‹ Notes sur le Canada [microforme]Chapitre 11 sur 69 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

M. Popet: un des hommes Fu side titan s du parti canadien-francais de cette époque, eut l'hon-

neur d’être appelé, le 17 décembre 1792, à la pré-

la majorité anglaise, forte

“demanda que lusage de la langue francaise fût aboli dans lenceinte législative ; cette fois encore à majorité ne permit point que l’on portât atteinte une de ses prérogatives les plus importantes, dont l'intécrité se trouvait garantie par le traité Le général Prescott succéda à lord Dorchester Esprit inquiet et craintif, il réprimait es moindres fautes par les peines les plus sévères, on rappel, quieut lieu en 1799, fut accueilli avec atisfaction de toute la partie francaise de la polation.

: Malgré les échees que leur attiraient sans cesse

bitraire et l'injustice de leurs prétentions, les

ment tous les jours de nouelles. Ainsi, en 1800, sous l'administration du gouverneur Milnes, suc- Sesseur du général Preseott, le gouvernement ctaissait une loi d'éducation qui avait pour eftet de ttre l'instruction publique sous le contrôle ex-

clusif des protestants. Les Canadiens-Francais repoussèrent unanimement le nouveau système scolaire et laiseèrent les écoles désertes.

La même année, les propriétés des Jésuites dont l’existence légale n’était pas garantie par le traités, furent confisquées au profit de la Couronne.

Un journal anglais de Québec déelarait, ver cette époque, que }: Bas-Canada avait déjà tro tardé à devenir anglais, et que le temps ctait veni où tous les moyens devaient être employés porn obtenir l'anglification complète de cette province Les Canadiens, afin de pouvoir se défendr contre les attaques incessantes de cette feuilk. décidèrent de fonder un organe qui rep:

sentât et soutint les intérêts de là nationalit francaise. Le Canadien, fondé par les plus vigor. reux et les plus patriotiques champions des int rêts nationaux de la race canadienne-francais parut pour la première fois en novembre 1806, Québec, où il se publie encore actuellement.

Le journal, rédigé par ceux-là mêmes qui con battaient énergiquement à l’Assemblée Législati pour le maintien des institutions, de la langue:

des lois canadiennes-francaises, devint entre leu mains un instrument redoutable, toujours prêt po! la défense des libertés menacées de la national M française au Canada. L.

msn rentes

ens-Francaïs À la suite d’une session des plus orageuses, le ouverneur Craig, qui avait pris en 1807 l’admi- Mistration des affaires, cassa le Parlement et, quel-

eau systeme es.

des Jésuites ques jours après, fit saisir les presses du Canadien rantie par le Met emprisonner, le 17 mars 1810, MM. Bédard, la Couronne Papineau, Taschereau ct plusieurs autres des prinléclarait, VE MGipaux chefs du parti francais. Non content sait déjà trop Parvoir accompli ces actes de rigueur, il envoya à nps était Ven mployés pot cette prove se défendr cette feuill e qui repré MRadninistration, de confisquer les biens des Sulpila national Mglens de Montréal,

les plus viuote

“Boudres son secrétaire, M. Kyland, porteur d’une

dote où il conseillait au gouvernement métropoli-

in de prendre des mesures promptes et énergi-

ues pour cnglifier et protestuntiser le pays : il

proposait aussi, pour faire face aux dépenses de

Heureusement, le cabinet de Saint-James ne pt pas compte des objurgatiors de ce gouverneur, hi fut rappelé en 1811.

Ir George Provost, son successeur, mit un e à cette administration despotique et capr'se, qui avait fait donner au passage de sir nes Craig au pouvoir la qualification ironique A6 Règne de lu terreur.

Dir George Provost, aussi doux, affable et conant que son prédécesseur était arrogant, brutal ssant, s’occupa, dès son entrée au pouvoir, de ler les difficultés provoquées par l’absolutisme

jons des me

ienne-francas embre 1806, ellement.

mes qui Col blée Législati de La langue vint entre let pujours prêt po e la pational

de l'administration précédente, et d’étouffer, au moyen d'une direction adroite et prudente, les mécontentements qui régraient partout. Aussi, amais gouverneur fut-il plus sympathique à la nationalité francaise.

Ce fut sous son administration, au mois de juin 1812, que la guerre éclata entre l’Angleterre ct les Etats-Unis, dont les armées envahirent, encore une fois, le territoire canadien

Comme en 1775, les volontaires canadiensfrançais, enrégimentés à la hâte, firent bravement et loyalement leur devoir.

C’est pendant cette guerre, qui dura-trois ans ct se termina, le 24 décembre 1814, par le traité de

Gand, que le colonel de Salaberry, dont le nom est M

resté lécendaire dans le pays, défit à Chateauguay le 36 octobre 1813, avec un détazhement de trois

cents recrues, un corps de l'armée américaine # commandé par le général Hampton, composé de

sept mille hommes environ.

Sous les gouverneurs Drummond, (de 1815 à 1816), Sherbrooke (de 1816 à 1818) Richmoni (de 1818 à 1819) et Maitland (de 1819 à 1820, qui administrèrent successivement le Canada apré: le départ du regretté sir George Provost, qui eu lieu en 1815, les luttes de race et de religion n commencèrent avec plus d'acharnement que jamais

ffer, au nte, les Auss!,

ique à

Cette période très agitée au point de vue politique, national et religieux fut peu fertile en évènements dignes d’être mentionnés. Les seuls faite de quelque importance qui méritent d'être notés sont: la reconnaissance officielle de Mgr Plessis, comme évêque de Québec, et sa nomination comme membre du Conseil Législatif de la province, sous l'administration de lord Sherbrooke,

4 de jum eterre et

it, GNCOTC M à atio “Ù qui espérait sans doute s’attirer par ce moyen les amadiens- "4 bonnes grâces du clergé catholique.

Dans ces jours de luttes, MM. Cuvillier, Quesnel,

Viger, Neiïlson et Louis Joseph Papineau, qui venait d’être élu, à l’âge de vingt-six ans seulement, président de l’Assemblée Législative, sou- | tenaient les droits de leurs compatriotes avec la ! même ardeur et le même patriotisme que leurs jduvanciers. Le parti anglais, loin de céder aucun de ses avantages, cherchait, au contraire, à empiéter constamment sur les rares privilèges, à peu près illusoires, que ses adversaires paraissaient posséder encore.

Cependant, l'agitation des Chambres, les sourds Mmurmures de mécontentement qui se faisaient ntendre parmi les populations des villes et des ampagnes, laissaient voir que les Canadiens- Français commençaient à trouver trop lourd le.

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rois ans ct tra té de

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ateauguay, ht de trois américaine omposé de

de 1815 Richmoni 9 à 1820:

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joug sous lequel ils s'étaient courbés jusqu'alors. Une crise sérieuse était imminente. j Lord Dalhousie avait été élevé, en juin 1820, M au poste de gouverneur-général de toutes les co- "M | lonies de l'Amérique du Nord. Voyant que les moyens sugoérés par le bureau colonial aux représentants de l’Angleterre, pour réduire le parti canadien-francais, échoueraient toujours devant la ferme attitude des chefs appuyés sur la constitution alors en vigueur, il conseilla au cabinet de Saint-James de modifier cette constitution.

Accédant aux vues du gouver eur-général, le cabinet métropolitain décida de présenter un bill spécial à la Chambre des Communes pendant la session de 1822 ; ce projet de loi devait avoir pour effet de casser la Constitution de 1791, qui séparait le Bas et le Haut-Canada, et de réunir | encore une fois ces deux provinces sous une fl même administration.

| Cette loi devait donner au Haut-Csnada une représentation relativement beaucoup plus con … sidérable que celle accordée au Bas-Canada. Elle À | | conférait aux membres d’un conseil législatif nom 4 | | més par la Couronne le droit de prendre part aux il débats de l’Assemblée Législative. Elle abolis-..# | | sait l'usage légal de la langue française; enfin. | |

elle restreignait considérablement les libertés reli.#

ee

asqu’alors.

vieuses et les privilèges concédés à l’Egliseæatho-

juin 1820, ites les coint que les jial aux reire le parti ur devant r la consti- 1 cabinet de ion.

eur-général, résenter un munes pende loi devait

lon de 1791, ” , . . . , CR | À la vue d'une manifestation aussi générale, et de réunir

“Musicurs des membres les plus influents de la s SOUS UE M Æhambre des Communes, en Anglet-rre, frappés à la justice de ces réclamations, prirent en main cause des opynimés. Il en résulta qu’à la

L'adoption de ce bill eût réduit les Canadiensrançais à l'état d’asservissement auquel était oumise alors la population de l'Irlande.

La nouvelle de l'introduction de ce projet de onstitution, dans le Parlement britannique, pro- Muisit une sensation profonde au Canada, Des uppliques furent adressées de toutes les parties “Au pays pour protester contre l'iniquité de eette “esure, ct MM. Papineau et Neilson furent déléfués à Londres pour y porter les justes représenations de la population canadienne, appuyées par es pétitions couvertes de plus de soixante mille gnatures.

-Csnada une

p plus con- ite d’une séance des plus orageuses, le gouveranada. Elle ment se vit dans l'obligation de retirer sa igislatif nom- tion, rejetée par la majorité de l’Assemblée à dre part aux à seconde lecture.

Elle abolisçaise ; enfin,

À Malgré l'échec humiliant que le Parlement libertés rel 5 :

lais venait de lui faire subir, lord Dalhousie se considéra cependant pas comme vaincu.

Battu sur le terrain politique, il tenta d’en arriver à ses fins en luttant sur le terrain religieux.

Peu de temps après sa déconvente, il soumettait au bureau colonial un nouveau mémoire dans lequel il invitait les ministres à revendiquer, pour la Couronne, l'exercice d’un patronage ecelésiastique qui lui permit de nommer les curés catholiques, selon sou bon plaisir. Cette nouvelle tentative échoua complètement.

D: retour d'Angleterre, où il avais été passer quelques mois dans l'intention d’influencer les membres de la Chambre ‘des Communes hostiles À la ligne de conduite qu'il avait jusqu'alors suivie, lord Dalhousie convoquait les Chambres canadiennes dans le courant de janvier 1826, Mais l’Assemblée Législative ayant, encore une fois. refusé de voter les subsides au gré du gouvernement, le Parlement fut cassé le lendemain de son ouverture. Cet acte arbitraire nécessitait des élections générales dans lesquelles le parti canadien-français remporta une victoire éclatante.

Le jour de la réunion des nouvelles Chambres, en 1827, M. Papineau ayant été élu président de l’Assemblée Législative, le gouverneur refusa de

EE Co SU

ratifier sa nomination, et le soir même, le park."

ment fut de nouveau dissout.

Des murmures menacants s’élevèrent de tou

en ATIVEE 7 les points de la province à la nouvelle de cet abus

UX. “0 d'autorité, Chacun comprenait que le bureau il soumet-

» colonial, contrecarré dans ses desseins par le vote | mémoire

de la Chambre des Communes, cherchait des pré-

vendiqQuer, 7 textes pour en revenir à son projet d'union. is + A Q ronage €C- = De nouvelles requêtes exposant les griefs de

er les CUTÉS M2 la population francaise et couvertes de plus de Cette nou- 7 quatre-vingt mille noms, furent adressées directement au roi d'Angleterre ; MM. Neiïlson, Viger et

été passer MOCuvillier se chargèrent d'aller les déposer aux fluencer les 4 pieds du trône.

nes hostiles "5 Sur ces entrefaites et afin de faciliter probablejusqu'alors k nent le rétablissement de la concorde, lord Dal-

8 Chambres housie fut transféré au gouvernement des Indes nvier 1320. MVét remplacé, comme gouverneur du Canaca, par encore une ir James Kempt qui n'y resta que deux ans et ut pour successeur lord Aylmer, en 1830.

Quoique les vues de ces deux derniers gouver- “meurs fussent relativement modérées et plus ac- “Æptables, les Canadiens surexcités par les injusces auxquelles ils avaient été en butte an‘éeurement, ne voulurent faire aucune concession, tenir compte de celles qu’on était disposé à leur ire, les regardant comme insuffisantes.

Au milieu de ces débats entre la colonie et les landataires de la métropole, survint un évèneent regrettable dont l'effet fut de rendre nuls,

gré du gouendemain de écessitait des e parti Cunaelatante.

es Chambres, élu président neur refusa de ôme, le parle

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désormais, les efforts de conciliation tentés par des hommes modérés des deux partis, qui, prévoyant les résultats funestes de ces luttes intestines, tentaient de calmer les esprits. Le 21 mai 1831, pendant une élection très chaudement con. testée, à Montréal, entre deux candidats appartenant à chacun des partis alors en lutte, lestroupes, appelées sous prétexte de maintenir l’ordre, ti. rèrent sur le peuple, tuérent deux hommes et en blessèrent grièvement plusieurs autres, Que ce fût par l'effet du hasard ou de la préméditation toutes les victimes de ce sanglant épisode se trou. vèrent appartenir au parti canadien-françcais.

Au milieu de toutes ee3 luttes, le choléra éclata pour la première fois, au Canada, et fit des ra vages terribles dans les villes et les campagnes particulièrement pendant les étés de 1832 et 1834 On estime qu’à Québec seul, en 1832, plus de trois mille personnes devinrent la proie dù fléau.

Voyant que l’exeitation du peuple atteignait aux dernières limites qui le séparaïent de la rt. volte, les chefs du parti canadien, qui avaient toujours espéré vaincre le mauvais vouloir de membres du bureau colonial par des moyen:

constitutionnels, résolurert de tenter un dernit##

effort dans ce sens. À cet effet, l’Assemblée Légis-Wi lative, pendant la session de 1833-34, rédigea urM

tentés par qui, préluttes intes- Le 21 mui lement conats appartelestroupes, r l'ordre, tionunes et en res, Que ce réméditation soude se troufrancais.

holéra éclata, et fit des ra ls campagnes 832 et 1834 832, plus voie àù fléau.

ple atteignai ent de la rt.

qui avaieli

is vouloir d& moyen er un dernii semblée Leégis

des

94, rédigea

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manifeste dans lequel elle exposait, en quatreingt-douze paragraphes, tous les griefs de la olonie contre la métropole.

Canada, sous le nom des Quatre-vingt-douze réso-

Dans ce document connu, dans l’histoire du

“lutions, les membres de la majorité se plaignaient

“Amérement, surtout de la manière dont le gouver- Meur lord Aylmer interprètait la Constitution.

A à suite de cet acte agressif de l’Assemblée contre fon administration, le gouverneur-général pro: ppea immédiatement les Chambres ; il prétendait “au'en ayant appelé directement au gouvernement “hitropolitain, le pays n'avait plus qu'à se sou- “Mettre et à atteadre la décision émanant de l'au- Hrité souveraine.

La réponse à la requête que l’Assemblée Légis- “tive du Bas-Canada avait soumise au cabinet 1 Mitannique n’arrivait pas.

h. D'un autre côté, les rumeurs qui traversaient l tlantique devenaient de plus en plus inquiélantes.

L'état de malaise qui se faisait sentir depuis oBgtemps, s'accentuait tous les jours davantage. Ün assez grand nombre d'habitants d’origine brinique entraient dans le mouvement réformiste grossissaient le groupe des mécontents. Pent que dans le Parlement anglais la cause cana-

em —

dienne était habilement défendue par MM. Hume et O’Connell, les populations des Cantons de l'Est, parmi lesquelles on comptait un nombre assez M considérable d’Anglais et d’Américains réfugiés des Etats-Unis, approuvaient Ja manière d’auir de l’Assemblée Législative dans des meetings où le œcnvernement colonial était violemment at. taaué. Bientôt, presque tous les comtés et les paroisses prirent part à ces démonstrations publi. ms ques qui avaient pour effet d'encourager les dé. putés dans la ligne de conduite qu’ils avaient ddoptée. Enfin, des pétitions couvertes de millier de signatures et appuyant les demandes formulées dans les quatre-vingt louze résolutions, étaient expédiés à Londres de toutes les parties du pays Mais tout devait échouer, encore une fois contre les mauvaises dispositions du Bureau colonial, à qui le Parlement anglais avait déféré h charge d'examiner la nature des griefs et des plaintes exprimés par les requêtes de l’Assemblée et du peuple canadien. 4 Pendant les élections de 1835, on eut à regret. ter, dans l’un et l’autre camp, de nombreux acte: de violence et de désordre ; les anciennes luttes reprirent avec plus d’acharnement que jamais, dès l'ouverture du Parlement convoqué quelques se maines après.

MM. Hume ons de l'Est, »mbre assez

} M. Papineau et plusieurs des membres les plus influents du parti national, parcouraient les villes et les campagnes canadiennes, pour protester devant le peuple contre des actes arbitraires qui devenaient de jour en jour plus fréquents, de ia part du gouvernement.

L'autorité religieuse crut devoir mettre un frein à l'effervescence qui se manifestait de toutes parts, et Myr Lartigue, évêque de Montréal, lança un ÿ Amandement dans lequel il conseillait à ses diocé-

ins réfugiés nière d'agir meetings où emment at.

omtés et les tions publiager les dé w'ils avaient :s de milliers les formulées ions, étaient ties du pays re une fois Bureau coloait déféré h

sains là soumission au pouvoir établi. Mais loin de profiter du temps d'arrêt qui se produisit à la “suite de cette lettre pastorale, le gouvernement, à la tête duquel lord Gosford se trouvait depuis 1835, sembla prendre à tâche de créer de nouveaux sujets “ue ressentiment, Il destitua les magistrats et les officiers de milice d’origine canadienne-francaise ; il MBrina ostensiblement ceux qui étaient reconnus riefs et de "Bomme les partisans avoués de la Constitution s Assemblée 4 ritannique, et fit occuper les villes par des sol- Mats anglais venus, dans ce but, du Noûüveau- Brunswick.

> Ce fut alors que, malgré l'opposition des chefs, But lieu, à Montréal, le 7 novembre 1837, entre les : fils de la liberté ” et les “ constitutionnels,” une chauffourée qui fut le prélude de la révolte conue sous le nom de Rébellion de 1837. Plusieurs

eut à regret:

nbreux acte:

iennes luttes e jamais, dès quelques st-

milliers de canadiens-francais, exaspérés par les vexations continuelles qu'eux et leurs pères avaient eu à subir depuis plus de soixante-quinze ans, sans chefs, sans armes, sans munitions, sans or. ganisation d'aucune sorte, luttèrent héroïquement contre des troupes régulières dix fois supérieures en nombre.

Ces héros improvisés, qui n'avaient à opposer à

l'artillerie des régiments anglais que des faulx, des M

fourches, quelques vieux fusils de chasse et un canon de bois,* vainqueurs une première fois dans

les plaines de Saint-Denis, le 22 novembre 18374

furent bientôt battus à Saini-Charles, le 25 du même mois, et complètement défaits quelques jour plus tard à Saint-Eustache.

Un commencement d’insurrection, qui se di.

clara vers la même époque dans le Haut-Canati n'eut pas plus de succès.

Partout, les troupes anglaises restèrent mai tresses du champ de bataille.

La rébellion était vaincue.

Cette révolte prématurée n'était pas de natur »

à ramener vers les Canadiens-Francais les syn pathies de l'Angleterre. Le résultat immédiat à cette échauffourée sans issue possible, où tant {

* Ce canon était-en chône-et cerclé de fer,

PT EE smnisanssmieR rés par les inobles et sincères patriotes payèrent de leur vie res avaient Lou de leur liberté des convictions politiques trop

quinze ans lardentes peut-être, fui de permettre au gouverne-

ns, Sans Of à : : ! :

… cernement que jamais le droit de répression dont

il s'était servi jusque là.

Le 17 janvier 1838, lord John Russell faisait adopter par le Parlement anglais un bill demandant la suspension de la constitution canadienne. Quelques semaines après, lord Durham, nommé gouverneur-cénéral du Canada, débarquait à Quéec, le 27 mai; il avait été chargé de mettre à écution le projet d'union du Haut et du Basanada, depuis longtemps nourri per le gouverement britannique. Homme d’État habile, le uveau fonctionnaire anglais inaugura son admistration en accordant une amnistie générale aux sonniers politiques accusés d’avoir pris part à révolte de l’année précédente. T1 n’en excepta je vingt-quatre qui furent exilés aux îles Ber- Mudes ; puis, il visita le Haut-Canada, où il fit pas de natur # pueillir favorablement son plan d'union des leais les syn MX provinces, Mais, ayant appris que sa pro- ; mation d'amnistie avait été désavouée par le

at immédiat te r le, où tant ER net de Saint-James, il donna sa démission et ble, %

roiquement supérieures

à opposer à Les faulx, des hasse et un ière fois dan vembre 1831 les, le 25 du quelques Jour

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Colborne, qui la garda, en qualité d’administra.teur, jusqu’à l’arrivée de lord ÿdenham, qui eut lieu l’année suivante.

Après le départ de lord Durham, de nouveaux soulèvements s’organisérent simultanément dans le Haut et le Bas-Canada. Mais, comme la première fois, ils furent promptement réprimés par sir John Colborne; celui-ci, pour effrayer les populations révoltées, saccagea et brûla tout sur son passage, ne laissant après Iui que des monceaux de ruines et de cendres ; il traduisit ensuite les prisonniers devant une eour martiale, qui en condamna 89 à mort et 47 à la déportation; l’une et l'autre peine entraînaient après elles la confiscation de tous les biens des condamnés. Vers la mème époque, le parlement angiais s'appuyant sur un rapport célèbre élaboré par lord Durham, vota une résolution consacrant l’union des deux provinces du Canada, malgré les protestations nouvelles de toute la population bas-canadienne ainsi que des membres de l’épiscopat et du clergé catholique.

Cette loi qui recut la sanction royale, le 25 juillet 1840, décrétait, entre autres choses : que dès lors, l'anglais serait seul reconnu comme langue légale et parlementaire ; |

Qu'il y aurait un conseil législatif d’au moins

nistraui eut

veaux dans a preés par er les ut sur ÿ MON- ‘nsuite qui en l'une confis- ’ers la puyant rham,

deux

vingt membres nommés à vie et une assemblée législative eumposée de quatre-vingt-quatre députes ;

Qu'il faudrait une majorité f1rmée de deux tiers de la législatrre pour changer les divisions électorales et les chiffres de la représentation ;

(Que les parlements dureraient quatre ans,

Des lors, jusqu’en 1867, époque depuis laquelle les deux provinces canadiennes font partie de la Confédération britannique de l'Amérique du Nord, le Haut et le Bas-Canada ont été administrés en vertu de “Acte d'Union de 1840,”

ientôt, le gouvernement métropolitain ayant iniuguré une politique coloniale plus large et plus libérale, dont un des effets fut de rendre aux Canadienis-Francais l'exercice Iégal de leur langue maternelle, les dissensions intestines s’apaisèrent peu à peu et finirent par disparaître complètement,

Depuis longtemps, les rivalités de race qui ont entravé le développement de la colonie pendant

plus de soixante-quinze ans n'existent plus, et un parfait accord règue entre les représentants des deux origines.

Aujourd’hui, les Canadiens-Francais jouissent, sans contrainte, du libre exercice de tous les privilèges que leur avait reconnus le traité de Paris,

DE 2 me

et nous pouvons ajouter, sans crainte d’être taxé d’exagération, qu'aucun peuple au monde ne possède de plus grandes libertés politiques et religieuses. |

bi

re taxé de ne et reli-

RACES FUROPÉENNES

En 1653, cinquante ans après l’arrivée des premiers colons français en Amérique, la population totale du Canada n’était encore que de 2,500 habitants d’origine européenne.

Le premier recensement régulier, qui eut lieu en 1665, établit qu'il y avait seulement alors sur toute l'étendue du territoire francais dans l’Amérique du Nord, 538 familles représentant 3,215 habitants. |

A partir de cette date, nous nous contenterons de relever les chiffres de la population établis par différents dénombrements, jusqu’au jour de la cession de la Nouvelle-France à l'Angleterre.

Ainsi, nous VOyOns :

Années, Habitante.

On ne comptait encore, en 1754, que 55,000 habi. tants d’origine francaise,plus environ 60,000 Indiens

Quand eut lieu la cession du Canada à l’Angleterre, en 1765, on estimait la population | blanche à 65,000 âmes.

Le premier recensement fait par ordre du gouvernement anglais, en 1765, porte à 84,510 le nombre des habitants; Québec en avait 8,967 pour sa part, et Montréal 5,733. En 1775, la po.

pulation était déjà de 90,000 âmes. Cette progres. 1e

sion subite provient, sans aucun doute, de l’émi- f gration anglaise qui se dirigea, immédiatement après la cession, vers la nouvelle colonie britannique. Il est supposable aussi que les soldats faisant partie de l’armée d'occupation furent compris dans ce dénombrement.

Les divers recensements qui se succédèrent jusqu’à 1881, montrent une augmentation graduelle rapide de la population, comme le fait voir le tableau qui suit :

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Noun |

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)0 Indiens opulation e du 84,910 le e pro

de l’émiliatement ent comcédèrent

La population de la partie occidentale du Ca. nada commence à prendre, vers 1790, une extension rapide, alimentée par les réfugiés dits loyulists, qui, s'étant prononcés pour la métropole pendant la guerre de l'indépendance américaine, avaient cru prudent de quitter le territoiré de la nouvelle république après la retraite des troupes anglaises, et par un courant assez considérable d'émigrants anglais attirés par la grande fertilité de ces contrées. Vers cette époque, on évaluait déjà à 15,000, au moins, le nombre des colons de nationalité britannique, établis, pour la plupart, aux alentours du lac Ontario.

C’est aussi entre 1784 et 1790 que la population de Montréal dépasse celle de Québec. Ia première de ces deux villes comptait alors 18,000 habitants, tandis qu'il n’y en avait que 14,000 à peine dans la seconde.

En 1791, le Canada fut divisé en deux provinees; la partie occidentale prenant le nom de Haut-Canada, et la partie est, celui de Bas-Cunada. Dès lors, la population du Haut-Canada relativement peu considérable encore, augmenta beaucoup plus rapidement que celle de sa province sœur, Par la comparaison, il est aisé d'établir, en mettant en regard les relevés faits

, du Cae extents loyuétropole éricaine, iré de la troupes idérable fertilité évaluait olons de plupart,

pulation La pre-

ux pronom de Bas-Ca-

Canada,

dans les de1x provinces aux mêmes époques, la progression qui s’est opérée dans chacune d’elles :

Aunées Has-Canada Haut-Canada

1814. du 335,000 95,000

Il était déjà facile de prévoir, lors -de ce dernier recensement, que la population du Haut-Canada ne tarderait pas à égaler et à dépasser celle du Bas-Canada.

C'est effectivement ce qui avait lieu, neuf ou dix ans après la réunion des deux provinces cana-

diennes, qui furent de nouveau régies par une même constitution, en vertu de la loi du 23 juillet 1840, comme le prouvent les chiffres qui suivent :

Années Bas-Canada.

Haut-Canada

DR à 5 + + 597,084 500,000 1988. , , . , . . 099,211 952,000 1861. . . . . . . 1,111,560 1,396,900 On remarque que le virement qui s’est effectué

en faveur du Haut-Canada, s’est produit entre

1844 et 1852, vers l’année 1850 probablement. Pendant les quinze dernières années qui se

sont écoulées sous ce dernier régime gouverne-

mental, qui prit fin avec une nouvelle constitntion, le 1er juillet 1867, le Haut-Canada, presque

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