‹ Notes sur le Laos pendant la campagne de 1945 au CammonChapitre 15 sur 21 · PAT ME · texte numérisé non relu

PAT ME

L'OPIUM | | Bien au contraire, l'opiomanie est très répandue. Elle a ici la même importance que l'alcoolisme en Europe. Le Laos est grand producteur de pavot et les tribus qui le cultivent font une: importante consommation de la drogue. Le Gouvernement Général tirait un certain profit de la Régie de l’opium. Pendant l’occupation japonaise, alors que toute relation avec la métropole était coupée, il en intensifia le commerce. Cette mesure entraîna fatalement une. augmentation de la vente clandestine et principalement au Laos. Non seulement beaucoup des habitants voisins des régions productrices en trafiquèrent, mais l’usage de la dro- gue se répandit davantage dans le pays. Toutefois, il est rare de: rencontrer de grands intoxiqués et la plupart des indigènes supportent bien les quelques pipes qu’ils fument, Mais il est certain que l'usage habituel de l’opium crée un état de moindre résistance qui a un rôle dans les épidémies et même les maladies. sporadiques. l

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Les souvenirs rapportés dans les pages suivantes m'ont parus avoir valeur d'illustrations de l’étude formant la première partie de cette thèse.

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MAZARGUES

Pour presque tous les hommes du Corps Expéditionnaire, le voyage commença au Camp de Mazargues, dans les demi-cylindres de ciment installés pour accueillir des déportés israélites à leur retour d'Allemagne. Les premiers arrivants faillirent massacrer leurs convoyeurs ayant pris ces baraquements pour des chambres à gaz. En décembre 1945, des éléments disparates, légionnaires, artilleurs, marsouins, s’y impatientaient de leur attente dans la neige. Certaines unités, comme le 43° R. I. C. dans la région de Menton, désespéraient de partir après un an de séjour dans le Midi. Les médecins sans affectation dans un corps de troupe allaient de la frontière italienne au Pays d’Arles, passant quelques visites d'aptitude à servir à la colonie, commençant des séries de vaccin que l’on complétait à la hâte, parfois, au moment d’'embarquer une formation. Ainsi, certains matins étaient entièrement occupés à inoculer un mélange de lymphe vaccinale et de vaccin anti-amaril, en même temps que l’on injectait par ailleurs le vaccin quintuple et l’antirickettsique. Lorsque le tour était à la Légion Etrangère, nous voyions arriver le lendemain à l'infirmerie un groupe de képis blancs et leur lieutenant, cravache en main, se présentant comme médecin espagnol actuellement légionnaire et ses hommes comme tire-au-flanc, tous. Il ne disait pas tout ; ce petit lieutenant un tantinet bossu, toujours vociférant, ancien commandant des brigades internationales, était bien médecin et avait aussi un long passé de campagnes et d’innombrables décorations qui n’apparaissaient sur sa vareuse qu'aux grandes occasions. Ses entrées étaient terribles, mais c'était un homme charmant qui aurait fait encore plus de bruit si nous avions traité ses hommes comme il le demandait, à la cravache. Soyons poli. Entre ces séances de prophylaxie qui ont toujours un aspect de travail à la chaîne, le service était léger et l'occupation la plus régulière, la dégustation de coquillages et de pissa sur le Vieux- Port et encore, la Maison de Mazargues ne fut jamais aussi médicalement surveillée.

A cette époque, j'avais disparu des effectifs au cours de mutations fantaisistes qui me firent visiter toute la Côte d'Azur jusqu’au jour où l’on me proposa sur un bateau la place d’un homme introuvable dont le nom ressemblait vaguement au mien.

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