TALONS
(existant derrière les souches pour y fixer les chèques reçus en paiement.)
Deuxième phase. Carnet-compte à chèques-timbres (voir la figure 2). — Composons le carnet de chèques ne faisant plus corps avec leur souche, mais portant les uns et les autres un chiffre d'importyzA'^. Donnons aux chèques et aux souches des dimensions identiques et réduisons-les à peu près à celles d'un timbre-poste ordinaire, afin qu'il soit possible d'en réunir un certain nombre sur une même feuille. Le carnet sera alors composé, d'abord de feuilles divisées en cases ou timbres détachables qui seront ce que j'ai appelé les chèques-timbres, ensuite de feuilles divisées en cases ou timbres non détachables — les souches-timbres — portant des indications identiques à celles qui figurent sur les chèques-timbres. Il comprendra, en outre, des feuilles composées de cases en blanc, de mêmes dimensions que les précédentes, et où prendront place les chèques-timbres reçus en paiement.
Outre son carnet, chacun sera porteur d'un poinçon portant les marques distinctives officiellement reconnues pour équivaloir à sa signature et au moyen duquel il poinçonnera chèques-timbres et souches-timbres — au lieu de les signer — dans des blancs qui y seront réservés à cette fin pour rendre le poinçonnage plus lisible (i).
Le carnet de chèques précédent se trouve transformé de la sorte en un carnet-compte à chèques-timbres dans lequel les chiffres sont tout indiqués au préalable et où les inscriptions se font, de manière authentique, par simple poinçonnage.
(1) Le poinçon peut être agencé de manière à donner des impressions à la façon d'un timbre humide, accompagnées ou non d'une empreinte pointillée plus ou moins profonde.
rS 2.
Troisième phase. Carnet comptabiliste (voir la figure 3). — Enfin, on peut imaginer que les chèques-timbres ne soient plus détachables et qu'ils soient destinés à être simplement oblitérés-poinçonnés sur place par ceux auxquels on fait des paiements, au lieu d'être détachés et poinçonnés par le possesseur du carnet pour leur être remis. Par cette opération, le crédit du carnet se trouve réduit tout comme il l'était auparavant par détachement du chèque-timbre. Mais il faut donner alors à celui qui reçoit le paiement quelque chose d'équivalent au chèque-timbre qui lui était remis et qui, inséré dans son carnet, avait pour effet d'augmenter son crédit non effectif. Pour cela, il suffit de transformer les souches-timbres — souches devenues inutiles puisque les chèques-timbres qu'elles représentaient ne se détachent plus — en timbres figuratifs de crédit, c'est-à-dire en timbres n'ayant aucune valeur aussi longtemps qu'ils ne sont pas poinçonnés ; il suffira que celui qui fait un paiement poinçonne de sem.blables timbres dans le carnet du bénéficiaire pour leur constituer une valeur réelle et accroître son crédit non effectif exactement comme cela avait lieu auparavant par la remise de chèques ou de chèques-timbres.
Les carnets ne doivent donc plus comprendre, dans ce dernier système, de feuilles de cases en blanc. Ils ne contiennent que deux espèces de feuilles : des feuilles de timbres de débit, dont le poinçonnage par ceux auxquels on effectue des paiements diminue le crédit effectif du possesseur du carnet, et des feuilles de timbres figuratifs de crédit, sans aucune valeur actuelle, mais auxquels le poinçonnage de ceux qui effectuent un paiement confère une valeur réelle qui augmente le crédit non effectif du possesseur du carnet. Toute transaction entraine ainsi à un seul poinçonnage dans chacun des carnets des transactionneurs en présence.
Pour les paiements à distance, les carnets sont simplement présentés à la poste comptabiliste qui poinçonne pour authenticité, à l'envoi et à la réception, les timbres correspondants à l'import désigné.
On voit donc que le carnet-compte à chèques-tim.bres est devenu ainsi un carnet purement comptabiliste dont l'usage est possible dans tous les cas et dans lequel on n'effectue plus que de pures inscriptions par simple poinçonnage.
r- aj