
veau-Monde, des libertés qui leur semblaient insuflisantes dans la mére-patrie, avait, en voulant restreindre subitement certaines immunités commerciales dont elle avait joui jusqu'alors, porté une grave atteinte à la prospérité naissante de la colonie,
Le + juillet 1776, la Nouvelle-Angleterre levait ouvertement l’étendard de la révolte, et Washington, à la tête d’une armée improvisée, au premier ang de laquelle vinrent bientôt se ranger Lafayette et Rochambeau, proclamait l'indépendance de ses compatriotes; il jetait dès lors les bases de la grande nation qui, en moins de cent ans, est deve. nue, à certains points de vue, l’égale des premières puissances européennes et la rivale commerciale de son ancienne métropole.
Le moment Ctait tout-à-fait propice ; cependant en dépit de toutes les vexations qu'ils avaient eu à subir, malgré les appels réitérés que leur firent ieurs voisins révoltés pour les amener à prendre part au mouvement d’émancipation dont Je chances de succès s’affermissaient tous les jour davantage, les Canadiens-Francçais restèrent fidèle: à la Couronne britannique et à la foi du traité pa
lequel ils étaient devenus ses tributaires. On leu vit non seulement refuser la liberté qui leur étai
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repousser de leur territoire les troupes rebelles qui l'avaient envahi. Québec, assiégé rendant ) près de cinq mois par les armées des généraux + américains Montgomery et Arnold, repoussait un » assaut vigoureux qui fut tenté dans la nuit du 30 “au 31 décembre 1775, pendant lequel le premier “des deux chefs fut tué et l'autre grièvement blessé, 1 Voyons comment les représentants de l’Angle- “terre, au Canada, à cette époque, récompensèrent “tant de loyauté et d'abnégation.
| La terre n'avait pas encore bu tout le sang des
Constitution anglaise, que déjà le Conseil Lrgis-
us les habitants au service militaire, pendant un temps indéfini et imposaient au peuple les corvées “les plus lourdes, telles que, par exemple, l’obliga-
armée.
meur Carleton et administra le Canada de 1778 à. 2786, se fit remarquer par une sévérité excessive “qui le rendit odieux à tous les Canadiens-Fran-
| Quand le gouvernement britannique eut reconu, par le-traité du 3 septembre 1783, l’indépen-
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dance de ses anciennes colonies et fut débarrassé des difficultés sérieuses que lui avait suscitées la guerre qu'il venait de soutenir contre la nouvelle république, lord Dorchester, qui avait suecédé, en 1786, au général Haldimand, songea à reprendre plus aetivement que jamais l'œuvre d'anglification qu'il avait entreprise. Il sut exploiter habilement les préjugés de 4 population anglaise, tout fraîchement renforcée par arrivée d’un assez grand nombre d'anciens colons de là Nouvelle- Augleterre, qui, ayant pris fait et cause pour le gouvernement métropolitain pendant Ja guerre l'émancipation, avaient préféré venir vivre a Canada à l'abri des institutions britanniques.
Un instant assoupie, lannnosité sourde qui réunait depuis longtemps déjà et subsistait à l'état latent entre les représentants des deux races, se réveilla tout-à-coup ; on ne tarda pas à constater dans la colonie les malheureux effets de ces rivalités nationales.
Malgré son infime minorité, le parti anglais, se sentant fortement appuyé par le gouverneur, ne recula plus devant aucune prétention.
Mais ce projet d’annihilation de la race française, qui fut l’idée persistante de lord Dorchester et de plusieurs de ses successeurs, vint toujours échouer contre l'attitude ferme et patriotique de
Lébarrasse scitées la nouvelle ecédé, en reprendre l'anglificaoiter han anglaise, d'un assez Nouvellcse pour le Ja guerre vivre aù iques.
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“ceux qui, à différentes époques, s’en sont constitués les défenseurs et les gardiens.
Voyant qu'il n’y avait rien à espérer du système de rigueur mis en pratique par lord Dorchester, et ccmprenant qu'il serait dangereux désormais, en raison du voisinage des Etats-Unis, de pousser les Canadiens-Fsincais aux dernières limites de
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exaspération, le gouvernement anglais espéra en
arriver plus aisément à ses fins, en employant d'autres movens.
| Sous prétexte de mettre un terme à l'esprit antagonisie qui existait entre les habitants des eux orisines, le Parlement métropoitain, pendant dB session de 1791, divisa la colonie en deux pro- Minces : le Haut et le Bus-Canada ; il accorda aux Anchiis une prépondérance réelle dans la premières ne laissa qu'une suprématie factice aux Canajens-Francais dans la seconde. La nouvelle condution accordait au Bas-Canada un Conseil Wwisaitif composé de quinze membres nommés à We par la Couronne, et une assembite législative d cinquante députés élus par le peuple.
la Chambre haute, reerutée naturellement parmi les créatures du gouvernement, était investie du privilège de rejeter toute loi de la législature lctive qui n'entrerait pas dans ses ynes.
Le Canada, qui n'avait guère que soixante-cinq
mille âmes, lors de la cession à l'Angleterre, n’en comptait alors pas moins de cent trente-cinq mille, dont quinze mille à peine étaient d’origine anulaise, Sur cette population déjà considérable, le Haut-Canada, habité exclusivement par des représentants de la race anglo-saxonne, n'avait que dix mille habitants toutau plus.
Malgré l'énorme disproportion mumérique qui existait entre les deux nationalités, le bureau colonial n’en nomma pas moins, pour le Bas-Canada, neuf conseillers législatifs anglais, contre six seulement d’origine française.
D'un autre côté, le parti anglais réussit à occuper seize sièges dans la nouvelle assemblée législative, à la suite d'élections générales qui eurent lieu dans le cours du mois de juin 1792. Attribuant ce succès inespéré à la faiblesse ou à la crainte, les membres de la minorité poussèrent la prétention jusqu’à vouloir asseoir un des leurs dans le fauteuil présidentiel de la nouvelle Chambre. Mais la majorité des députés élus par le suffrage populaire était décidée à ne s’en laisser imposer par aucume considération et à se prévaloir de tous les avantages que lui assurait le droi constitutionnel.
En dépit de toutes les influences qui furent mises en jeu pour faire échouer son élection
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… Battue sur ce point, de l'appui qu'elle attendait du bureau colonial,
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