L'ASSISTANCE MEDICALE AU LAOS HISTORIQUE-ORGANISATION
L’Assistance Médicale au Laos est réglementée, comme dans toute l’Indochine, par l’arrêté du 30 juin 14905. Dans le programme d'organisation des services d'Assistance et d'Hygiène en Indochine qui précédait cet arrêté, l’on relève comme buts :
1° — Protection de la population contre les maladies épidémiques et contagieuses de l’intérieur et de l’extérieur. 2° — Etude, recommandation et exécution en ce qui con-
cerne des mesures d'hygiène destinées à entretenir le bon état de la Santé Publique :; :
- 8° — Assurance aux particuliers des soins qui sont au-dessus des ressources de la médecine traditionnelle, l’Assistance venant compléter son action et non la supplanter,
. La direction en est assurée par le Médecin Inspecteur Directeur Général de la Santé. Au Laos, comme au Cambodge où en temps normal il ne réside pas de troupes, les médecins de l’Assistance avaient remplacé les médecins militaires ; pour la même raison, il n’y avait pas de direction locale de la Santé et le Service de l’Assistance était dirigé par le Médecin-Chef de l'Hôpital de Vientiane.
Les premières ambulances créées furent celles de Luang Prabang en 1894, de Khong en 1900, de Pak Hin Boun qui fut transférée à Vientiane en 1903, de Xieng Khouang en mai 1903, Elles dépendaient les unes de la Cochinchine, les autres du Tonkin jusqu’en 1903 où elles furent centralisées et placées sous la direction du médecin de l’ambulance de Vientiane. Par arrêté du 30 juin 1905, le Médecin-Chef de Vientiane cesse d’être le délégué du sous-directeur du Service de Santé en Cochinchine et devient directeur local de la Santé et, en 1906 Chef du Service de l’Assistance Médicale au Laos. L'arrêté du 15 août 1906 créait un personnel d'’infirmiers indigènes.
A la veille de la guerre, l'équipement sanitaire du Laos comprenait six hôpitaux : Vientiane, Luang-Prabang, Xieng-Khouang, Thakek, Savannaket, Paksé, cinq infirmeries provinciales : Attopeu, Saravane, Sannmeua, Houessai, Phong Salay ; trois infirmeries secondaires : Tchepone, Pak Lay et Muong Sing ; deux léproseries : Paksé, Luang-Prabang, un lazaret à Khone et quarante cinq dispensaires ruraux. Il existait trois stations vaccinogènes : Vientiane, Xieng-Kouang, Luang-Prabang ;: un laboratoire de bactériologie, d'hygiène et de repression des fraudes à
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Vientiane ; une pharmacie commerciale à Vientiane et dix drogueries sino-annamites réparties sur tout le Laos.
Les crédits de l’Assistance étaient prélevés sur le budget local du Laos.
Déjà en 1908, l’Assistance assumait les consultations, les visites à domicile et le service hospitalier dans les centres pourvus de formation sanitaire. Mais en dehors de ceux-ci, les malades devaient se déplacer ou attendre la visite du médecin vaccinateur, leurs services ne permettant pas aux médecins des centres de se déplacer beaucoup. Pour cette raison, il fut créé un service de médecine mobile partageant le Laos en 3 secteurs : Nord-Laos, Moyen-Laos, et Sud Laos. La Société des Dames de Vientiane avait organisé dans cette ville une consultation pour les enfants laotiens. Les rapports officiels gardent le silence sur l’œuvre sanitaire des religieuses et des missionnaires.
Seul le docteur Clavel, en 1906, note que l’attachement des habitants à leur religion leur ôte toute importance et ne se félicite pas de leur concours dans les hôpitaux. En fait, les laotiens 1es respectent beaucoup et ont fréquemment recours à eux et nous avons connu le Laos à une époque où parachutistes, religieuses et missionnaires se partageaient l'administration et le service médical du Laos, l'occupation japonaise puis chinoise ayant supprimé tous les cadres réguliers du pays.