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LES ORIGINES DU CONFLIT AVEC LE JAPON

Un contraste historique. — Les sympathies nippo-américaines. — Une rivalité inévitable. — Difficultés commerciales. — La guerre russo-japonaise et les États-Unis.

— La question californienne. — Le péril économique.

— Les griefs moraux. — Le (( Nouveau Japon ». — La question des lljiwai. — (lalilornie contre Japon.

Le 7 juillet 1833, squs le règne de l'empereur Komeï-Tenno, le commodore américain Perry arriva, avec quatre vaisseaux, sur les rives japonal<o>, à Ouraga, en Sagami. Une antique coutiimt' nationale fermait aux navirt- ('iianLjtMs 1 acre- de tous les ports, hormis celui de Nagasaki. Les Américains refusèrent de se soumettre à la l<»i japonaise, et ils réclamèrent un traité de coininerce et d'amitié qui leur ouvrît le pays. L'aiiiH'»' suivante, le Japon cédait <M ]i\!'ait aux

étrangers venus sur les « vaisseaux noirs » le droit de débarquer dans ses ports. Un peu plus d'un denni-siècle a passé depuis lors, et aujourd'hui ce sont les Américains, ou du moins beaucoup d'entre eux, qui rêvent de fermer leur territoire à l'immigration japonaise. Entre ces termes extrêmes, l'histoire des deux peuples s'est développée, modifiant, dans l'ordre politique et dans l'ordre économique, la position de l'un et de l'autre, réveillant par des intérêts nouveaux les passions anciennes, ranimant, en dépit de sympathies politiques, les conflits ataviques, posant sous une forme inattendue cette question du Pacifique, nœud moderne de l'éternel problème qui s'appelle la maîtrise des mers.

Nulle opinion ne fut, pendant (Ux-huit mois, plus répandue que celle d'une lutte, sinon immédiate, du moins inévitable, entre le Japon et les États-Unis. Cette lutte n'a pas éclaté, et cela prouve qu'elle était d'une nécessité moins proche que l'on ne pensait. Mais des causes de difficultés subsistent, dont il convient de préciser l'origine et d'apj)récier la gravité. Elles son! à la fois matérielles et morales. Elles plonger! dans le passé et pèseront sur l'avenir. Les polémiques, un moment apaisées, peuvent demain se déchaîner de nouveau. I)'<»n viennent-elles? Et où vontelles?

Si l'on considère les vingt années qui ont vu s'épanouira la fois l'industrie américaine et la puissance japonaise, une amitié naturelle et sincère paraît être la loi constante des relations des deux peuples. Le Japon admire les Américains loinine les dépositaires les plus complets et les plus audacieux de ce qui, dans la civilisation blanche, sollicite son effort. Les Étals-Unis, c'est pour eux le grossissement de l'Europe. Aux Klals-Unis, ils trouveront les leçons qu'ils cherchent. Aux Etats-Unis ils demanderont les contremaîtres de leurs usines et les répétiteurs de leur enseignement. Cette période d'adaptation est la lune de miel des rapports nippo-américains. A la faveur d'une amitié partagée, le commerce se développe au profit commun des deux voisins. Si l'on étudie les ventes des Etats-Unis au Japon, on constate qu'elles ont, en moins de dix ans, sextuplé. Elles ont suivi en effet la marche que voici :

1896 16 373 000 yen «

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