‹ Notes sur le néologisme chez Victor HugoChapitre 4 sur 55 · Ouvrage cité, I · texte numérisé non relu

Ouvrage cité, I

2. Voir l'édition de M. Maurice Souriau, p. 287, et les notes qui accompagnent le passage cité plus loin.

NOTES SUR LE NEOLOGISME CHEZ VICTOR HUGO y

Royer-Collard dénonçant comme néologisme la locution passer à l'état de\ C'est à lui-même qu'il faut demander d'après quel principe il admettra ou repoussera les innovations. Ce qu'il dit dans la Préface de Cromwell concerne sans doute plus spécialement les constructions et le style, mais on peut l'appliquer aussi au moins en partie, au développement du lexique : « Au demeurant, prosateur ou versiiicateur, le premier, l'indispensable mérite d'un écrivain dramatique^ c'est la correction. Non cette correction toute de surface, qualité ou défaut de l'école descriptive, qui fait de Lhomond et de Restaut les deus ailes de son Pégase; mais cette correction intime, profonde, raisonnée, qui s'est pénétrée du génie d'un idiome; qui en a sondé les racines, fouillé les étymoiogies; toujours libre, parce qu'elle est sûre de son fait et qu'elle va toujours d'accord avec la logique de la langue. » (P. 57.)

Entrons maintenant dans le détail. Je suivrai dans cette étude l'ordre adopté par A. Darmesteter dans sa thèse sur la Création actuelle de mots noiweaus dans la langue française. Cette disposition nous permettra de vérifier si les mots que Victor Hugo imagine, ou qu'il remet en usage, ou qu'il emprunte aus néologues, sont bien formés suivant les procédés les plus habituels de la formation populaire et de la formation savante.

En commençant par la formation française, nous trouvons d'abord les divers procédés de la dérivation impropre. En laissant de côté les noms communs tirés

Page 1