‹ Notes sur le Laos pendant la campagne de 1945 au CammonChapitre 4 sur 21 · ETHNOGRAPHIE · texte numérisé non relu

ETHNOGRAPHIE

Les derniers recensements évaluent la population du Laos à 1.200.000 habitants dont les Laotiens proprement dits forment la moitié. Les religions varient à peu près avec les races, du panthéisme le moins évolué jusqu'au christianisme, la plus importante étant un bouddhisme dérivé du bouddhisme de Ceylan (un bouddhisme de très petit véhicule). Les missionnaires font peu de conversions et les populations ne les considèrent souvent que comme des représentants français. Leur influence n’en est pas moins marquante.

LES KHAS

Les Khas représentent l'élément le plus ancien des principautés laotiennes, élément considéré comme autochtone. Réparüis sur tout le territoire, ils sont divisés en plus de soixante familles, présentant des différences marquées : de caractère, la docilité des khas septentrionaux contrastant avec l'indépendance belliqueuse des khas méridionaux dont certaines tribus ne sont pas encore soumises ou chez qui éclatent parfois d’éphémères révoltes ; de type : aspect négroïde, simiesque même de certains, alors que d’autres rappelient les indiens d'Amérique ; de civilisation : depuis un état voisin de celui des âges préhistoriques jusqu'aux résultats heureux d’un mimétisme les rapprochant des races auprès desquelles ils vivent.

Ceux du Haut Laos autrefois asservis et émancipés depuis notre arrivée vivent sur les pentes des montagnes à proximité des cours d’eau. Leurs cases semblables à celles des laotiens sont plus petites, moins soigneusement bâties et alignées dans les villages et, surtout, très sales. Quelques tribus plus civilisées possèdent d’assez beaux villages certains même ont une pagode. Leur costume se réduit le plus souvent à une étoffe portée en ceinture avec un de ses bouts formant cache-sexe, Les femmes portent la jupe laotienne et quelquefois une veste courte, Leur nourriture semblable à celle des thaïs se réduit, pendant les périodes de disette, aux ignames, taros et pousses de bambous. Les femmes et les enfants, chargés des travaux les plus rudes ne se séparent jamais de leur hotte en vannerie, alors que 14 dignité de guerrier interdit à l’homme de porter autre chose que ses armes ou sa pipe. La polygamie est de règle ; la richesse d’un kha peut s’évaluer au nombre de ses femmes, véritables bêtes de somme.

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