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mise à soutenir, à imposer, à asséner ses principes. Sa politique a été combative et réaliste. Partout où les intérêts américains étaient engagés, à Porto-Rico, aux Philippines, à Panama, à Cuba, il a rappelé à ses compatriotes l'obligation de les protéger : « Nous sommes un grand |)euple, répétait-il obstinément, et nous devons jouer un grand rôle. Nous n'avons pas le choix, nous avons à jouer ce grand rôle. Tout ce que nous pouvons décider, c'est si nous le jouerons bien ou mal'. » Grâce à M. Roosevell et à ses collaborateurs, MM. John Hay, Elihu Root et William Taft, c'est le premier terme de l'alternative qui l'a emporté. Et nul ne peut contester que la situation des Etats-Unis dans le monde ne soit aujourd'hui plus forte qu'il y a dix ans. Ils ont traversé une crise de croissance. Pendant cette crise, le président a été leur conscience et comme la voix vivante du devoir américain. Sa dernière initiative, l'envoi de la flotle dans le Pacifique, procède du même esprit. RarenuMil acte politi(|ue fut plus opportunément décidé, plus énergiquement réalisé.
M. Roosevelt a mis en pratique ses idées, celles-là mêmes qu'il avait maintes fois exprimées avant d'arri\tM* au pouvoir. Son grand
1, Discours prononcé à Chicago le 10 avril 1899.
mérite, abstraction faite de telles erreurs isolées qui sont le propre de la nature humaine, c'est d'avoir conçu un programme national plus qu'un l>rogramme de parti. Si Ton cherche à dégager le trait caractéristique du dernier quart de siècle, on le trouve dans l'intensité chaque jour plus grande de la concurrence internationale. C'est ce (jue M. Roosevelt a clairement discerné. Et c'est pourquoi toute sa politique a tendu à doter la formidable raison sociale que constituent les Etats- Unis d'une puissance de premier ordre. Tel est aujourd'hui le devoir essentiel des chefs d'État. Nul plus que lui ne l'a rempli avec crânerie et succès. Dans l'ordre intérieur, c'est par les mots, si abusivement employés parfois, de « justice sociale » que se définit son action. M. Roosevelt par une originalité curieuse a mis au service d'une doctrine de juste milieu un tempérament de lutteur et ce contraste explique les malentendus dont il a été victime. Il répugne à l'embrigadement. Il entend rester maître de son opinion, même en face de ses amis. Il ne veut pas qu'on le mène et n'accepte pas les consignes. Le désordre lui fait horreur ainsi que l'utopie : « Le socialisme, qui est en fureur contre l'ordre existant, n'est pas capable d'améliorer pratiquement, si peu que se soit, les conditions de notre vie sociale, pour rendre pins aisé le sort des mal-
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lieureux '. » Il ne veut pas du gouvernement d'une classe. Car quelle que soit la classe gouvernante « la tyrannie et l'anarchie doivent fatalement alterner^. » L'anarchie est simplement la servante et l'avant-courrière de la tyrannie et du despotisme. Aussi bien « le plus mauvais capitaliste ne fera jamais à l'ouvrier autant de mal que le démagogue'. » M. Roosevelt est donc en droit de se tenir pour un conservateur. Mais il n'admet pas que tout doive être conservé et il revendique la liberté d'être aussi un réformateur.
C'est comme réformateur, et réformateur moral, qu'il a débuté à la législature d'Albany, il y a vingt-sept ans. C'est par une campagne de réforme morale qu'il a voulu clore son second terme présidentiel. Il y a de mauvais riches, et il ne faut pas, sous prétexte de conserver la société, couvrir les abus de la richesse, car c'est préparer des représailles désordonnées. Pour cela, les pouvoirs publics, gardiens de l'intérêt collectif, doivent être vigilants et forts. L'évolution économique rend indispensable cette surveillance. « Les vastes fortunes individuelles et corporatives, les vastes combinaisons de capitaux qui ont marqué le développement de notre sys-