NOSOLOGIE - LE CHOLERA
Affection endémo-épidémique depuis les temps les plus reculés en Extrême-Orient, le choléra sévit dans tous les pays de Union Indochinoise sous une forme atténuée avec parfois des réveils comme en 1926 où l’épidémie dura deux ans. Il est une des maladies les plus redoutées des laotiens qui le nomment « Pa- Gnon-Ou ». So ù
La première épidémie que nous connaissions est celle de 1902 ; des reprises plus ou moins sévères causèrent de nombreux décès dans les provinces de Luang-Prabang, Vientiane et Savannakhet. En 1906, l’on ne signalait plus qu’un petit foyer isolé au village de Tham-La sur la haute vallée du Nam Kan, province de Xien-Kouang.
En 1908, une nouvelle épidémie évolua en deux foyers. Dans la province de Savannakhet, d’avril à juillet, elle fit 1.500 victimes dont 2? Européens en quatre mois. Elle paraît avoir été importée d’Annam et transmise par contage direct. Un autre foyer importé du Cambodge, dans les régions de Kong et de Paksé eut 250 décès.
L’épidémie de 1912 fut transmise à partir des gros villages siamois riverains du Mékong situés en face de Savannakhet et de Thakek. En mars, le Mékong charriait de nombreux cadavres sia-. mois et malgré la quarantaine, les premiers cas apparurent dans les villages Lao du fleuve. De là, l'épidémie s’étendit au Haut et au Bas-Laos. Il mourut plus de deux mille personnes. Les années suivantes la maladie décrut et l’on ne note plus qu’une dizaine de cas pour tout le Laos de 1917 à 1918. En 1919, ce furent vraisemblablement des marchands de bœufs venus de Cochinchine et du Cambodge qui introduisirent la maladie. Elle débute à Khone et à Khong au mois de mai, s'étend sur les deux rives, gagne Pakse puis les provinces de Saravane et d’Attopeu en suivant le cours des rivières. Elle dure trois mois et fait mille neuf cent vingt cinq victimes.
L'épidémie de 1926 fut la répercussion de la vaste pandémie qui dévasta tout l’Extrême-Orient. Elle toucha en premier la province de Bassac, importée par des coolies cambodgiens travail- . lant sur des chantiers de la région de Sambor. Un autre foyer dans la région d’Attopeu fut également importé du Cambodge par des commerçants qui viennent annuellement faire des échanges. Par eux, le choléra chemine dans la province de mai à juillet, L'on nota neuf cent trente deux cas dont huit cent quatre vingt deux décès. Des mesures rigoureuses furent prises : arraisonnement des chaloupes et sampans, refoulement de ceux qui ne voulurent
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pas se soumettre à la vaccination et à la quarantaine, barrage terrestre à la frontière du Cambodge. Un Laotien réussit à forcer ce barrage en venant du Cambodge et mourut du choléra à Khong où apparut un foyer immédiatement circonscrit.
Depuis, le choléra qui paraît s'être acclimaté en Cochinchine
et au Cambodge sous forme endémique, ne semble pas s'être implanté au Laos où cependant apparaissent parfois de petits foyers vite circonscrits et éteints. Une nouvelle épidémie est pourtant apparue en 1945 dans le Haut- -Mékong, sur laquelle nous ne possédons pas de renseignements précis.
‘ En temps normal, des barrages sanitaires existent. Au Sud, le Lazaret de Khone, avec un médecin indochinois, est situé au point de transbordement que les rapides infranchissables exigent. Une visite médicale est obligatoire et un certificat de vaccination récente est exigé des voyageurs qui peuvent être gardés en observation au lazaret et vaccinés s’il y a lieu.
A l’ouest, un barrage à Phong-Thong-Paksé protège le Laos des maladies pouvant être importées du delta de la Menam par la voie ferrée siamoise Bangkok-Oubone.
A l'Est, les barrages de Nape et Kamkeut et le lazaret de Tchepone commandent les routes de Hué, Dong Ha à Savannakhet et de Vinh à Takhek.
Au Nord-Est, la route de Vinh au Tranninh et à Luang-Prabang est surveillée par le barrage de Nong Net et la piste du Tonkin à Sammeua par celui de Sophao.
Le Nord-Ouest est peu menacé. Un barrage à Houessai surveille les voyageurs descendant du Mékong sur Houessai et Luang- Prabang, venant de la route de Bangkok à la Birmanie.
Enfin, un barrage est prévu à Thakhek pour la voie ferrée en projet.
La malpropreté, de négligence et la promiscuité Do a jouer un rôle important dans la transmission de la maladie. La misère physiologique et l’opium, toujours cité en de telles occasions, y aident encore. Les missionnaires, les agents de police et des douanes sont les Européens les plus touchés par les épidémies, Leurs contacts intimes avec la population et souvent leur alimentation identique en sont la cause. Les Chinois très sobres et jouissant d’un certain confort sont plus souvent épargnés ; les Jâäponais le sont toujours. Enfin, le parasitisme intestinal jouerait peut-être un rôle favorisant.
Les épidémies évoluent toujours avec une période: d’éclosion où la chaleur et des circonstances saisonnières mal déterminées paraissent jouer un rôle ; cette période se situe habituellement en avril-mai, période d’extrême sécheresse et de chaleur croissante. Un ou plusieurs foyérs, simultanés ou presque, peu distants, apparaissent. Les cadavres abandonnés au fil de l’eau, les voyageurs provoquent là période de diffusion où:le contage est