‹ Notes sur le Conseil d'Assiniboia et des terres de Rupert [microforme]Chapitre 2 sur 6 · LA SOCIÉTÉ ROYALE DU CANADA · texte numérisé non relu

LA SOCIÉTÉ ROYALE DU CANADA

vec eux à Pembina dans le voisinage des troupeaux de bison, et partagèrent généreusement avec eux le produit de leurs chasses, Ces braves gens s'attachèrent pour to.,jours aux métis, et tant que dura le règne patriarcal du conseil d'Assiniboia l'entente la plus cordiale ne cessa d'exister entre eux Lorsque, en 1870, le gouverneur Ar hibald arriva à la rivière Rouge, il se mit en frais de rec ueillir les documents relatifs au régime antérieur. L'honorable M. Girard, à sa demande, prépara un som maire des lois et ordonnances adoptées par le conseil d'Assiniboia et qui étaient encore en vigueur. Elles furent publiées plus tard dans les statuts refondus de 1880 et comprennent vingt-huit pages. Les minutes du Conseil depuis le 5 mai, 1861, jusqu'au 25 octobre, 1869, avaient été conservées par le gouvernement provincial. On peut les consulter en s'adressant au bibliothécaire de la province. Toutefois, le registre de ce conseil datait du 4 mai, 1832, et les cahiers antérieurs à 1861 semblaient être disparus. Naturellement, les conjectures ne firent pas défaut. Quelqu'un suggéra que Riel avait dû les détruire. 1 La légende montée de toute pièce fit fortune. Et voilà que ces précieux registres, enfouis dans un département à Ottawa x iennent d'être publiés. Je ne me propose pas de faire ici une analyse de ces documents; je me contenterai simplement d'une vue d'ensemble, synthétique, avec quelques notes qui touchent à des questions d'actualité. La compagnie de la baie d'Hudson arriva à la rivière Rouge vers le même temps que les colons de Selkirk. Cantonnée sur les plages de la baie d'Hudson jusqu'en 1772, elle attendait tranquillement la flottille indienne qui venait à ses comptoirs, déposer les pelleteries de l'intérieur du continent. Elle apprit un jour qu'un traiteur (Joseph Frobisher) avait intercepté sur la rivière Saskatchewan les canots en route pour la baie. Ce fut un triste réveil pour la compagnie, qui comprit qu'il ne lui restait plus qu'à pénétrer dans l'intérieur du pays ou à se voir abandonnée sur les côtes de la baie. En 1774, elle envoya Hearn fonder un poste au lac Cumberland, tout près de celui que Frobisher avait établi en 1772. Ce fut la première tentative de la compagnie dans l'intérieur du continent. Dès 1815, elle construisit le fort Douglas, qui ne fut jamais terminé. La compagnie du Nord-Ouest, qui avait | déjà un poste à la rivière Rouge, se trouva ainsi en face de sa rivale, et les hostilités ne tardèrent pas à éclater. De 1812 à 1821, le conseil d'Assiniboia ne donna pas souvent signe de vie. Le gouverneur de la colonie, Miles MacDonnell, dans les conditions difficiles où il se trou- | vait, d'ailleurs peu préparé à une situation aussi complexe, ne réunis- | sait ses conseillers qu'à des dates intermittentes. Ce gouverneur était | catholique et appartenait à une famille de royalistes. Selkirk l'avait |

RE ie RÉ ES

leur D'HOMME | LE CONSEIL D ASSINIBONA 141

choisi comme son représentant et la compagnie de la Baie d Hudson comme son gouverneur. Il arriva à la rivière Rouge au moi l'août 1812. On ne saurait douter de la droiture de ses intentions malgré les allures militaires qu'il aftectait dans son nouveau poste. Pour lui

Selkirk était propriétaire absolu du territoire de l'Assiniboia, et avant le droit de traiter comme intrus Quiconque voulait s'y établir sans son consentement. Pareille attitude devait déchaîner une tempête qui grondait déjà sourdement Le principe même dont elle se réclamant était loin d'être reconnu; son rejet formait le fond du litige La compagnie du Nord-Ouest prétendait que la « harte de sa rivale ne cou

vrait aucun territoire déjà en possession d'un prince « hrétien. Or, la France avait ici un titre antérieur à celui de la compagnie de la Baie d'Hudson. De plus, l'intérieur du pays ne pouvait être compris dans la charte que si cette concession était suivie d'une occupation réelle Or, la compagnie du Nord-Ouest avait précédé sa rivale dans la vallée de la rivière Rouge et de l'Assiniboine et prétendait posséder ainsi pat occupation un droit qui primait celui inscrit dans la charte. Ma

Donnell voulut trancher le litige par un coup d'audace. I lança une proclamation le 21 octobre 1814, ordonnant à Duncan Cameron, facteur de la conpagmie du Nord-Ouest, d'abandonner son fort et de quitter le territoire de l'Agsiniboia. De ce jour nous assistons à des voies de fait, des arrestations et des actes de violence de tout genre, qui se terminèrent par la tragédie sanglante des Sept-Chênes. Les parties rivales semblent avoir été frappées de stupeur en apprenant cette terrible catastrophe. Dès lors les esprits dirigeants des deux compagnies cherchèrent une solution à ces désordres qui les ruinaient toutes deux. Le tout se termina comme dans les romans de bonne tenue par le mariage traditionnel. Les deux compagnies s'unirent et la paix fut rétablie. La question du monopole de la traite et de la validité des titres de la compagnie ne fut jamais résolue définitivement Si, au lieu d'en venir aux mains, les deux compagnies avaient porté le litige devant le conseil privé ou fait adopter une législation spéciale par le parlement impérial, elles auraient pu vider le débat et enlever tout doute quant à leurs droits respectifs. La compagnie de la Baie d'Hudson, débarrassée de sa rivale, continua à réclamer le monopole de la traite jusqu'en 1849. Les métis à cette époque lui résistèrent ouvertement et proclamèrent la liberté du commerce. La compagnie accepta le fait accompli et eut le bon esprit de se soumettre à l'inévitable.

EE nc bot Ou un de id (PU C ‘AR ed D) UE.

Page 1