‹ Notes sur le Laos pendant la campagne de 1945 au CammonChapitre 3 sur 21 · FAN}. ETES · texte numérisé non relu

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lorsque la guerre de 1939 risqua de tout compromettre. Le Siam convoite toujours la rive gauche du Mékong ; les Chinois s’y intéressent pour de multiples raisons. Le merveilleux moyen de transport qu’est le parachute nous permit de revenir rapidement dans le pays, alors qu'aucun accès terrestre n’était encore dégagé. Mais la libération du Laos, malgré la valeur de nos camarades des commandos, ne fut possible, que grâce à la fidélité du peuple qui sut nous aider aux pires moments avec « la simple noblesse d’une âme droite » ainsi que l'écrit le capitaine Tavernier.

Aujourd’hui, tout est à refaire en Indochine ; tout est à faire au Laos et le jugement que portait Monseigneur Thonnine, évêque des Moyen et Bas Laos et du Siam oriental, fusillé depuis par les Japonais, est encore valable : « Nous nous sommes laissés distancer, Il n’est que temps de travailler ». J'essaye par cette thèse de contribuer à ce travail humblement — y apportant un léger fagot d'observations. Mais nous n’avions ni l’ambition ni les moyens de faire des découvertes, lorsque nous parcourions la montagne et la rizière, loin des centres hospitaliers, souvent coupés de nos arrières. C’est là œuvre de besogneux que je crois ennoblie par les angoisses que notre responsabilité nous valut, assurément enrichie des souvenirs d’une vie dure et heureuse.

Et ces souvenirs qu’il me faut chasser, tentation continuelle, pour réduire mes notes au cadre de cette thèse, je me permets de les évoquer en hommage à nos camarades et amis, Lao, associés si cordialement à notre lutte, Français, ceux qui, eux aussi, rêvent encore du Royaume des Millions d’Eléphants, ceux qui y sont morts.

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