‹ Notes sur le néologisme chez Victor HugoChapitre 3 sur 55 · Le Roi s'amuse et Lucrèce Borgia · texte numérisé non relu

Le Roi s'amuse et Lucrèce Borgia

3. Le mot réjlèchisseur a été employé par Chapelle, Épitap/ie d'un chien. (L.)

Mer (II, 77) : « Cette grotte inconnue était, pour ainsi dire, et si une telle expression est admissible, sidéralisée. » Ces exemples suffisent à montren que Victor Hugo n'a jamais été un forgeur de mots. A toutes les époques de sa vie, on aurait pu dire de lui ce qu'écrivait Francis Wey ' en 1845 : « Victor Hugo, ce génie si indépendant, si profondément original, est loin, dans le cours de sa carrière poétique, d'avoir fabriqué autant de vocables que le plus infime des rédacteurs du Constitutionnel ou du Moniteur parisien . » Qu'on remplace ces deus titres par cens de n'importe quels journaus, et la phrase restera toujours vraie.

Cela ne veut pas dire que Victor Hugo soit partisan de l'immobilité du lexique. Il disait, il est vrai, en 1824, dans une note de la préface des Odes et Ballades : « Boileau partage avec Racine le mérite unique d'avoir fixé la langue française. « (P. 18.) Mais dans la Préface de Croniwell, il reconnaît franchement son erreur (p. 57) : « Bien qu'en aient dit certains hommes qui n'avaient pas songé à ce qu'ils disaient, et parmi lesquels il faut ranger notamment celui qui écrit ces lignes, la langue française n'est ])Ç)\niJixée, et ne se fixera point. Une langue ne se fixe pas. L'esprit humain est toujours en marche, ou, si l'on veut, en mouvement, et les langues avec lui... Toute époque a ses idées propres, il faut qu'elle ait aussi les mots propres à ces idées... C'est en vain que nos Josués littéraires crient à la langue de s'arrêter : les langues ni le soleil ne s'arrêtent plus. Le jour où elles se fixent, c'est qu'elles meurent'. )) Il n'approuve pas la sévérité de

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