‹ Notes sur le productivisme et le comptabilismeChapitre 9 sur 17 · CA · texte numérisé non relu

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L'évolution régulière et logique du carnet de chèques se trouve ainsi achevée. Il va sans dire que, dans la pratique courante et quelle que soit celle des phases évolutives que l'on envisage, chacun pourra, dans les limites de la garantie déposée par lui, être mis en possession de plusieurs carnets, composés chacun d'une façon appropriée aux différentes transactions qu'il effectue le plus habituellement. Enfin, à ceux qui n'auraient aucune garantie à déposer, — aux ouvriers, aux intellectuels ne possédant ni immeubles, ni titres, et pour lesquels aucune personne interposée ne déposerait de garantie, — il serait remis des carnets ne renfermant provisoirement aucune feuille de crédit effectif, mais seulement des feuilles de crédit figuratif; celles-ci ne tarderaient pas à être échangeables contre des feuilles de crédit effectif après poinçonnage en paiement par des personnes quelconques possédant un crédit effectif.

J'ai distingué trois phases principales dans l'évolution que je viens de décrire ; il est presque inutile de dire que le carnet pourrait passer par des formes intermédiaires et qu'à la rigueur les différentes formes de carnets pourraient co-exister, chacune d'elles étant employée plus spécialement à l'ordre de transactions auquel on trouverait qu'elle répond le mieux.

Mais, dans ma pensée, il n'y a ni nécessité, ni avantage sérieux à passer par ces phases successives et je suis convaincu qu'il serait, au contraire, pratiquement plus simple de mettre directement en application la forme dernière et définitive du système comptabihste. Si j'ai prévu des phases marquées de transition, c'est simplement parce que je sais combien la difficulté qu'on a à rompre brusquement avec les habitudes acquises peut faire obstacle à l'esprit de progrès et à la mise en œuvre directe des formes les plus parfaites de réalisation.

Je crois avoir résumé aussi clairement que possible dans ce qui précède les grandes lignes du fonctionnement du système comptabiliste en laissant soigneusement de côté les points de vue théoriques nombreux que la question peut soulever. // ne faut voir, en effet, dans l' application de ce système que la simple substitution d'un mécanisme à un autre pour effectuer l'opération paiement-recette correspondant à l'opération vente-achat en laquelle peuvent se résumer toutes les

trajisactioiis Inouaincs. Tout ce qui s'est fait jusqu'ici par l'emploi du mécanisme monétaire doit pouvoir se faire au moyen du mécanisme comptabiliste, dans des conditions de facilité et de sécurité au moins équivalentes ; l'application du comptabilisme doit permettre de faire ainsi tout ce qu'on fait avec de la monnaie, mais rien que cela. Les problèmes relatifs au travail et à la valeur n'interviennent aucunement dans cette application; la question du crédit proprement dit, c'est-à-dire du crédit à découvert ou couvert autrement que par le mode adopté pour le S3^stème comptabiliste, n'y est pas même comprise : tout reste en place et en état dans cette pure substitution de mécanismes (i).

J'ai indiqué déjà les avantages sociaux qui pourraient résulter directement ou indirectement de cette substitution et je crois inutile d'y revenir. Il me semble que ces avantages décideront le Gouvernement et le Parlement à tenter un essai du système comptabiliste et, au cas où il en serait 2i\ns\, je proposerais de percevoir un intérêt raisonnable sur le chiffre des crédits coniptabilistes délivrés en accompagnant cette perception d'une remise correspondante d'impôts aux titulaires des carnets. Par ce fait même, la valeur et les avantages du système seraient immédiatement mis en lumière et rien ne serait plus propre à multiplier le nombre des adhérents.

(1) On verra plus loin que le rôle du comptabilisme peut être beaucoup plus étendu et qu'il conduit à des vues productivistes nouvelles notamment en ce qui concerne Vore-anisation sociale du crédit.

LA MONNAIE ET LE COMPTE ^'

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