‹ Notes sur le productivisme et le comptabilismeChapitre 13 sur 17 · V .lit presque plus de mauvaises affaires · texte numérisé non relu

V .lit presque plus de mauvaises affaires

veur communal y suffira souvent — et être régulièrement en communication avec les bourses du travail des autres communes; non seulement il devra exister une bourse du travail gouvernementale renseignant les autres bourses sur le marché du travail du monde entier ; non seulement il faudra que l'instruction primaire obligatoire et gratuite existe — et, par parenthèse, n'est-il pas inconcevable que la Belgique ne la possède pas depuis longtemps et soit encore fortement illettrée ! — mais, de plus, on devra établir des écoles supplémentaires de capacitariat fournissant l'instruction plus spécialement au point de vue professionnel et au point de vue des nécessités du marché du travail universel.

Voici comment il me semble que l'on pourrait recruter la population de ces écoles supplémentaires de capacitariat.

Les bourses du travail s'occuperaient non seulement de ceux qui manquent d'occupation pour tout leur temps envisagé d'une façon continue, mais encore de ceux auxquels l'occupation manque par mois, par semaines et même par jours et fractions de journées. Elles chercheraient à en opérer le placement en faisant des arrangements et des substitutions, en donnant toujours la préférence aux plus âgés, de telle façon que les inoccupés, s'il doit y en avoir, soient, autant que possible, les plus jeunes et les plus aptes à recevoir le capacitariat plutôt que les plus âgés et les moins doués : ces inoccupés peupleraient ainsi les écoles du capacitariat.

Comme l'instruction primaire, le capacitariat serait gratuit. Au fur et à mesure que les ressources nouvelles afflueraient à l'Etat par application du comptabilisme et de la libre socialisation, et alors que la question de la pension à accorder aux travailleurs serait considérée comme résolue — ou même avant cela — l'instruction primaire et le capacitariat deviendraient non seulement gratuits mais jusqu'à un certain point rémunérés.

Telle est ma pensée pour ce qui concerne cette partie du plan social dont je poursuis, de longue date, l'élaboration dans la persuasion où je suis qu'à notre époque de prodigieuse transformation dans tous les domaines il y a de réelles et urgentes innovations à introduire dans l'organisation et le fonctionnement sociaux.

C'est, à mon sens, par l'application de principes tels que

ceux que je viens de vous signaler brièvement, que la société arriverait à l'automatisme de fonctionnement nécessaire dans ses parties les plus essentielles sans cesser de se baser sur le principe de la liberté et en tirant sans cesse parti de l'initiative privée.

Je demanderai à l'Institut des Sciences sociales, que j'ai fondé, de vouloir bien examiner ces principes et, éventuellement, de mettre en pleine lumière les conditions qui seraient à remplir pour atteindre le but indiqué. J'ai cru devoir, dans l'entretemps, les signaler au Sénat, et plus particulièrement au gouvernement, dont le concours devrait être acquis aux études de ce genre.

Page 1